Pouvoir de Fils-Aimé : soutenu hier par Washington, défie-t-il Washington aujourd’hui ?

Pouvoir de Fils-Aimé : soutenu hier par Washington, défie-t-il Washington aujourd’hui ?

 

BOUKAN NEWS, 03/09/2026 – Haïti traverse aujourd’hui l’un des épisodes politiques les plus troublants de son histoire récente.

Ce qui devait être une simple formalité administrative, la publication de l’arrêté nommant le nouveau gouvernement en mars 2026, s’est transformé en véritable séisme politique.

Jamais la formation d’un gouvernement n’avait suscité autant de soupçons, d’interrogations et de tensions.

Une analyse attentive de la composition de ce gouvernement révèle un phénomène qui intrigue : plusieurs figures politiques et structures ayant des liens avec des personnalités sanctionnées par les États-Unis ou le Canada se retrouvent indirectement représentées dans l’architecture du pouvoir.

Certains observateurs vont même plus loin et affirment que la nouvelle architecture gouvernementale refléterait, en grande partie, l’influence politique de réseaux associés à des acteurs sanctionnés. Car, ces individus qui, normalement devraient être écartés du jeu politique haïtien, se retrouvent pourtant, de façon surprenante, pleinement représentés par des ministres au sein du nouveau gouvernement.

D’autres estiment au contraire qu’Alix Didier Fils-Aimé n’a fait que construire un pouvoir à son image.

S’agit-il d’un refus clair de ce que souhaite Washington ?

Simple coïncidence ?

Recomposition politique ?

Ou encore,

Stratégie géopolitique beaucoup plus profonde ?

Quand les sanctionnés reviennent au pouvoir

Depuis plusieurs années, Washington et Ottawa utilisent le mécanisme des sanctions comme instrument pour tenter de remodeler la classe politique haïtienne. Pourtant, paradoxalement, certains observateurs estiment aujourd’hui que les réseaux visés par ces sanctions pourraient être en train de se réorganiser politiquement, au point même de se renforcer. À quelques exceptions près, certains vont jusqu’à considérer que la composition actuelle du gouvernement refléterait, en grande partie, les réseaux politiques associés aux acteurs sanctionnés, voire même, à la mafia politique traditionnelle.

Une nouvelle question se pose alors :

Les acteurs sanctionnés seraient-ils en train de se regrouper pour réorienter la trajectoire politique d’Haïti ?

Le Premier ministre se retrouve-t-il pris dans une architecture politique qu’il ne contrôle pas totalement ?

Ou choisit-il, au contraire, de gouverner avec ces réseaux en leur exprimant une solidarité politique assumée ?

L’affaire du « contrat fantôme »

Au cœur de la polémique figure un contrat abondamment cité dans un rapport de la FJKL et dans de nombreux débats publics. Il concerne les sociétés : Metric Facility S.A., Metric Management Inc. et Transcaribbean Energy Partners & Consulting S.A.

Selon certaines sources crédibles, le Président de la Cour des Comptes aurait refusé catégoriquement d’entériner ce contrat pour des raisons techniques.

Si cela est exact, une question devient inévitable :

Comment un contrat qui n’aurait jamais été validé par la plus haute instance de contrôle financier du pays peut-il être présenté comme un scandale politique majeur ?

Car, pendant que radios, télévisions et réseaux sociaux s’enflamment, certains parlent peut-être d’un contrat administrativement et juridiquement inexistant, utilisé comme munition politique dans une bataille d’influence bien plus vaste.

Un acteur international au cœur des interrogations

Parmi les noms évoqués dans ce dossier figure celui de Ricardo Cheaz, entrepreneur étranger identifié par un passeport chinois et présenté dans certains cercles comme ayant des relations avec des réseaux politiques américains proches du Parti démocrate.

Si ces informations sont exactes, la situation devient encore plus délicate.

Car, dans le même temps, plusieurs observateurs notent que certaines personnalités clés du gouvernement actuel seraient perçues comme proches des réseaux politiques démocrates américains, notamment dans la sphère diplomatique.

Faut-il y voir une simple convergence politique ?

Ou les signes d’une bataille d’influence internationale dans laquelle Haïti pourrait se retrouver piégée ?

La question des contrats et de l’expansion économique

Un autre débat commence à émerger.

Si un acteur économique étranger dispose de relais politiques au sein du pouvoir, ne serait-il pas naturellement mieux positionné pour obtenir des contrats stratégiques ?

Certains analystes s’interrogent déjà sur la possibilité d’une multiplication de projets de construction et d’infrastructures permettant à certains groupes étrangers d’étendre progressivement leur présence dans plusieurs villes d’Haïti.

Dans un pays en reconstruction permanente, le secteur de la construction est l’un des marchés les plus convoités.

D’où une question essentielle :

Le processus de « vetting » politique et institutionnel est-il suffisamment rigoureux pour les postes ministériels liés à des contrats aussi stratégiques pour l’avenir du pays ?

Haïti au cœur d’une bataille géopolitique ?

Derrière ces tensions politiques se profile peut-être un phénomène beaucoup plus large.

Certains analystes évoquent déjà une nouvelle bataille d’influence internationale dans la Caraïbe, où se croiseraient intérêts politiques américains, réseaux économiques internationaux et ambitions géopolitiques émergentes.

Dans ce contexte, chaque nomination, chaque contrat et chaque alliance politique devient une pièce dans un puzzle géopolitique beaucoup plus vaste.

Vers une rupture possible avec Washington ?

La véritable question dépasse désormais la simple formation d’un gouvernement. Elle concerne la trajectoire stratégique d’Haïti dans un monde de plus en plus tendu.

Car, un pouvoir soutenu par Washington qui entrerait progressivement en conflit avec Washington ouvrirait une période d’incertitude diplomatique majeure pour le pays.

Dans la géopolitique contemporaine, les alliances ne sont jamais permanentes. Elles reposent sur la confiance, les intérêts et les signaux politiques envoyés par ceux qui gouvernent.

Aujourd’hui, ces signaux sont scrutés avec attention.

Et leur accumulation pourrait conduire Haïti vers un refroidissement spectaculaire avec son partenaire international le plus influent.

Dans un pays déjà fragilisé par l’instabilité, une telle rupture ne serait pas seulement diplomatique.

Elle pourrait redessiner l’équilibre politique, économique et sécuritaire du pays pour les années à venir.

BOUKAN NEWS

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