Qui gouverne le pays ?
Par Wilfrid Suprena, professeur
Il (Izo) a annoncé hier qu’il allait bloquer un tronçon de route reliant la capitale à quatre départements : Sud Est, Sud, Grande Anse, Les Nippes. Et une partie du département de L’Ouest, bien sûr…Le goulot de Martissant sera fermé à la circulation. Selon ce caïd. A bon entendeur, Salut !
Et de fait, Il a mis en application ses menaces à la barbe du gouvernement. On s’en doutait. On espérait même que les unités policières non encore démoralisées et démobilisées recevraient de l’ordre de qui de droit pour un petit “ je Wouj ”. Entre nous, Haïtiens, on aime ça : l’apparence, les mascarades… …Même à ça, on (les riverains de Martissant, Fontamara, Bizoton, Thor, Carrefour, Gressier, Léogâne et les communes lointaines) n’a pas eu droit.
A quelques pas de l’emplacement du palais. Un défi annoncé. Pas d’institutions étatiques pour le lever…On est perdu.
Est-ce “ Phantom 509″, ce regroupement de policiers affublés du qualificatif “ terroriste” par le directeur général de la Police Nationale qui opère ou bien un groupe d’assassins menaçant la société entière ? Qui va aux citoyens paisibles voulant vaquer librement à leurs affaires (Quelles affaires !) une réponse ?
Toutes sortes d’activités bloquées par la volonté d’un groupe d’hommes armés fonctionnant totalement en dehors de la loi… Rien à l’horizon pour les mettre hors d’état de nuit vitam aeternam !
Alors, on dit que nous avons un gouvernement avec un premier ministre, des ministres de l’intérieur et de La Défense, un chef de l’armée et un chef de Police…Ils sont là en fonction. Et ils sont informés. Bien informés ? Qu’attendent-ils ?
Donc nous allons continuer à claironner la même vieille rengaine : “ Nous sommes tous coupables”.
Comme quoi, ces centaines de gens traversant à pied ces quelques mètres de pavés boueux et jonchés de détritus sordides et malodorants sont aussi coupables que “ces gens à cravate” qui se déplacent en blindés coiffés de “ Gyrophares” avec des barbouzes plus proéminents que des gorilles et armés jusqu’ aux couilles ?
Toujours en réunion. De quoi parlent-ils ? Pour qui décident ils ?
Pas pour nous, Haïtiens. Peut-être pour les syndicats diplomatiques étrangers qui leur délivrent des diplômes de satisfaction à leur convenance…
On va attendre en fin de journée qu’un premier chauffeur d’autobus
S’aventure… Crée un petit espace pour plonger comme un bolide avec des passagers à bord… Et si les crépitements d’armes automatiques et de guerre ne rugissent et n’emplissent l’atmosphère pour provoquer un énième “ Kouri”, alors un second chauffeur tentera sa chance, un troisième. Ainsi de suite.
Et la réadaptation à cette vie sociale anormale va reprendre. Jusqu’à quand?
Wilfrid Supréna






