Du 4 juillet 1776 au 1er janvier 1804 : États-Unis et Haïti
BOUKAN NEWS, 05/22/2026 – L’Amérique est en effervescence : du nord au sud et d’est en ouest, le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis sera célébré en grande pompe. J’ai traversé plusieurs États et, partout, les signes de la commémoration sont visibles : en Pennsylvanie, surtout à Philadelphie, le chiffre symbolique « 250 » est omniprésent ; dans le Delaware et le Dover, notamment à Wilmington, le drapeau étoilé s’affiche partout ; à Washington, D.C., où se tiendra la célébration officielle, les préparatifs se poursuivent jour et nuit, et l’élan festif se fait aussi sentir dans le Maryland ; même enthousiasme au New Jersey ; à New York, particulièrement à Manhattan et à Times Square, tout est déjà prêt pour marquer le 4 juillet 2026 ; au Massachusetts, on en parle jusqu’aux magasins ; et au Rhode Island, l’ambiance est la même.
Aux États-Unis, actuellement les divergences politiques et idéologiques atteignent un niveau de tension extrême. Pourtant, cela n’empêchera pas démocrates et républicains de se rassembler pour commémorer la naissance de leur nation. C’est précisément ce que les dirigeants haïtiens n’ont pas su faire le 1er janvier 2004 : s’unir pour présenter Haïti à la hauteur de son histoire.
Haïti est la deuxième république née sur le continent américain après les États-Unis, avec 28 ans d’écart. Les élites américaines sont fières de leur pays et tiennent à le présenter comme une référence mondiale en matière d’organisation sociale, de développement économique, d’innovation technologique et de puissance militaire. Qu’avons-nous fait d’Haïti, cette patrie fondée au prix de grands sacrifices et léguée par nos ancêtres ?
Presque rien, sinon en banaliser l’héritage.
Soutenus par l’oligarchie locale et par les adversaires étrangers d’Haïti, les politiciens haïtiens n’ont pas su dépasser leurs ambitions mesquines pour donner au bicentenaire de l’indépendance, le 1er janvier 2004, l’ampleur mondiale qu’il méritait. Au lieu d’observer une trêve et d’offrir au monde le spectacle de la grandeur haïtienne, ils se sont affrontés dans le sang jusque le jour même de la célébration. Même la présence de Thabo Mbeki, alors président de l’Afrique du Sud, n’a pas suffi à calmer ces appétits politiques démesurés. Ce fut une démonstration singulière de l’apatridie dans toute sa laideur !
On a appris que le gouvernement haïtien s’apprête à envoyer une délégation aux États-Unis pour participer aux grandes festivités prévues à Washington à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Pourtant, lors du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 2004, politiciens, intellectuels, lumpenprolétariat et oligarques s’étaient ligués pour tourner le dos à l’histoire nationale. Sur les ondes de Radio Métropole, l’économiste Paul Latortue alla même jusqu’à déclarer, sans gêne, que le peuple haïtien célébrerait son indépendance le 1er janvier 2104, soit cent ans plus tard.
En conclusion, la dégradation actuelle du pays était prévisible. Ce sont les mêmes apatrides qui ont exercé le pouvoir politique depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui. La situation présente reflète leur mépris du peuple, des ancêtres et des patriotes honnêtes et compétents. Il est temps d’engager enfin une rectification historique afin de rendre justice aux victimes de 1806.
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