Trois Poignées de Mains Chaleureuses à l’Oncle… (À la Mémoire du Pròf Fritz Boucicault, Bèk Fè) 

Trois Poignées de Mains Chaleureuses à l’Oncle… (À la Mémoire du Pròf Fritz Boucicault, Bèk Fè) 

Wilfrid Suprena

New York, USA – Le Samedi 18 Mars 2023, ils étaient trois sur le podium de l’auditorium du prestigieux collège communautaire Nassau à Westbury, Long Island N.Y., pour nous “ Parler de L’Oncle. De ses origines. De son parcours académique, scientifique, politique, diplomatique et littéraire…Des penseurs l’ayant influencé et de son aura sur les intellectuels Haïtiens du 20ème siècle…..,Ils étaient trois (3), en rotation. Et en complémentarité. En coude à coude pour dégager la /sa Pensée  authentiquement Haïtienne qui devrait être dominante Après la  première  occupation directe de notre pays  pour nous aider à nous retrouver  comme entité politico sociale originellement dissociée et séparée mais historiquement unie en vue de construire l’avenir ensemble. Sur des bases tout à fait nouvelles…

Ils étaient trois :

Castro Desroches

Castro Desroches, Un ancien camarade de promotion à l’École Normale Supérieure à la section Sciences Sociales, prof. de Français et de Littérature à New York, rigoureux dans ses Souvenirs et réminiscences de Jeune écolier qui a fréquenté le Collège Jean Price Mars (Ruelle Chrétien, Haut Poste Marchand).. Il a surtout mis en relief Les bons  moments vécus en classes secondaires dans l’enceinte de cette bâtisse perchée au Haut  d’un Ravin, à l’écoute et en compagnie des sommités littéraires et politiques de la trempe des Philoctète ( René et Raymond), Fignolé ( Jean Claude), Clitandre ( Pierre) et, Benoit ( Victor), son parrain, membre de l’équipe de direction…Une époque bouillonnante, pour lui, en idées de  progrès  social et politique; et Le Collège portant le Nom de ce Notable Rivanordais dénonciateur des petites vertus  de nos élites et notre Bovarysme collectif en était Une référence qui paniquait le pouvoir autocratique d’alors……D’où les menaces directes, musclées Ou voilées à l’époque, Les multiples descentes de lieu, la mouchardise….Les provocations et des arrestations sans Aucune justification….En bon écrivain « lodyansè » et en “ caricaturiste politique impénitent”…  Castro a ouvert le débat avec panache…

 

Pierre Buteau

Pierre Buteau, réservé mais très académique, a fait un survol historico philosophique…de l’ensemble de l’œuvre du Patriarche rivarnordais… Il a mis l’accent sur sa démarche structurante d’intégration contextuelle qui éclaire des pans de la  culture ancestrale donc africaine préservée en milieu paysan rendant difficile voire impossible « l’occidentalisation » Ou  « la francisation » de l’entière Nation Haïtienne… Le Prof. d’histoire a effleuré un peu Les démêlés de l’auteur de la « Vocation de l’élite » avec l’approche noiriste donc unidimensionnelle adoptée par certains intellectuels au lendemain de l’occupation américaine…. Qui explique son  rapprochement avec le « Gouverneur en chef de la Rosée » à l’occasion des rebuffades de ce dernier contre les mésinterprétations et Les approches farfelues du Père Foisset sur le vodou…D’où la Fondation du Bureau d’Ethnologie avec le mulâtre communiste en vue de la préservation et la Défense des valeurs intrinsèques à l’héritage Africain des Haïtiens Que Les Colonialistes européens et Les néo colonialistes Nord-américains essaient d’annihiler au pays à travers des confessions religieuses qui tendent beaucoup plus à rabaisser qu’élever Les mœurs et Les coutumes liées au vécu du peuple Haïtien…Prof. Buteau n’a pas oublié non plus dans son exposé  absolument  dynamique et revitalisant la décision de L’oncle de Se démarquer de l’idéologie noiriste “ duvaliérienne” en opposition Totale avec  ses travaux……sur Les différentes facettes de cette Grande culture adoptée par  la majorité des Haïtiens vivant en milieu rural mais rejetée par Une minorité en milieu urbain singeant, copiant, imitant …. D’où leur “ Bovarysme Collectif” qui empêche de transcender et qui détruit graduellement toute volonté d’unification pour la construction de l’état/nation fort, très fort pour faire avancer la cause de la Liberté des peuples noirs et Jaunes spoliés, exploités, démembrés selon la vision de l’un de nos Pères Fondateurs : Jean Jacques Dessalines Legrand..

 

