Haïti : des élections indispensables pour rétablir la légalité !
BOUKAN NEWS, 07/10/2026 – Cinq ans, cela suffit. Il est indécent de prolonger encore l’arbitraire. Il faut rétablir la République, c’est-à-dire restaurer ses institutions : le Parlement : Sénat et Chambre des députés, une présidence issue des urnes, un chef de gouvernement ratifié par le pouvoir législatif, un pouvoir judiciaire pleinement fonctionnel, un Conseil Electoral Permanent (CEP), ainsi que les organismes chargés du contrôle de la gestion des fonds publics et du respect des règles démocratiques. Il est temps pour Haïti de retrouver sa place, avec dignité, parmi les peuples libres du monde.
Le cinquième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, appelle tous les patriotes à réfléchir profondément à l’avenir de la nation. Il nous invite à servir autrement le bien commun, à nous rapprocher de nos frères et sœurs avec plus d’amour et d’humanité, à privilégier l’empathie et le discernement dans nos relations, et à placer l’intérêt d’Haïti au-dessus de tout. C’est l’heure d’un sursaut patriotique, peut-être le dernier appel à la raison.
Depuis cinq ans, tout s’arrête. Le pays ne fait pas encore le deuil. La vie s’immobilise, la terreur remplace l’État et la population se désengage. La communauté internationale se lasse des crises haïtiennes à répétition. Il ne nous reste donc qu’une voie : nous tourner vers nous-mêmes. Les élections peuvent nous permettre de redevenir une nation pleinement souveraine. Elles sont indispensables pour l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.
Le moment est venu de faire entendre avec force l’appel au sacrifice suprême pour sauver la terre de Jean-Jacques Dessalines, de Joseph Anténor Firmin, de Léon Dumarsais Estimé et de Jacques Alexis. Les élections ne sont pas une fin en soi, mais elles peuvent aider à préserver l’héritage ancestral dans un contexte international complexe, où le monde semble se tourner vers un nationalisme inquiétant.
C’est aussi le temps des grandes alliances, où l’exercice du pouvoir politique doit s’inscrire dans une vision collective. Aucun parti ne peut prétendre diriger seul le pays selon sa propre conception. L’heure n’est pas encore aux calculs partisans : peut-être demain, mais pas aujourd’hui.
La diabolisation systématique des uns et des autres, nourrie par une opposition sans pitié, ne peut plus durer. Il est indispensable de nous comporter en fils et filles d’une même nation afin de sortir ensemble de cette impasse. Nous le devons à nos ancêtres.
Le gouvernement actuel, qu’on l’approuve ou non, doit assumer sa responsabilité première : rétablir la sécurité afin de permettre l’organisation d’élections crédibles dans les meilleures conditions possibles. Didier Fils-Aimé, malgré les circonstances exceptionnelles de son accession au pouvoir, est aujourd’hui en fonction. Il lui revient donc de consentir, lui aussi, au sacrifice nécessaire en reportant ses ambitions politiques personnelles ou partisanes. Toute l’action gouvernementale doit désormais être réorientée vers un objectif central : les élections.
L’année 2026 doit être celle des élections, afin qu’en 2027 Haïti puisse engager un nouveau combat pour améliorer la vie de ses fils et de ses filles, avec des dirigeants légitimes librement choisis par le peuple.
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