Toute intervention militaire étrangère en Haïti équivaut à un potentiel génocide dans les quartiers populaires !

 

Toute intervention militaire étrangère en Haïti équivaut à un potentiel génocide dans les quartiers populaires !

 « Le Canada n’hésite pas à reconnaître sa part de responsabilité (…). Je crois que nous aurions pu faire une différence, je crois que nous aurions pu limiter l’ampleur de l’horreur » (Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada)

Joel Leon

Pennsylvania, USA, 10/22/2022 – Des informations crédibles circulent dans les milieux diplomatiques à New York, particulièrement aux Nations-Unies, que le Canada pourrait-être le principal prochain occupant d’Haïti. Le premier ministre Justin Trudeau marche sur les pas de Lula Da Silva, l’ancien président du Brésil, emprisonné pour vol puis libéré, qui avait pris la tête de la Minustah en Haïti au milieu de l’année 2004.

Ensuite, il est aussi question que les forces multinationales seront mises en branle via le chapitre impérial, appelé l’Organisation des Etats Américains, en remplaçant de l’ONU. On a l’impression que la Russie et la Chine ne marcheront pas dans la logique d’une intervention militaire en Haïti. Une action pareille est interprétée par les deux membres du Conseil Permanent, doté de droit de veto, comme un appui tacite au gouvernement haïtien, totalement décrié par la population.

Donc, l’OEA, avec le Canada et le Mexique en tête, est le nouveau sanctuaire résonnant de l’intervention militaire. Mais tout se fera sous la direction des Américains qui commandent, financent et arment la mission, mais en réduisant son effectif militaire sur le théâtre des opérations.

Biden et Trudeau

Pour des raisons de politique interne, les Etats-Unis d’Amérique ne s’exposent plus dans des invasions directes, ils utilisent des « proxys ». Le citoyen américain ne supporte plus l’idée d’envoyer leurs filles et fils dans des opérations militaires de conquête à l’étranger. Les parents sont fatigués de sacrifier leurs enfants sur l’autel des intérêts mesquins de la classe traditionnelle de pouvoir d’État américain. Ainsi, tout chef d’État évite le plus que possible de se risquer dans des aventures d’outre-mer pour lesquelles la nation va demander des comptes, surtout en période électorale.

Ainsi, Joe Biden aurait recruté le Canada pour mener sa sale guerre en Haïti. À rappeler que ce pays a une lourde responsabilité dans le génocide Rwandais qui avait pris place au cours de l’année 1994. Au cours duquel, environ un million de Rwandais périrent dans l’indifférence et la bienveillance de la communauté internationale, en particulier le Canada.

Genocide Rwandais

A ce propos, la culpabilité du Canada est si manifeste que la gouverneure Michaëlle Jean, au cours d’un périple africaine, s’était rendue au Rwanda. Arrivée là-bas, elle a versé ses larmes de crocodiles impériales en ces termes : « Le Canada n’hésite pas à reconnaître sa part de responsabilité (…). Je crois que nous aurions pu faire une différence, je crois que nous aurions pu limiter l’ampleur de l’horreur ».

Donc, quand on a fait état de l’éventuelle prise en charge de la force multinationale en Haïti par le Canada, tout observateur haïtien commence par avoir peur. Et, il y a raison d’avoir ce sentiment !

 La complexité de la réalité du terrain est extrêmement complexe.

En 1994, il y avait en Haïti une armée régulière, mais non professionnelle. C’est-à-dire une force hiérarchisée qui avait reçu l’ordre formel de rester dans leurs casernes. Ce qui a été fait, même si cela n’avait pas évité que les marins américains aient humilié des policiers et des soldats haïtiens, en les piétinant.

En 2004, ce fut à peu près le même scénario. La seule force publique nationale, la PNH, était commandée de ne pas tirer un pétard, ainsi les forces multinationales débarquaient sans aucune résistance à l’aéroport international.

Farah Aidid

En 2022, on n’a pas la garantie que tout va se passer en douceur. Car les hommes armés qui opèrent dans le pays, en particulier à Port-au-Prince, la capitale, sont d’une toute autre nature. La situation actuelle d’Haïti est très volatile et rappelle étrangement celle de la Somalie au cours du début des années 1990. Chaque espace de 10 kilomètres est commandé par un puissant chef de gang. On se souvient encore de l’incident du 3-4 octobre 1993 au Mogadishu, appelé « Black Hawk Down », au cours duquel 18 soldats américains furent tués. En conséquence, l’existence des gangs, lourdement armés, compliquera le déploiement des soldats étrangers, dans le cas où ils décident de se battre pour conserver leur territoire.

