Controverse autour de la nomination de M. Gonzague Désir à la direction générale du Mcfdf !
BOUKAN NEWS, 05/12/2026 – Depuis la semaine dernière, une vive tension médiatique entoure la nomination du nouveau directeur général du ministère à la Condition féminine. Des leaders se réclamant du féminisme « systémique » contestent M. Hémanex Gonzague Désir : elles jugent sa nomination illégitime au motif qu’il est un homme ; elles estiment qu’un homme ne devrait pas occuper ce poste.
Ces responsables féministes ont-ils perdu le sens de la mesure ? Sur quel fondement constitutionnel ou juridique s’appuie l’idée qu’un homme ne pourrait exercer une haute fonction au sein du ministère à la Condition féminine en Haïti, ou ailleurs ? En réalité, l’enjeu est la politique publique menée, non la personne qui la dirige. Plutôt que de s’en prendre au directeur général ou à la ministre, ne devrait-on pas recentrer le débat sur l’action du gouvernement en faveur des femmes, surtout à un moment où les plus vulnérables paient le prix des exactions des gangs ? Cette approche est dangereuse et révèle les limites des dirigeantes qui conduisent cette campagne de lynchage contre un fonctionnaire expérimenté, compétent et professionnel.
Les contestations contre le directeur général Gonzague sont très révélatrices. Il a assuré à trois reprises l’intérim à la tête du ministère à la Condition féminine : en 2010, nommé directeur général par la ministre d’alors, Mme Marjory Michel qui, aujourd’hui le conteste; en 2019, sur nomination de la ministre Evelyne Sainvil ; puis en 2023, lorsque la ministre Sofia Loreus l’a désigné directeur général par intérim. Durant ces trois périodes, il n’a été impliqué dans aucun scandale administratif lié à la corruption, pourtant fréquente dans l’administration publique haïtienne. On peut donc en déduire qu’il bénéficie de la confiance de deux ministres et qu’il a exercé ses fonctions avec compétence, professionnalisme et probité.
Au ministère a la condition féminine et aux droits de la femme, aucune protestation n’a été enregistrée à ce jour contre le directeur Gonzague. Selon plusieurs sources, il jouit d’une bonne réputation et a été le seul candidat nommé à l’unanimité durant le dernier Conseil des ministres en date pour occuper cette haute fonction.
Dans la presse, on a entendu beaucoup de critiques contre le directeur Gonzague ; cependant, personne n’a osé remettre en cause sa compétence ni son honnêteté.
Ce qui se joue aujourd’hui relève, selon certains, d’un féminisme populiste et « dyòbyis » qui, depuis des années, accapare ce champ. Jadis, le féminisme haïtien était incarné par des femmes libres et patriotes, qui défendaient avec ténacité les droits des femmes face aux prédateurs paternalistes et œuvraient pour une société plus juste, où femmes et hommes jouiraient des mêmes droits sociaux, politiques et économiques. Marie Paul Jeune, Rose Régis et Suzy Castor comptaient parmi les grandes figures de l’après-1986. Elles ne prônaient pas la haine des hommes, ne valorisaient pas la famille monoparentale, n’étaient pas opposées au mariage et n’encourageaient pas les filles à des relations avec des personnes du même sexe…
Aujourd’hui, le mouvement féministe haïtien est, selon certains, porté par des activistes qui prêchent la haine envers les pères, les frères, les cousins, les oncles et les maris. Un tel discours mettrait en péril la société en s’attaquant à son socle : la famille, sa plus petite institution!
En conclusion, la démagogie féministe ne fait pas avancer la cause des femmes en Haïti, où la société demeure profondément machiste. Il est temps de se ressaisir afin de ne pas banaliser la lutte légitime des femmes en Haïti en la réduisant à des attaques politiques mesquines, séparatistes et anti-masculines.
Pour Haïti, le féminisme doit être historique, enraciné, populaire et stratégiquement adapté aux réalités nationales. Toute réflexion sur les luttes féministes devrait s’articuler autour de ces axes essentiels : Une tradition ancienne de lutte pour l’égalité. Des tensions actuelles nourries par les réseaux sociaux et la polarisation sociale qu’il faut absolument dépasser. La prise en compte dans les analyses des différences de caste, de région et d’expérience, car « femme » n’est pas une catégorie homogène.
Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes n’a pas pour vocation d’employer uniquement des femmes. Il est donc choquant que certaines personnes, se réclamant du féminisme, contestent la nomination de M. Gonzague à la direction générale au seul motif qu’il est un homme. Qu’elles se ressaisissent et recentrent leur combat sur la défense des femmes victimes de violences conjugales, de viols commis par les gangs et d’autres formes de violence machiste au sein de la société haïtienne.
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