Pour mieux comprendre les élections américaines de mi-mandat

NOTE : À quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis, Boukan news et le Professeur Esau Jean-Baptiste, un passionné des élections présidentielles des États-Unis, auteur de trois livres et plus d’une centaine d’articles sur ce sujet, présentateur de plusieurs séances de formation dans les Universités d’État (UEH) et privées d’Haïti, analyste les temps forts et se proposent de publier quatre textes sur le scrutin du 8 novembre.  L’objectif est de permettre aux lecteurs et lectrices de mieux comprendre :  Le rôle des élections aux États-Unis, C’est quoi le mi-mandat ? Pour qui votent les électeurs ce 8 novembre 2022 ? Qui a actuellement la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants américain ?  Quel est donc l’enjeu de ces élections pour l’administration de Joe Biden en particulier, et sur la vie politique américaine en général ? Qui va gagner ? Quelles seront les conséquences pour les prochaines élections présidentielles américaines de 2024 ?

Pour mieux comprendre les élections américaines de mi-mandat

Esau Jean-Baptiste

New York, USA, 10/02/2022 – Élections remplissent de nombreuses fonctions importantes dans la société américaine. Elles socialisent, institutionnalisent l’activité politique, et surtout rendent possible l’inclusion de beaucoup de citoyens à des postes politiques de grandes décisions.

Le processus électoral permet l’arrivée au pouvoir sans pour autant passer par le bouillonnant à travers des manifestations, des émeutes, ou des révolutions.  Parce que les élections offrent, à travers le renouvellement d’un calendrier électoral, un accès régulier au pouvoir politique ou les dirigeants peuvent être remplacés l’un ou l’autre sans pour autant être renversé de force.

 Ces dirigeants sont en mesure de le faire parce que l’élection a une légitimité à leurs yeux aussi bien qu’à celle du peuple américain. De ce fait, l’élection est universellement reconnue et acceptée comme étant la seule méthode juste et libre de choisir les dirigeants politiques aux États-Unis.

 Bref, l’élection est un événement fédérateur et une célébration collective de la démocratie. A travers leur conclusion et toute une série de manifestations, elle offre un spectacle élaboré rempli de rituels culturels de toute une société.

Si au nom de la démocratie, l’organisation internationale et régionale respectivement : l’ONU et l’OEA ont toujours le dernier mot dans un processus électoral dans certains pays d’Afrique et de l’Amérique Latine, particulièrement Haïti, aux États-Unis, les choses se font différemment.

Bill Clinton (photo:Variety)

Par exemple, lors de la crise électorale des élections présidentielles de novembre 2000 opposant les candidats George W. Bush et Al Gore, Bill Clinton qui était le président sortant d’alors, il n’avait pas fait appel à l’OEA pour venir retrancher sur les résultats des élections comme cela se faisait dans certains pays des régions précitées.

C’est la preuve que la démocratie américaine est non seulement stable, mais aussi qu’ elle n’est pas influençable par quelconque grandes puissances occidentales et organisations internationales ou régionales.

Tel a été aussi le cas lors des dernières élections présidentielles de 2020.  Cette crise électorale des élections présidentielles de novembre 2020 opposant les candidats Donald Trump et Joe Biden, le président sortant quoique dans de très mauvaise position pour gagner le scrutin, il n’avait pas fait appel à l’OEA qui était à quelques mètres à la Maison-Blanche, pour venir retrancher sur les résultats du scrutin, comme cela se faisait en Haïti pendant les dix dernières années.

N’empêche, comme un rappel, du pays de donneur de leçon démocratique, il est important de souligner qu’après sa défaite, Donald Trump avait refusé de faire le discours de concession. « Les discours donnés par le candidat malheureux au soir de la défaite soulignent la nécessité d’une transition pacifique du pouvoir. Une rhétorique d’apaisement à laquelle Donald Trump nous a peu habitués. »

Le discours de concession est la formule d’élégance et de civilité que fait publiquement un candidat perdant à ses supporteurs pour reconnaître sa défaite tout en appelant en privé l’adversaire pour le féliciter pour sa victoire.  Et à la rigueur, de lui faire part de sa disponibilité, le cas échéant, de travailler avec lui dans l’intérêt du pays.