Ce sont des super-gangs. Si classiquement, on ne peut les qualifier de guérillas, parce qu’ils n’ont pas un objectif politique connu inséré dans un quelconque manifeste. Cependant, les tactiques qu’ils utilisent proviennent directement des traditions de la guérilla classique latino-américaine. Ils sont très mobiles, ils attaquent pour faire une récupération, souvent armes et munitions, ils se rétractent rapidement pour redevenir des civils au milieu des bidonvilles. Ils volent, kidnappent, rackettent, tuent pour de l’argent…pour survivre.  C’est là que se situe le danger !

 Le spectre d’un génocide plane sur les bidonvilles

Cite Soleil

En cas d’un débarquement militaire de l’étranger, pour soi-disant déloger les gangs, les habitants des ghettos en seront les principales victimes. Les bidonvilles, telles que : Cité Soleil, La Saline, Village de Dieu, Grand Ravine, Bel-Air, Rue St. Martin…ces quartiers sont les bastions des hommes armés. Pour les déloger, il faut nécessairement pénétrer ces périmètres ou les maisons sont construites anarchiquement, ce qui exige l’utilisation de bulldozers pour créer des routes. Ensuite, ces cahutes sont construites en plastique, papier, tôle…ce qui explique que quand la pluie tombe, au milieu du jour ou de la nuit, tous les occupants doivent rester debout jusqu’à ce qu’elle cesse. Donc, comme on le dit couramment chez nous « une maison qui ne peut tromper ni la pluie ni le soleil », comment va-t-elle résister aux armes automatiques de type M-16, R-15, T-65, Kalachnikov…

Pratiquement, l’international, consciemment ou inconsciemment, se prépare à organiser un génocide en Haïti.

D’après ce qu’on est en train de constater en Haïti, spécialement dans la capitale, Port-au-Prince, est similaire à une préparation de guerre. Les commissariats de police sont attaqués au quotidien, on dirait que les hommes armés sont à la recherche d’armes et de munitions. Lorsqu’on considère qu’à partir de la vigilance des autorités douanières des Etats-Unis et d’Haïti pour dépister les containers d’armes et de munitions, il devient difficile de s’approvisionner en matériels de guerre. Maintenant, les commissariats sont devenus les cibles privilégiées des bandits.

Aussi, les gangs attaquent les agents de la police et les tuent en pleine rue comme des chiens, tout en prenant soin de récupérer leurs armes.

Selon des informations dignes de foi, il y a un empressement dans le milieu des gangs à placer des chefs dans presque chaque rue de la capitale. Les actes de kidnapping se poursuivent sans relâche, les parents des victimes continuent de verser de fortes sommes d’argent aux bandits qui l’utilisent pour recruter de nouveaux jeunes désespérés et de s’approvisionner en armes.

Le dernier rapport du « Centre Karl Leveque », une organisation des droits humains de très grande réputation, vient de révéler qu’entre 40% à 60% des agents de la PNH sont impliqués dans les activités criminelles des gangs. Cela traduit la complexité de l’insécurité qui traverse le pays et explique clairement la prolifération vertigineuse des gangs à l’échelle nationale.

Cela dit, les forces multinationales à venir, auront à collaborer avec des partenaires peu fiables de la PNH. En combattant les gangs, les soldats étrangers doivent eux-mêmes avoir un œil ouvert sur ceux qui les accompagnent au combat.

Le mieux à faire, c’est de placer un autre gouvernement au pouvoir pour rétablir la confiance des agents de la police et de la population. Il aura pour tâche d’épurer l’institution policière des éléments pourris afin de pouvoir porter victorieusement le combat dans le camp des chefs de guerre.

Soldats des Natios-Unies

Pour ainsi dire, on n’a pas besoin de troupes étrangères pour démanteler les gangs. Cependant, l’assistance technique et logistique de l’international à la force publique haïtienne est nécessaire. C’est une façon d’arriver à une rapide et irréversible pacification du pays pour mettre le cap sur le retour à l’ordre constitutionnel. Et pour finalement jeter les bases institutionnelles indispensables à l’organisation d’élections générales dans le pays, après l’assassinat du président Jovenel Moise, le 7 juillet 2021.

Que la force multinationale apporte dans leurs avions et bateaux de guerre des milliers de cercueils avec eux. Car, des cadavres de femmes, vieillards, hommes et enfants, il y en aura beaucoup !

Joel Leon

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