« TROP PETIT, TROP GROS ! », DIEGO ALMANDO MARADONA

BOUKAN NEWS, 01/18/2026 – Juillet 1984. L’aéroport de Naples tremble sous un soleil blanc. Un avion descend lentement, comme s’il savait qu’il transportait plus qu’un passager : un espoir, une rumeur, une revanche. À l’intérieur, un garçon de 23 ans. Petit, trapu, les cheveux noirs en bataille, le visage encore rond comme celui d’un enfant du voisinage. 1,65 mètre de hauteur, mais une légende déjà en gestation.
Sur le tarmac, 75 000 personnes. Pas un chiffre, pas une foule : une marée humaine. Des hommes, des femmes, des enfants perchés sur les épaules de leurs pères, des drapeaux bleu ciel qui ondulent comme une mer en colère. Ils ne sont pas venus voir un joueur. Ils sont venus accueillir un miracle.

Diego Armando Maradona vient d’être acheté par Naples, le club le plus pauvre d’Italie, celui que le Nord regarde comme on regarde un cousin honteux. Une équipe sans trophées, une ville sans respect. Et pourtant : 105 millions de dollars. Le joueur le plus cher de l’histoire.
Pendant que la ville hurle son nom, quelque part dans un bureau climatisé de Milan, un journaliste en costume gris, cigarette au coin des lèvres, écrit la sentence que tout le Nord pense sans oser la prononcer :
« Trop petit, trop gros, trop sud-américain. Dans trois mois, Naples voudra être remboursé. »
À Turin, on ricane : les défenseurs vont le briser en deux.
À Rome, on se moque : Naples a acheté un clown doré.
Diego ne lit pas ces journaux. Il n’en a pas besoin. Depuis toujours, on lui dit qu’il est « trop » : trop pauvre, trop sauvage, trop du barrio.
Mais Diego n’est pas venu en Italie pour parler. Il est venu pour jouer. Et Naples, dès son arrivée, lui rappelle quelque chose : l’odeur du sel mêlé à celle de la misère. La même odeur que Villa Fiorito. Les mêmes murs écaillés, les mêmes enfants pieds nus, les mêmes regards qui ne demandent rien… mais espèrent tout.
Les Napolitains ne le regardent pas comme une star. Ils le regardent comme un frère revenu de loin. Comme un possible sauveur. Le Nord les traite de parasites, de honte nationale. Dans certaines villes, des panneaux proclament :
« Pas de location pour les Napolitains ou les chiens. »
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