Massacre de 1937 : pour la reconnaissance internationale du génocide perpétré par la République dominicaine !
BOUKAN NEWS, 10/14/2026 – La « Convention Pour la Prevention et la répression du Crime de Génocide » a été approuvé et proposé pour signature et ratification ou adhésion par Résolution 260 A (III) de l’Assemblée générale du 9 décembre 1948, et est entrée en vigueur le 12 janvier 1951, conformément à l’article XIII.
Donc, le génocide est reconnu officiellement par le doit international depuis cette date, soit quelques 14 ans apres le massacre de plus de 35.000 citoyens et citoyennes d’Haïti au cours du mois octobre 1937, en république dominicaine, sous l’ordre direct du caudillo Rafael Leonidas Trujillio.
Le terme Génocide a été admis pour la première fois au « Procès de Nuremberg », sous l’insistance de Raphael Lemkin, un Juif-Polonais qui a perdu près de 50 membres de sa famille pendant la sanglante répression Nazi. Ce dernier « a inventé le mot en 1942 en combinant le mot grec genos (clan ou race) et le terme latin cide (tuer) ».
Ce terme a été adopté par « l’Assemblée Générale des Nations-Unies » plus tard pour désigner les crimes massifs, comme «la tentative d’anéantir tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme un « fléau odieux ». Haïti a été victime d’un génocide en 1937, basé sur la qualité de « Groupe National », quand plus de 35.000 haïtiens furent massacré.
« La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » a décidé de définir dans son article 2 les actes qui sont considérés comme génocide : «
« Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
- a) Meurtre de membres du groupe ;
- b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
- c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
- d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
- e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.»
En 1937, Haïti a été victime d’un acte de génocide parce que les crimes ont été commis contre un groupe national, ethnique et racial.
Le meurtre d’un groupe de 35.000 personnes, elles étaient toutes de nationalité haïtienne.
Ce comportement d’extermination de la république Dominicaine porta atteinte grave à l’intégrité physique et mentale d’un groupe de 35.000 haïtiens.
Les victimes haïtiennes, avant d’être assassinées, furent torturées physiquement et mentalement. Elles ont été séparées de leurs enfants et d’autres membres de leurs familles.
Dans ce cas précis, le massacre de 1937 réunit toutes les conditions définies par « La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » pour qu’il soit reconnu comme un génocide.
L’article 3 de la Convention est claire sur la catégorie d’actes qui doivent être punis d’actes de génocide, « Seront punis les actes suivants :
- a) Le génocide ;
- b) L’entente en vue de commettre le génocide ;
- c) L’incitation directe et publique à commettre le génocide ;
- d) La tentative de génocide ;
- e) La complicité dans le génocide.
L’article de la Convention définit clairement le processus de condamnations des responsables de génocide, « Les personnes accusées de génocide ou de l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III seront traduites devant les tribunaux compétents de l’Etat sur le territoire duquel l’acte a été commis, ou devant la cour criminelle internationale qui sera compétente à l’égard de celles des Parties contractantes qui en auront reconnu la juridiction ».
Au moment du crime, il n’y avait pas eu de guerre entre les deux républiques qui partagent pacifiquement l’île depuis plus d’un siècle. Ce fut un choix délibéré du régime raciste et xénophobe du gouvernement qui, apres avoir attisé le peuple dominicain à y prendre part en accompagnant les forces publiques nationales dominicaines. Donc, automatiquement, le crime est inscrit dans la définition de génocide, mais pas de crime de guerre, parce qu’il n’y en avait pas.
L’année 1994 a été particulièrement fondamentale dans la lutte pour la poursuite des génocidaires. Lorsque le Conseil de Sécurité des Nations-Unies décida de créer un tribunal spécial international pour juger les responsables des massacres commis au Rwanda. Ce fut une grande première, en dépit du fait que le génocide a été officiellement interdit depuis des décennies, il a fallu ce procès pour que pratiquement le monde entre dans cette phase ou les crimes de masses ne seront plus restés impunis.
Qu’en est-il du massacre de 1937 ?
