Qui va bloquer ce train de désespoir ?
Par Milfrid Suprena
A défaut d’avoir honte, ils auraient pu avoir la décence de reconnaître qu’ils ont piteusement échoué et que leur présence à la tête de l’état ne fait que contribuer à immerger toute une population dans ce sable mouvant, cette spirale morbide engluant qu’est devenue Haïti…
Non ! C’est le cadet de leurs soucis…
Quand on a été élevé à mendier, à quémander, à faire semblant et à usurper titres et fonctions toute sa vie, on ne peut pas développer sa personnalité à un niveau de dignité pour reconnaître et admettre soi-même qu’on fait du tort à autrui ou à son pays…
Non ! Pas un mot pour Les treize jeunes Haïtiens et Haïtiennes Calcinés dans un orphelinat de merde que l’Institut du Bien Être Social devait superviser ! Rien. Pas un mot de sympathie !
Pas un mot pour les victimes des attaques armées au Bas du Bèl Air et Bas Delmas… ! Dans le camp en conflit, un cadavre est un cadavre. Et un cadavre de jeune dans des conflits fratricides et meurtriers insensés et inutiles fruits de plusieurs décades de mauvaise gestion des affaires de l’État… est un cadavre de trop… Pas un Souffle et même un murmure de compassion des plus hautes autorités de l’état qui ne rêvent que de « Constitution á réécrire », de référendum à réaliser. Coûte que Coûte”. « Per fas et nefas » !

De la commisération ? Un mot ou une sensibilité éprouvée de tout être humain qui a un cœur et un tantinet de moralité pour exprimer et passer des mots de sympathie ou de réconfort á d’autres êtres humains ayant baissé le bras en face de l’adversité et des situations corsées… Un peu d’empathie donne du courage ! Pas même ça ! Un silence complet, torride et complice…
La force de travail de notre pays, entre-temps, se fourvoie, se perd, se tue et s’entretue bêtement.
Et Depuis trois jours en ce début de juin 2021, des citoyens de Martissant et de Fontamara, quartiers dans le temps huppés selon le standard haïtien, qui peinent à trouver du boulot et du pain pour nourrir et éduquer leurs enfants se trouvent à la croisée de tirs des hordes de voyous et forbans créées, entretenues, tolérées par un État á la tête duquel siègent et règnent des voyous…
On tue, on incendie, on vole. Des citoyens paisibles dans ces quartiers autrefois résidentiels sont tabassés, violentés et violés quelquefois par des groupes sans foi et qui n’ont de loi que leurs gâchettes crachant la mort pour un mot, un sourire ou un geste de trop…
Des gens partent, laissent leurs maisons pour aller où ? Migrer où ? Les places publiques ? Des parcs à ciel ouvert ? Avec des bébés dans leurs mains… des parents malades et estropiés… à leurs trousses…. Des crépitements de mitrailleuses nuit et jour… Les gens sont aux abois…

Jusqu’à présent, pas un signe des gens qui reçoivent régulièrement leurs chèques de fin de mois (mirobolants ou chétifs) pour des services de protection, de sécurité et de supervision destinés à la population Haïtienne !
Et pour couronner le tout, les Variants britanniques et brésiliens de ce virus maudit ont ouvert fenêtres, portes et mansardes ou hublots de cette forteresse qu’on croyait imprenable et s’installent en commandeurs….
Où donc le peuple Haïtien va -t-il puiser ressources et énergie pour résister à ce chaos qui l’assaille et l’étrangle continuellement ?
Quand finira-t-il de gravir ce calvaire de malfaisance, de méchancetés, de mal gérance, de haine, de calamités et de gouvernance irresponsable et stupide ?
Quand donc, ce peuple (toutes classes sociales confondues) finira-t-il pas se mettre debout comme un seul homme pour dire non à l’imposture, au vol, à la corruption, aux crimes de lèse patrie et de lèse humanité ?
Quand ? Demain il sera trop tard.
Wilfrid Supréna





