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Tous contre Tous, Tous contre Tout….
“Kouzen w a sonnen lanbi pou mwen
“ Sekle mwen pa wè yo,
“Wouze mwen pa wè yo
“ Lè N a rekòlte, Kouzen
“ N a fè yo malonèt
“ N a pare pou yo” ( Ranpono, Alfred Moise, Septent, Kongo).

C’est instinctif. Le joueur de foot ball Haitien ( un attaquant, généralement) qui tire au but et rate envoie toujours un petit coup d’œil furtif à ses chaussures… Pourquoi? Me suis-je toujours demandé? Mais, pourquoi dans les matchs internationaux vus à la télévision et aujourd’hui dans nos petits écrans de téléphone, les réactions des joueurs sont différentes quand et s’ils ratent? Leurs deux mains sur leur tête ou sur leur hanche, après un instant d’hésitation et de réflexion, ils se déplacent le visage renfrogné, les pieds lourds, la tête baissée- on dirait même qu’ils aient envie de quitter, d’abandonner le jeu…Ils reconnaissent et admettent qu’ils ont commis une gaffe, une erreur et en prennent toute la responsabilité…D’hommes ou de femmes!
Ils ont honte…
Chez nous, c’est différent. L’échec n’est jamais personnel. Il faut absolument trouver quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre, un bouc émissaire pour épingler ou blâmer. Trouver coûte que coûte Un échappatoire. Un faux fuyant. Et ceci dans tous les domaines.
Dans le prisme de la responsabilité, c’est toujours le visage de l’autre ou des autres déformé et défiguré qui apparaît et s’installe majestueusement…
Dans les marchés publics, si un étalagiste dispose ses produits d’une autre manière qu’un autre et de ce fait attire plus de clients , c’est un “wanga”, un “mort “ qu’il a été ou qu’il a fait chercher de “ l’Artibonite” pour attirer les clients. Alors que l’évidence est que ses produits sont frais, bien présentés et que ses vêtements et son visage sont plus attrayants…avec Un sourire captivant… des mots doucereux envers qui s’approche de sa petite “ tonnelle”…. Il est blâmé. Pour son succès et son sens de responsabilité. On en veut à sa personne…à sa vie.
À l’école aussi. Les premiers de classe? Ils ne sont pas réellement doués ou surdoués… Leurs parents ne sont autres que des vampires qui ont sacrifié d’autres enfants dans le voisinage pour transplanter leur cerveau dans la tête souvent trop grosse de leur progéniture….
C’est toute une culture qui a culminé avec le titre d’un article paru dans le Petit Samedi Soir de Dieudonné Fardin à la fin des années 1970 et repris depuis par tous ceux là qui “ se lavent les mains” en assistant passivement à l’effondrement total de Cette “ Haïti” qu’ils clament être leur chérie: “ Nous sommes tous Coupables”….
Tout le monde “ toutes classes sociales confondues” est coupable. Personne n’est responsable…Personne n’a de comptes à rendre à personne…..
Le Président “ de facto” actuel, oint par un “déclassé social” lui même propulsé au devant de la scène politique Haitienne par des groupes d’intérêts étrangers obscurs pour combler un vide béant, promet monts et merveilles partout. Pendant quatre ans..Il n’a rien résolu de cette crise morbide bloquant les veines de notre pays, Il n’a pas encore la pudeur et la probité morale , après son règne, pour reconnaître qu’il n’a rien foutu, rien accompli et a laissé au contraire un cigare allumé aux deux bouts dans un pays exsangue, à genoux et un peuple courbé sous une croix d’inégalités et d’injustices sociales séculaires plus que criantes mais trouve quand même une théorie pour justifier son inaction: la constitution qu’il trouve inadaptée et qu’il faut éliminer…
Que le tonnerre l’écrase, ce but là aussi chimérique qu’il soit, il va l’atteindre. Au détriment de tous. Personne pour le responsabiliser. Personne.
