Tragédie Maritime : une nouvelle fois c’est le Bas-Limbé.

Tragédie Maritime : une nouvelle fois c’est le Bas-Limbé.

Jean Rony Monestime

New Jersey, USA, 07/26/2022 – Les tragédies maritimes des migrants haïtiens fourmillent. Dans les eaux atlantiques et caribéennes, les tristes naufrages des bateaux transportant des voyageurs haïtiens ne manquent pas. Tous les ans, on peut compter à peine le nombre de victimes haïtiennes de noyade. Ils viennent de tous les recoins du pays. Toutefois, il y a une commune illustrative : le Bas-Limbé. Elle est pourtant l’une des plus riches du pays en terre fertile. Le deuxième grenier du département du Nord après St-Raphael. Cependant, l’histoire d’une affluence de naufrages, impliquant des Bas-Limbéens, surabonde.

Les années 1976, 1978, 1980, 1982, 1985, 1990, 1992 ont été les plus meurtrières. Au cours de ces années, une marée de Bas-Limbéens a péri en mer. Mais, en dehors de tout, on a droit à des interrogations. Pourquoi tant de Bas-Limbéens s’émigrent, au péril de leur vie, alors qu’ils sont d’un terroir riche ?

D’abord à Bas-Limbé, il y a une mauvaise presse contre l’agriculture qui fut autrefois la principale source de revenus des paysans. De ce fait, les enfants, envoyés à l’école en ville, ne reviennent pas dans la zone, méprisant le métier de leurs parents ; la plupart sont même très complexés et ne visitent pas la maison familiale même durant les saisons festives. Autrement dit, et l’agriculture et cette belle campagne du nord sont dédaignées.

Puis, il y a la génération des premiers déplacés à censurer. Ces derniers ont quitté le pays dans les années 1970. Ils créent dans la tête des plus jeunes l’idée des paradis Bahaméens et américains. C’est-à-dire que Haïti est un enfer. Donc, tout le monde doit partir pour vivre mieux. En conséquence, un grand nombre de gamins de pères vivant à l’étranger ne terminent pas leurs études secondaires ; ils attendent le jour du voyage vers les terres paradisiaques de l’étranger. Il y a aussi l’instabilité politique, comme c’était le cas en décembre 1992 où périt environ une (100) centaine de Bas-Limbéens non loin du Canal-du-Vent (le Naufrage de la Vierge-Miracle).

En d’autres termes, le Bas-Limbé est vidé de ses fils à cause de l’émigration. Les très pauvres se rendent en République Dominicaine ; les pauvres se rendent au Chili, au Brésil et au Mexique ; les gens moyens s’embarquent pour les USA et/ou les Bahamas. C’est une commune de 20,000 habitants en 2015 (IHSI, 2015) mais aujourd’hui qui abrite près de 30000. Néanmoins, près de 15000 Bas-Limbéens vivent à l’extérieur.

Cette tradition de tragédie maritime est chronique à la famille Bas-Limbéenne. Cette catastrophe du 24 juillet 2022, au large des Bahamas, est une des plus navrantes. Des 17 noyés, environ une douzaine est de Bas-Limbé. Il n’y a pas encore de solution à ces drames répétitifs.

 Jean-Rony Monestime André

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