Tout citoyen de peau noire, généralement haïtien, devrait prononcer le mot « Perejil », si on ne parvenait pas à le faire avec l’accent d’un dominicain d’origine, automatiquement on était qualifié pour mourir. C’était tout simplement ça, quelle banalisation de la vie ! C’est ainsi que, du 2 au 8 octobre 1937, sous l’appel du président dominicain, des hommes politiques, des commandants de l’armée…comme des chiens qui accaparaient un charognard, le peuple dominicain se jette sur tous les habitants du pays incapables de prononcer correctement le funeste mot de la mort « Perejil ».
Le dictateur dominicain lançait et revendiquait le génocide, quand il déclara dans la ville de « Dajabon », frontalière avec la république d’Haïti : « Depuis quelques mois, j’ai voyagé et traversé la frontière dans tous les sens du mot. Pour les Dominicains qui se plaignaient des déprédations par les Haïtiens qui vivent parmi eux, les vols de bétail, des provisions, fruits, etc., et sont ainsi empêchés de jouir en paix des fruits de leur travail, j’ai répondu, Je vais corriger cela. Et nous avons déjà commencé à remédier à la situation. Trois cents Haïtiens sont morts aujourd’hui à Bánica. Ce remède va se poursuivre. Pendant une semaine ces mots retentissaient avec rage sur tout le territoire dominicain, et même après, l’abattage humain se poursuivait dans le silence et le mépris de la communauté internationale !
Si Trujillio avait lancé le génocide, mais l’acte était national. Les témoignages des survivants racontaient ce « séjour des morts », ou des voisins/voisines, des collègues de travail, des connaissances, des employeurs…dominicains se jetaient sur eux avec une haine et dans l’allégresse de l’alcool et du « Bongos, Marimbula, Maraca… ».
86 ans après, en dépit du fait qu’une plainte a été déposée au Conseil de Sécurité des Nations-Unies depuis l’année 1946, rien n’a été fait. Si les blessures ne saignent plus, les plaies restent béantes aujourd’hui encore après de 9 décennies.
Aujourd’hui, c’est le moment plus que jamais, surtout apres la reconnaissance du génocide arménien (1915-1916 ou 1.5 million de personnes furent tuées) par 33 pays, d’engager les Nations-Unies à déclarer et classer officiellement le massacre de 1937 comme un génocide en regard du droit international.
Il est urgent de le faire à présent. Car, le climat qui existe actuellement en République Dominicaine rappelle étrangement celui qui prévalait avant le massacre. A l’aéroport de « Las Americas » à Santo Domingo, des agents ont violé une femme haïtienne, il s’agit de madame Stephy Graph Cadichon, et d’après plusieurs sources cet acte fait partie de pratiques courantes des officiels dominicains de s’en prendre sexuellement aux femmes d’origine haïtienne.
Tout ceci correspond au climat d’insécurité qui s’installe en Dominicanie ou les Haïtiens regagnent leur pays Haïti par milliers tous les jours. Les menaces se font directement et publiquement dans les médias du pays et reprises par des citoyens écervelés et chauffés à blancs pour attaquer les compatriotes d’Haïti.
Cette escalade raciste et xénophobe est enregistrée à partir du moment où Luis Abinader, le président Dominicain, décidait de fermer toutes les frontières avec Haïti et assemble environ 15.000 soldats lourdement armés et équipés de tanks, d’hélicoptères et de toutes sortes d’armes de guerre sur la frontière. On dirait que nous sommes à la veille de l’invasion d’Haïti. Abinader a publiquement promis d’arrêter la construction d’un canal sur l’autre partie ouest de l’île. Le prétexte utilisé cette fois n’est pas de prononcer le mot « Perejil », mais une affaire de canal sur la rivière massacre que les habitants de la ville de Ouanaminthe décident de compléter afin de pouvoir arroser leur terre. Heureusement, l’opinion haïtienne et internationale, restée vigilante, a dénoncé les intentions hostiles du gouvernement dominicain.
Ainsi, nous demandons que le Conseil de Sécurité des nations-Unies reconnaisse que le massacre de 1937 comme un acte de génocide, à travers lequel 35.000 haïtiens furent assassinés.
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