Que dire de ce premier ministre “ de facto” qu’on croyait sous les eaux pendant plus de cinq jours du 1er au 5 juin et soudainement réapparut sous une escorte militaire et policière à tout casser pour déclarer “ Tout est bien Chez Madame la marquise”. ! Il a paradé. Il a pavané entre Martissant et Bizoton. Les gens peuvent et en fait vaquent à leurs occupations. Comme si de rien n’était. Aucun bilan. Aucune arrestation. Aucune arme saisie. Aucun incendiaire ou tueur sous les verrous….
Personne pour le responsabiliser.
Et c’est pas lui qui va se sentir concerné des cris et des souffrances des déplacés et des victimes de la terreur des gangs! Non..
Et cela nous renvoie aux ministres de l’Intérieur, de La Défense, de La Justice, et aussi aux chefs de cette police et de cette armée budgétivores toujours présentes pour la répression des contestataires et toujours absentes pour la protection des vies et des biens des vrais contribuables…
Mais, il y a l’opposition à blâmer. Elle n’est pas au pouvoir. Elle ne peut rien éxécuter. Elle n’a que les tribunes téléradiophoniques pour rouspéter avec des messages aussi vides de sens et confus qu’incendiaires… Malgré tout, le pouvoir et ses partisans continuent de la clouer au pilori…” Kite peyi m mache”, un slogan qui déride les gens de bien!
A l’intérieur même de cette opposition qu’on prête toutes les intentions bonnes et/ou mauvaises, méchantes et froides résultant à des coups fourrés et montés, c’est la pagaille totale. La débâcle, même.
Ses leaders ne s’entendent sur rien. Même sur une feuille de papier blanc pour rédiger un compte rendu…
Des égos trop forts, trop puissants. Des personnalités et chefs de partis trimbalant des résumés à la Mathias ( pas le comédien en exil forcé) et qui attendent un appel secret du pouvoir pour renier ce en quoi ils n’avaient jamais cru mais sur lequel ils avaient planché pour exhiber au moment opportun leur servilité et servitude….En services commandés!
Des patriotes de l’extérieur qui s’inquiètent de l’évolution chaotique du pays, de l’effondrement total économique, politique, et de la déliquescence sociale et morale de la société Haitienne essaient de s’organiser tant soit peu. Ils marchent à Washington par devant la Maison Blanche, le 18 Mai dernier, aucun d’entre eux n’est venu exposer leur agenda pour et sur l’avenir d’ Haïti en la circonstance! Ce n’est pas leur responsabilité!
Le 18 Juin , la foule des patriotes Haïtiens a considérablement grossi. On a attendu, en pure perte, un nom, un visage, un discours, un programme qui pourraient exciter et remettre les pendules à l’heure…Pour redonner l’espérance sur d’autres étapes et d’autres barrières à franchir ensemble pour des lendemains moins obscurs et plus reposants en vue de la reconstruction et la renaissance de notre chère patrie… Aucun des signataires des communiqués de presse tranchants et sans rémission, aucun des panélistes toujours présents “ Pa Ka Pa La” Dans des émissions de radio “ Parler pour ne rien dire” n’a daigné faire un acte de présence dans ces marches… ne serait ce que pour apaiser, rassurer, trouver des points de jonction et projeter un avenir qui ne pourrait être que meilleur….. Non, ils ne se sont pas présentés….Honte à eux, ces irresponsables!
Entre-temps, les bandits à la solde du pouvoir s’enhardissent. Ils sont partout. Plus de limites géographiques. Ils disent ce qu’ils vont faire. Et ils le font. À visière levée. Sans détours.
Où sommes nous?
Toujours à la case départ. Tous contre tous. Tous contre tout.
Wilfrid Supréna.






Waw!
Ça fait longtemps depuis que j’ai lu et relu un texte si beau et profound!
Merci, maître!!!