QU’AVONS-NOUS FAIT DE LA PRODUCTION DU RIZ ?

Autrefois la filière rizicole était très compétitive, et la production de riz était suffisante pour satisfaire la demande du marché interne mais, aujourd’hui cette dernière est en voie de disparition. Qu’avons-nous fait de la production rizicole ???
Haïti a perdu la compétitivité dans la production rizicole ;
Pour la campagne 2020/21 la production de riz à travers le pays devrait atteindre 75 000 tonnes métriques (TM) tandis que les importations passeraient à 495 000 tonnes métriques (TM). Et pour satisfaire la demande interne nous aurons à importer pour plus de 80% de cette demande. Pourtant avec les plaines de l’Artibonite, de Maribaroux etc… Haïti peut redevenir autosuffisante.

Répartition géographique de la superficie rizicole en Haïti
Département Principales Zones de production Superficie
rizicole (ha)
Pourcentage ( %)
Artibonite: Vallée de l’Artibonite, Laverdure 28.000, 73,7%
Sud: Plaine de Torbeck, Saint Louis du Sud, Les Anglais 3.500, 9.2%
Nippes: Abraham, Houk 500 1.3%
Nord: St Raphael, Grison Garde, Plaine du Nord, Limbé 3.000, 7.9%
Nord-est: Haut et Bas Maribaroux, plaine irriguée par les rivières Marion, Roche, Malféty et certaines ravines fertiles à Fort Liberté, bas fonds inondés et ravines humides à Sainte Suzane 1.500, 4.0%
Nord-ouest: St Louis, Anse- à- Foleur 1.000 2.6%
Autres Plateau Central…. 500 1.3%
Superficie totale: 38.000
« Le riz constitue la base de l’alimentation de la population haïtienne. Il s’est progressivement substitué aux produits plus traditionnels de l’agriculture haïtienne dans la consommation des ménages (maïs, petit mil en particulier) et représente aujourd’hui environ 40% des aliments de base consommés (production locale et importations confondues) contre moins de 10% il y a une vingtaine d’années (Consortium CECICI, SOCODEVI, mai 2010). Les explications de cette évolution relèvent de la croissance démographique, du changement des modes de vie et des comportements alimentaires avec l’urbanisation croissante et enfin de la succession des catastrophes naturelles qui a accru le recours à l’aide alimentaire et aux importations ».
Toutefois il convient de noter que la raison qui pousse la majorité des gens à faire le choix du riz importé c’est bien la différence de coût car, le riz importé coûte moins cher comparativement au riz national.
Les rizières sont là, pourquoi ne pas opter pour la production rizicole ce qui aura une incidence positive sur la balance commerciale et sur le niveau général des prix ? Malheureusement, cette interrogation reste toujours pendante.
En somme, les Preneurs de décision doivent donner la priorité à la production rizicole dans le pays afin d’arriver à l’autosuffisance alimentaire pour le riz et aussi sensibiliser la population sur la nécessité de consommer la production locale.
Michaëlle PARAISON
Économiste
21 avril 2021