Dans un discours de concession, le candidat perdant peut toujours exprimer son insatisfaction par rapport au résultat pour lequel lui et son équipe avaient travaillé si dur. Le candidat, tout en félicitant son adversaire, peut toujours rappeler à ses supporteurs que les valeurs et la vision de son parti restent, dans bien des cas, différentes de son adversaire ou du président élu.

De plus, comme il n’est pas toujours facile de digérer une défaite électorale, le candidat, dans son discours de concession, peut aussi exprimer sa déception à des millions de sympathisants qui ont investi leurs espoirs, leurs rêves et leurs efforts dans l’idée de le porter ou le reconduire à la présidence.

Tout en faisant le grand dépassement, le candidat peut toujours faire le rappel à ses supporteurs que les quelques mois de campagne n’ont pas été une affaire personnelle ou d’élection seulement, mais de préférence, une question de pays pour un lendemain meilleur plein d’espoir et inclusif pour tous.

Comme chaque élection a son aspect particulier, donc, lors d’un discours de concession, à côté des crises économiques et des disparités sociales qui peuvent être considérées comme étant des points à ne pas négliger, le candidat peut aussi exprimer un discours conciliant pour calmer les discordes qui souvent divisent la nation.

Puisque la démocratie traditionnelle et constitutionnelle consacre le transfert pacifique du pouvoir entre les compétiteurs, le candidat perdant peut aussi mentionner qu’il ne respecte pas seulement le résultat, mais qu’il chérit également cette grande tradition qui fait la fierté de la démocratie américaine.  Puisque, cette méthode de transfert de pouvoir pacifique consacre : « la primauté du droit, le principe que nous sommes tous égaux en droits et en dignité, la liberté de culte et d’expression. »

John Maccain

De 1980 à 2016, les suivants sont les candidats malheureux qui avaient fait leurs discours de concession aux présidents élus.  Pour reconnaître la victoire de Ronald Reagan, Jimmy Carter avait fait son discours de concession. Dukakis l’avait fait à George Bush (père), et ce dernier à Bill Clinton, Al Gore à George Bush, fils, John Kerry à George Bush fils, John McCain à Barack Obama, Mitt Romney aussi à Obama, et le tout dernier discours de concession était celui de la candidate démocrate Hillary Clinton à Donald Trump en 2016.

Mais au soir du 3 novembre 2020, comme savait le faire tout candidat perdant, le président sortant avait refusé de faire son discours de concession et du même coup assuré le soutien de son administration durant le processus de transition de pouvoir à la nouvelle équipe.

« La démocratie exige la participation citoyenne, non seulement durant les élections, mais tout le temps. Ainsi, face à cette exigence, il est du devoir de tout en chacun de continuer à faire avancer les causes et les valeurs qui sont chères aux normes démocratiques ; de sorte que le pays puisse connaître la stabilité, un essor économique continu, pas seulement pour un petit groupe, mais pour tous ceux et celles qui sont toujours empêchés dans leurs réalisations de leurs rêves par des barrières de toutes sortes imposées par le statu quo. » Mais par ce comportement antidémocratique, le 45e président américain avait créé un incident regrettable au processus de transition du pouvoir exécutif entre son administration et celle à venir.  Et le plus important sur l’avenir de la démocratie aux États-Unis est considéré comme l’instance planétaire d’homologation démocratique.

Comme aux États-Unis, les institutions sont fortes, le président sortant n’avait pas pu influencer l’organisme électoral ni le résultat du vote, voire empêcher la rentrée en fonction du président élu du parti démocrate, en l’occurrence Joe Biden.

Depuis cet incident malheureux qui a taché l’histoire politique d’un long parcours de la démocratie américaine, aucune grande élection n’avait pu lors, organiser.   Celle du 8 novembre sera la toute première.  Vu que ces élections sont d’une importance capitale dans l’exercice du programme politique du chef de l’exécutif, comment sont les sondages ?  Donneraient-ils favori au parti opposé au président ou au chef de l’exécutif ?

Mais, pour une meilleure compréhension de toutes ses questions, il serait bon de faire l’historicité des élections de mi-mandat dont son histoire remonte à plus d’un siècle.

Prof. Esau Jean-Baptiste

Photo: Wikipedia

One comment

  1. Vous venez tout juste de me faire perdre mon temps:Le professeur n’a rien dit concernant les enjeux de l’election de mi-mandat, il a tout juste raconte ce que tout le monde savait deja. Ca, ce n’est du tout pas serieux. J’ai vu ce type de “PRANK” dans les nouvelles “vlennbendeng social media”.

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