Michel Soukar

Michel Soukar, volubile, prolifique et  très peu avare d’anecdotes Les unes plus instructives et attrayantes Que Les autres, a tout dit, tout donné sur Price Mars…Il a  comme invité  l’auditoire à  voyager  avec lui dans cet univers palpitant que furent la vie, l’œuvre et Les accomplissements de Jean Price Mars devenu Jean Price-Mars par affection et admiration pour son parrain Hannibal Price, l’un de ses protecteurs, d’une part mais aussi comme refus d’association à un clan quelconque  ( noir ou mulâtre) dans la bonne tradition des lettrés urbains de l’époque….En 40 minutes d’horloge, le Professeur Soukar a tenu l’assistance en haleine par la maîtrise du sujet historique qu’il développait sur ce monument  de l’intellectualité nationale pas suffisamment connu et étudié…… A l’École et à l’Université. C’était Une narration on ne peut plus, travaillée, raffinée et peaufinée, abondante et captivante. De ses origines impériales (côté maternel Soulouque), et royales – côté paternel, (La royauté Christophienne ), l’historien  a passé en revue toutes Les facettes et tous Les aspects de la vie de cet Haïtien avec Une stature inimaginable…. Sa naissance à La Grande Rivière du Nord, paroisse où le Fondateur Jean Jacques a vu le jour, plus précisément entre deux Habitations Cormier et Jolitrou…en 1876. Ses études primaires, secondaires et universitaires au Cap, à Port-au-Prince, à Paris, France…Le Droit, la Médecine, L’Ethnologie. Un érudit, Un Savant, Un Théoricien…Ses débuts, très jeune en politique avec le support, le soutien et la protection des membres de cette « aristocratie terrienne » originaire du Nord du pays qui a dominé  l’arène politique Nationale de Florville Hyppolite à Vilbrun Guillaume Sam… Michel Soukar, avec la minutie et   L’équilibre  d’un bénédictin a examiné et  présenté  la progression de la pensée de Jean Price Mars: de sa première rencontre avec le racisme- mieux le racisme américain quand Un conducteur de train dans l’état de Missouri l’a fait descendre  d’un wagon pour le quitter dans Une zone abandonnée parce qu’il était noir…Pis! Comme membre de la légation Haïtienne, Il allait représenter son pays, Haïti…. Ce même pays, dans lequel Il sera arrêté plus tard par des soldats « Au visage pâle et aux yeux Verts » à Pétion Ville où Il s’était retiré pour s’occuper de son ranch, de ses cabrits et poules, de ses épis de maïs. De ses oignons, quoi ! Mais, l’occupation d’un petit pays toujours en rébellion avec lui-même ne fait pas de quartier…Les occupants ne s’intéressent point à savoir qui est qui… Ils passent des ordres et Les “ cinglés” exécutent ! Seule la Loi des bottes prévaut. Qui est “ Jean Price Mars pour qu’il ne soit pas arrêté et humilié? Malgré la protestation des voisins…Et a commencé à germer dans son esprit l’idée d’occuper la plus haute fonction du pays pour laver Les souillures de Pétion Ville et de Missouri….Malgré l’encouragement et l’effort de ses pairs Dantès Bellegarde, Pauléus Sanon entre autres….L’oncle, malgré son amitié et dévotion   À  Joseph Anténor Firmin qu’il a d’ailleurs visité à l’île de Saint Thomas de retour d’un voyage à Paris et Rosalvo Bobo, ( deux enfants terribles du Nord, talons d’Achille des Yankees) est resté Un Grand Méconnu dans Les annales de la Politique – Que Dis- je! La politicaillerie Haïtienne….

Michel Soukar a dû écourter sa présentation. Faute de temps. Des débats qui s’apprêtaient à être animés n’ont pas eu lieu. Faute de temps également….

Castro, Buteau, Soukar

Un ban pour Les trois profs: Desroches, Buteau et Soukar…Nous sommes sortis édifiés. A bien des égards sur ce Grand Homme. Ce grand Haïtien.

Une note discordante. L’auditoire ? Poli, réservé. Cinquantenaire, Sexagénaire, Septuagénaire…Ce  sont à peu près  Les  mêmes visages, timorés, préoccupés, Les uns plus Grisonnants que Les autres, le sourire circonspect qui refusent de baisser Les bras quand Il s’agit de Haïti, ce pays torturé, tourmenté qui a porté sur Les fronts baptismaux le droit de tous Les  peuples ( Jaunes et noirs)  á l’auto détermination et la dignité. Au prix du sang…le Renouvellement de cadres patriotiques et révolutionnaires tarde à se manifester dans cet espace géographique de la diaspora haïtienne ( NY) qui, dans le temps, a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre la dictature fasciste des Duvalier,  contre Les militaires putschistes, contre La FDA américaine ayant épinglé de  façon malencontreuse, discriminatoire et malveillante les Haïtiens comme porteurs du virus VIH/SIDA

Et surtout contre les tenants et les aboutissants du Coup d’état sanglant du 30 Septembre 1991 : La CIA, L’Armée d’Haïti et une fraction des dirigeants de l’église catholique d’Haïti, Les Oligarques Nationaux, et Une Bonne frange des classes moyennes urbaines et des politiciens corrompus Haïtiens…

Un salut spécial à des combattants de longue date présents ce jour-là:

Dumas Gay de l’équipe des Frères Joseph à la Rue Lamarre, Poste Marchand, ces jeunes qui lisaient de façon précoce, Ziegler avec Ses Rebelles, Staline et son Matérialisme  Historique  et Matérialisme  Dialectique, Césaire et son Discours sur le Colonialisme, Jalée et son Projet Socialiste, Fanon avec ses Peaux et ses masques, Hanecker avec ses Cahiers , Pierre Charles avec sa Radiographie , Maxime Gorki avec sa Mère, Politzer avec ses Principes, Guevara avec son Journal Révolutionnaire pour la création de deux, Trois Viêt Nam, et enfin Lénine et son Que Faire pour Revenir à « Deux Pas en arrière pour Un bond en Avant »

Que de choses n’a-t-on pas lues pour des expériences pratiques à « Lakou Mouzen » !

François Pierre Louis du MHL et PLB.

L’agronome et activiste politique Marcel Mondésir (Ti Marcel) encore et toujours flamboyant et fulgurant…

Et tous les autres camarades de combat, les « Sans nom » qui commencent à marcher assez lourdement pour se rendre dans leur voiture respective…

Nous nous sommes embrassés et séparés avec ces mots sonnant comme un acte à la fois de foi et de contrition:

Kenbe Fèm, Pa molio. Ayti Pap Peri!

Wilfrid Supréna

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