Y-a-t-il une différence entre Claude Joseph et Joseph Lambert?
Par Joel Leon
Claude Joseph, un jeune loup de la politique haïtienne, se retrouve en face d’un vétéran «animal politique» qui s’appelle Joseph Lambert. Ce face-à-face arrive à un moment crucial de la vie publique haïtienne, surtout après l’assassinat crapuleux de l’ancien président Jovenel Moïse. Et que la sagesse politique des deux côtés, pouvoir et opposition, devrait être primée sur les intérêts de chapelle en faveur du bien commun. Cependant, les vieux démons traditionnels du paysage politique haïtien n’ont pas permis aux acteurs de s’élever à ce niveau de grandeur qu’exige ce moment historique.
J’ai passé des heures à réfléchir afin d’établir la différence qui existe entre Claude Joseph et Joseph Lambert, je n’ai pas pu en trouver. Ils sont tous les deux au service du statu quo. Ils ne sont pas des artisans du changement, il suffit de jeter un regard sur leurs bilans pour avoir une idée. Ils participent tous les deux au processus de submersion du pays et son maintien dans cet état de banqueroute permanent. Sauf un miracle, il n’y a aucun indice réel qui annonce l’inauguration d’une ère nouvelle pour Haïti. Pourquoi s’affronter pour choisir entre l’un ou l’autre?
Considérant le fait que Claude Joseph et Joseph Lambert représentent les deux faces d’une même médaille, ils sont condamnés à s’entendre. Il n’est pas nécessaire de livrer cette guerre fratricide dont l’issue n’apportera rien de positif pour le peuple. C’est absurde de créer les conditions pour que les « blancs» envahissent et occupent le territoire national pour une deuxième fois à seulement un quart du 21e siècle.
Que Claude Joseph prenne son téléphone pour composer le numéro de Joseph Lambert afin de vider les incompréhensions. Ainsi, ils continueront tous les deux a « plimen poul la» sans sacrifier de nouvelles vies humaines. Le peuple sera, avec cette classe politique, toujours le dindon de la farce. Soyez élégants, messieurs, vider vos contentieux, mais laisser la population le soin de continuer son périple quotidien sans ce climat délétère qui l’empêche de respirer.
Pourquoi gagner les rues en faveur de Joseph Lambert. Lui qui a toujours été du coté de l’oppresseur. Lambert, l’un des rares politiciens qui est doté de la plus grande longévité politique institutionnelle de l’histoire récente, a un bilan politique et administratif catastrophique. C’est le prototype politicien de «la classe traditionnelle de pouvoir d’État en Haïti». Un homme qui n’a d’allégeance à rien du tout, ni personne, spécialement le pays.
Ceux qui veulent placer Joseph Lambert à la présidence, ont-ils la garantie qu’il va respecter l’ensemble d’engagements pris verbalement ou paraphés…Il est bruit de le doter d’une «Roadmap» pour qu’il respecte scrupuleusement. Depuis quand les dirigeants haïtiens ont développé cette valeur morale, c’est-à-dire l’honneur. La seule certitude qu’on a, c’est qu’il est un serviteur zélé et arrogant du système depuis plus de 3 décennies. C’est-à–dire loin devant Claude Joseph qui est là depuis 3 ans, lui aussi prend la même direction pour devenir le prochain grand «animal politique».
Chers lecteurs et lectrices, je vous invite à rêver avec moi pendant une minute. Imaginer un scénario ayant Joseph Lambert comme président, est un acte politique suicidaire. La stratégie est de lui flanquer d’un premier ministre de grands caractères comme une sorte de contrebalance, par exemple un Fritz Jean. Mais, depuis quand un premier ministre a le pouvoir de contrebalancer l’autorité d’un chef d’État. Le président a toujours fini par révoquer le premier-ministre, de gré ou de force, mais ce dernier n’a pas cette autorité d’exiger sa démission. Donc, cette soi-disant stratégie est morte avant même de pouvoir respirer une bonne bouffée d’air frais. C’est une aventure politique dictée par des ambitions politiques chimériques.
L’ambition politique démesurée est la source puante de toutes les idées saugrenues dignes d’un détraqué mental. Ma grand-mère m’avait toujours appris a tenir les deux bouts, « les pieds sur terre et la tête dans l’air», un moyen sûr de ne pas perdre les pédales.
J’ai beau critiquer, mais c’est quoi la solution, lorsqu’on considère que Joseph Lambert et Claude Joseph « se 2 marasa». Cette question est légitime. Cependant, il faut admettre la vérité comme elle est. Le combat consiste essentiellement à déboulonner le système ostracisant mis en place dans le pays depuis 1806, après l’assassinat du fondateur de la patrie, Jean jacques Dessalines. La stratégie ne contenait pas une clause là-dedans qui consistait à assassiner un président. Conséquemment, pourquoi s’affoler quand un représentant du système s’est fait assassiner à partir des contradictions politiques internes ingérables liées à la gloutonnerie qui est la marque fabrique du régime.
Si ceux qui luttent activement contre le système avaient déjà mis en place l’organisation nécessaire capable d’exploiter la débandade au sein du régime pour avancer leurs pions politiques, allant même jusqu’à s’aventurer à prendre le pouvoir, cela se comprendrait. La réalité, c’est que nous sommes très loin de ce niveau d’organisation politique et stratégique. Le seul choix politique réaliste consiste à aiguiser davantage les contradictions qui sont en train de tracasser la survie du régime. Le moyen sûr de l’affaiblir un peu plus jusqu’à le frapper d’un coup mortel pour la prise du pouvoir politique.
Toutefois, on pourrait tolérer Joseph Lambert comme à la primature, et madame Wendell Coq à la présidence. Car, Lambert représente la plus haute autorité légale en opération dans le pays. En sa qualité de président du grand corps, qui est certes, réduit à sa plus simple et insignifiante expression, peut appeler à jouer un rôle dans le dénouement de la crise. Le symbolisme d’une façade légale pourrait être une bonne chose pour les institutions républicaines.
Claude Joseph est un premier ministre dans la peau d’un chef d’État. On peut dire tout ce qu’on veut, à sa place après l’assassinat du président, tout le monde en ferait autant: se maintenir au pouvoir. Pour dire la vérité, personne n’était mieux placée en ce matin de 7 juillet pour s’assurer de la permanence de l’État que lui. Maintenant, a-t-il les moyens de sa politique?
Le film du déroulement des événements politiques, surtout avec l’intervention de l’administration de Joe Biden, dévoilera bientôt la réponse à ce propos. Une chose est sûre, la crise ne fait que commencer!
Joel Leon





