Un canal, des canaux 

Un canal, des canaux 

Esaü Jean-Baptiste

Boukan News, 09/25/2023 – L’expression française « jamais deux sans trois » est l’une des rares qui se traduit au mot près de la même manière dans d’autres langues. Quel que soit le pays, cela sert souvent à expliquer qu’un événement donné se déroule à nouveau, comme cette répétition était écrite à l’avance.

Aujourd’hui, dans la crise actuelle sur la frontière haitiano-dominicaine, cette expression « jamais deux sans trois » a toute son importance historique dans un contexte où les voisins dominicains se croient trop puissants. Assez puissants, au point que, avec le déploiement de leur force militaire, ils pensent pouvoir intimider Haïti et les Haïtiens. Cette terre de liberté, habitée par les petits fils de Cappoix la Mort et de Jean Jacques Dessalines.

Effectivement, leur arrogance remonte à plus d’un siècle. Mais depuis des décennies, plus constamment, ils cherchent toutes sortes d’excuses pour provoquer une crise militaire et diplomatique avec Haïti.

À la vérité, ils ne sont pas plus grands comme ils le croient.  Pour le moment, Haïti est tout simplement agenouillée dans un processus d’une transition qui n’en finit pas.

Tout en gardant Haïti à genoux, de leur position de raciste, comme le temps du massacre des 35.000 innocents haïtiens en 1937. Ils se croient puissants comme la grenouille. Mais ils ne le sont pas.  Ils sont tout simplement des petits, avec une envie écervelée d’être grands.

Quant à Haïti, de sa position agenouillée, fille rebelle qu’elle est, chaque jour elle consent de faire des efforts monstres pour se relever. Mais la République Dominicaine et leurs alliés racistes du monde impérialiste Occidental empêchent toujours le pays de Jean Jacques Dessalines de se tenir debout.

Comment expliquer cette haine méchante des Dominicains et de l’international envers Haïti ?  Pourquoi veulent-ils qu’Haïti reste aussi longtemps dans cette position d’accroupissement, alors que depuis 1804 le pays n’a jamais fait peur à aucune autre nation ?

Haïti est le pays qui, par ses combats contre l’esclavage et de sa grande victoire contre l’armée expéditionnaire de Napoléon Bonaparte, tout au début du 19siècle, avait fasciné et surpris le monde.

Et, depuis après l’épopée de Vertières et de son indépendance en 1804, il y a toujours au moins une main puissante sur le chemin d’Haïti. Et, ceci à chaque fois que le peuple s’engage à sortir de la pauvreté.

Par exemple, tout récemment, à travers le processus de « gouverner par le chaos », un système imposé par la communauté internationale et dirigé par un État fêtard, à travers lequel des activités mondaines pullulent partout. C’était une période ou Haïti avait connu tous les mots en « al » qui ne change jamais en « aux ».  C’est ainsi que : bal, festival, carnaval…avec un récital de mots ronflants s’organisaient en permanence dans le pays. La nation était toujours en fête solennelle en l’honneur du président-musicien, Michel Martelly. A l’exception du mot « Canal ».

Si bien que, d’un président fêtard à un chef de gouvernement vantard, les deux formaient un pouvoir exécutif grandiloquent comme deux tonneaux vides, pour enfin ne rien faire. Sinon, de construire vingt-cinq stades imaginaires dans tout le pays. Vraisemblablement, il était plus facile d’ériger des stades pour des matches de football qu’au lieu de construire des canaux d’irrigation pour arroser les terres des paysans pour augmenter la production nationale.

Ainsi, on avait eu un parlement constitué d’honorables qui se rendaient maîtres dans l’art de voler, quémander, mentir et conclure savamment des affaires imparfaites. En ce sens, ils étaient les champions des combines très déshonorables au Bicentenaire. Puis, il y avait eu un président très peu respectueux des lois, des articles de la constitution…enfin, de toutes les bonnes mœurs au Palais national.  Et, ce dernier s’était flanqué d’un chef de gouvernement à la Primature qui ne plaisantait pas avec les chiffres du trésor de l’Etat, déjà en mauvais état.

Comme une équipe dotée d’un pouvoir de destruction, les bandits légaux avaient le boulevard libre pour que librement ils continuent de piller le trésor public, et de distribuer des armes aux bandits des quartiers populaires. Encore, il n’y avait pas de projet de canal dans leur agenda!

Ensuite, pour remplacer le dévergondé Martelly, l’international responsable de tous les maux nationaux, avait à travers des élections frauduleuses parachuté Jovenel Moïse au pouvoir, « Neg bannan nan ». Celui qui, avant son assassinat au mois de juillet 2021, avait commencé les travaux pour la construction du canal.

Aujourd’hui, la population de l’arrondissement de Ouanaminthe, jouissant de la solidarité morale et de la contribution financière des Haïtiens de partout, recanalise un premier canal. Néanmoins, Il n’en a jamais un sans deux. Non, « jamais deux sans trois », avions-nous appris. Question pour dire, si maintenant, il y a un canal, il peut aussi en avoir d’autres. C’est-à-dire, un deuxième canal. Un troisième. Puis des canaux pour irriguer les jardins des paysans dans le département du Nord-Est et ailleurs.  Et pourquoi pas !

Esaü Jean-Baptiste

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