Vous célébrez Vertières, mais vous piétinez les femmes d’Haïti. Hypocrites.
BOUKAN NEWS, 11/172025 – Le CPT et le Premier ministre Didier Fils-Aimé demandent aux femmes d’aller voter. Ils les encensent, les appellent “piliers”, “gardiennes”, “héritières du courage national”.
Quel culot.
Dans quelques jours, vous ferez vos grands discours sur Vertières, vous évoquerez les héroïnes cachées de l’indépendance, vous réciterez leurs noms pour briller devant les caméras.
Mais pendant que vous célébrez la bravoure d’hier, vous laissez les femmes d’aujourd’hui se faire briser.
Voilà votre patriotisme : un spectacle.
Voilà votre mémoire : un décor.
Les femmes d’Haïti n’ont pas besoin de vos hommages historiques.
Elles ont besoin de sécurité maintenant.
Pendant que vous préparez Vertières…
Des centaines de milliers de femmes dorment au sol dans des écoles puantes.
Elles urinent dans des seaux.
Elles se font violer en allant chercher de l’eau.
Elles vivent dans la peur comme si la guerre n’avait jamais pris fin.
“Madame Sainte-Anne” : trois déplacements, deux filles violées.
“Marie-Carole”, 14 ans : violée dans une salle de classe devenue cimetière de dignité.
Vous le savez.
Vous le voyez.
Vous l’acceptez.
L’ONU dit que 60 % d’entre elles ont subi des violences sexuelles.
Et que propose le Premier ministre ?
Une journée de “sécurité” — le jour du vote.
Pour paraître sérieux, pas pour protéger.
C’est une gifle à l’Histoire.
Une insulte à Dessalines.
Un crachat sur la mémoire de Vertières.
UNE QUESTION DE CONSCIENCE — PIQUANTE ET INÉVITABLE
Puisque vous aimez tant évoquer la bravoure de Catherine Flon, de Défilée, de Sanité Bélair…
Répondez à ceci :
Accepteriez-vous que votre femme dorme sur un sol glacé ?
Accepteriez-vous que votre fille fasse ses besoins dans un seau devant des inconnus ?
Accepteriez-vous que votre sœur soit violée la nuit pour un gallon d’eau ?
Accepteriez-vous que votre mère mendie des serviettes hygiéniques parce que vous avez échoué ?
Si la réponse est non —
alors pourquoi est-ce acceptable pour les autres femmes ?
Pourquoi leur douleur ne déclenche pas chez vous la même rage, la même urgence, la même indignation que l’histoire de Vertières ?
Où est passé votre conscience ?
Les femmes ne demandent pas vos trophées historiques
Elles demandent :
La sécurité quotidienne.
L’eau, la nourriture, l’hygiène.
La protection contre le viol.
La justice — pas vos discours parfumés.
Vous louez le courage des femmes…
pendant que vous les laissez se faire détruire.
C’est cela, votre contradiction.
C’est cela, votre honte.
Aux femmes d’Haïti
Ne croyez pas leurs déclarations.
Ne vous laissez pas manipuler par leurs invocations patriotiques.
Vous n’êtes pas leur priorité.
Vous êtes leur décor politique.
Votre dignité se trouve dans votre endurance, votre refus, votre survie héroïque —
pas dans leurs mensonges.
Un jour, ils devront répondre pour chaque silence.
Pour chaque promesse vide.
Pour chaque femme abandonnée.
Au CPT, au Premier ministre, à la communauté internationale
Avant de célébrer Vertières,
regardez le pays que vous imposez aux femmes.
Protégez-les.
Nourrissez-les.
Soignez-les.
Sécurisez-les.
Ou bien, par respect pour l’Histoire,
taisez-vous.
Car tant que les femmes vivent dans la terreur,
vos cérémonies de Vertières
ne sont pas un hommage.
Elles sont une parodie infâme et une insulte à la bravoure réelle.
Au nom de toutes les femmes violées dans les camps. Au nom de toutes les mères qui pleurent leurs enfants disparus. Au nom de toutes les marchandes dépouillées de leur dignité, Au nom de tout le peuple qui survit malgré tout,
PARTEZ!
PARTEZ!
PARTEZ!
Pierre R. Richard






