Le totalitarisme de Didier Fils-Aimé

Le totalitarisme de Didier Fils-Aimé

BOUKAN NEWS, 05/13/2026 – Le titre de cet article peut sembler banal, mais il expose une idée précise : en Haïti, l’effondrement des institutions démocratiques a toujours favorisé l’émergence d’un pouvoir totalitaire. Dans ce contexte, Didier Fils-Aimé, actuel premier ministre, présente, en l’absence de tout cadre légal, les traits d’un dirigeant totalitaire.

D’abord, Haïti a cessé d’être une république depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. En effet, le pays ne dispose plus d’institutions démocratiques, pourtant essentielles à tout régime républicain. Lorsqu’un État ne garantit plus l’exercice du pouvoir par la communauté des citoyens, il bascule vers un régime totalitaire, où le pouvoir se concentre entre les mains d’un seul individu.

Selon cette analyse, l’État haïtien se trouve aujourd’hui dans cette situation. Le pouvoir politique est exercé par Didier Fils-Aimé, qui ne dispose ni d’une légitimité populaire ni d’une véritable représentativité nationale. Pourtant, il a été porté à la tête de l’exécutif par des acteurs internationaux, en violation des grands principes des droits internationaux et en rupture avec la logique selon laquelle l’autorité politique doit servir l’intérêt public plutôt qu’un pouvoir personnel. Dans une république, les dirigeants sont élus par le peuple et tirent leur légitimité de la Constitution, ce qui garantit la participation directe ou indirecte des citoyens aux grandes décisions de l’État.

L’absence d’institutions démocratiques, telles que le Parlement, une justice indépendante et un exécutif bicéphale, conduit ainsi à considérer l’actuel premier ministre, Didier Fils-Aimé comme un dirigeant totalitaire. C’est dans cette logique qu’il s’enfonce dans des tentatives de contrôle du prochain processus électoral.

Comme tout pouvoir totalitaire, il cherche à contrôler les principaux leviers de l’État. Dans cette logique, il tente actuellement de remplacer le directeur exécutif du Conseil électoral provisoire par un directeur général placé légalement sous sa seule autorité. Un tel changement fera passer le CEP sous son contrôle direct, puisque ce responsable ne rendra compte qu’à lui seul. L’institution électorale se trouvera alors réduite à un rôle purement formel. Cette méthode s’inscrit dans la continuité des pouvoirs personnels qui, en Haïti, ont toujours freiné toute véritable alternance. Le premier ministre semble ainsi vouloir organiser non de véritables élections, mais une sélection destinée à favoriser ses proches issus de l’ancienne classe politique et indexés sur des listes criminelles de plusieurs pays étrangers et des Nations-Unies.

À cette concentration du pouvoir s’ajoute une autre conséquence récurrente des régimes personnels : l’opacité dans la gestion des ressources publiques.

Les régimes totalitaires finissent souvent par s’embourber dans la corruption. Des observateurs s’interrogent sur le sort de plus d’un milliard de gourdes allouées à l’intelligence nationale, somme pour laquelle le « Conseil présidentiel de transition » avait déjà été vivement critiqué et vilipendé. Le CPT a disparu, mais la Primature, elle, demeure. Son chef, Didier Fils-Aimé, doit donc répondre à une question simple : où est passé cet argent, dont 35 millions de gourdes seraient en possession de la Primature ?

La disparition des contre-pouvoirs, la volonté de contrôler le processus électoral et les soupçons sur la gestion des fonds publics témoignent de la dérive autoritaire de l’État haïtien. À quelques rares exceptions près, l’histoire nationale a toujours été marquée par des dirigeants arbitraires, cupides et sans légitimité populaire. Cette situation alimente une crise politique récurrente qui fragilise l’ensemble de la société, dans un contexte de pauvreté persistante et de criminalité croissante. Pour y mettre fin, il est urgent de revenir à la légalité constitutionnelle par des élections crédibles et participatives.

Boukan News

One comment

  1. Boukan News soutient qu’Haïti, privée d’institutions démocratiques depuis l’assassinat de Moïse, a glissé vers un pouvoir totalitaire de fait sous le PM Didier Fils-Aimé.

    Points essentiels
    1. Absence de légitimité: Fils-Aimé exerce le pouvoir sans mandat populaire, installé par des acteurs internationaux, hors cadre constitutionnel.
    2. Effondrement institutionnel : Sans Parlement, justice indépendante ni exécutif bicéphale, le pouvoir se concentre entre ses mains.
    3. Contrôle électoral: La tentative de remplacer le directeur exécutif du CEP par un directeur général sous son autorité directe réduirait les élections à une sélection favorable à ses proches.
    4. Opacité et corruption: Des doutes persistent sur plus d’1 milliard de gourdes allouées au renseignement national, dont 35 millions seraient détenus par la Primature.
    : La disparition des contre-pouvoirs alimente une dérive autoritaire, la crise, la pauvreté et la criminalité. L’article appelle au retour à la légalité constitutionnelle par des élections crédibles et participatives.

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