Plus d’un million de gourdes par mois à Frantz Elbé, pourquoi faire ?

Pennsylvanie, USA, 04/25/2023 – Le directeur de la Police Nationale d’Haïti, Mr Frantz Elbé, n’est pas n’importe qui. Il se la coule douce sur l’arrière de la république. Il est heureux avec : 250.000 gourdes pour une seconde résidence, 97.000 gourdes comme salaire officiel, 15.000 sur une carte de débit, 25.000 gourdes pour le téléphone, 100.000 gourdes pour les frais de déplacement international, 25.000 gourdes pour chaque tournée locale, sans oublier de l’existence d’une caisse d’urgence et multiple d’autres frais. Il y a aussi le montant alloué au service d’intelligence interne de la PNH qui se chiffre à environ 3500.00 dollars américains par mois. Cette dernière somme avait été, pendant des décennies, exposée à la perfidie des directeurs généraux, qu’en est-il aujourd’hui ? L’un des anciens directeurs généraux utilisait cet argent pour s’acheter de la loyauté des directeurs départementaux en les gratifiant d’une partie de l’argent de l’intelligence. D’autres plus avares, s’en appropriaient tout le montant à eux seuls, ceux-là furent les plus impopulaires dans l’histoire de cette institution.
Cependant, Il faut être raisonnable par rapport à l’importance de cette noble fonction. Mr Elbé est le plus haut-gradé de la force publique nationale (l’armée est une entité jusque-là symbolique). Il a la lourde responsabilité d’assurer la sécurité des 14 millions d’Haïtiens qui vivent ou transitent sur le territoire. C’est normal qu’il soit doté de toutes les béquilles logistiques, humaines et financières nécessaires afin de s’acquitter de sa tâche avec succès.
Le problème commence à partir du moment où l’institution que dirige Mr. Elbé, la Police Nationale d’Haïti, ne remplit plus sa mission. Aujourd’hui, on ne parle plus de la faiblesse de la PNH ou de son incompétence à sécuriser le pays…c’est l’éclipse totale. On dirait que l’institution sécuritaire a cessé d’exister sous son commandement. Et, de façon sans vergogne, le directeur général de la PNH, oubliant sa mission de protéger et de servir, il se contente uniquement de jouir des ressources financières et autres largesses mensuelles que fournit l’institution.
Jamais, à aucun moment de l’histoire d’Haïti, le peuple haïtien n’a été si exposé dans sa vie, ses biens et de sa famille comme il l’est aujourd’hui.
Le pire, il n’y a pas d’initiatives, pas de plans sécuritaires, pas d’actions dignes de ce nom…En gros, la PNH s’enlise dans un mutisme qui est synonyme de la mort. Des officiers de police sont régulièrement abattus dans les rues de Port-au-Prince comme des chiens anonymes, parfois poursuivis par des bandits connus qui ne sont pas timides de revendiquer leurs forfaits.
Le 12 mars 2021, sous le gouvernement de Jovenel Moise, « Izo 5 sekond », ainsi connu, exécutait 6 agents de la force publique et s’emparait de leurs corps pour ne plus les remettre à leurs parents pour qu’ils soient inhumés comme Héros tombés sur le champ de bataille. Leurs noms resteront gravés à jamais dans la mémoire collective, je veux parler de : Stanley Eugène, Ariel Poulard, Georges Renoit, Georges Vivender Alexis, Wislet Désilus et Lucdor Pierre.
Le 13 septembre 2022, dans la localité de Laboule, 3 policiers furent tués par le nommé « Timakak ». Ils répondaient aux noms de : Rolny Destiné, Abdias et Patrick Octa. Il avait récupéré leurs armes et séquestré leurs cadavres. Le 9 de ce mois d’avril, ce même chef de gang tuait 3 autres policiers, il s’agissait de : Robenson Nicolas, Médaise Fortilien et Paul Junior Dorcé.
Entretemps, il semblerait que ce bandit, répondant au nom de « Timakak », qui compliquait la vie des habitants de la hauteur de Kenscoff ait été succombé des blessures reçues au cours des échanges de tirs avec la force publique.
Le 25 janvier 2023, dans le département de l’Artibonite, le groupe criminel « Gran Grif » rééditait le même exploit, en assassinant les 6 policiers suivants : Kether Louis, Mackès Badin, Donaldson Innocent, Norabert Aurélus, James Junior Félix et Camille Pierre.
Après ce constat d’échec, est-il insolent de demander des comptes au directeur de la seule force publique nationale, en l’occurrence Mr Frantz Elbé. Car, le pays va mal, très mal, trop mal !
Additionnellement, il faut considérer un autre aspect fondamental de l’insécurité qui expose la souveraineté nationale à l’accaparement. Le pouvoir politique. Je veux parler du premier ministre Ariel Henry, il est le plus haut responsable actuel de l’État. Ne devrait-il pas constater l’échec de Mr Elbé et procéder automatiquement à sa révocation et son remplacement. Le fait de ne pas agir confirme ce que beaucoup d’observateurs pensent, que le premier ministre est aussi incompétent. Pourtant, pour la survie et la maturité de l’institution policière, ces genres de laxisme ne devraient être guère tolérés. Cela explique l’épais mutisme mentionné plus haut !
Nul n’est besoin d’être un spécialiste en matière de sécurité publique pour comprendre qu’il faut des mesures spectaculaires et profondes pour renverser le climat d’insécurité qui prévaut dans le pays. Et ceci, pas n’importe quelle mesure !
L’état d’urgence est nécessaire à Port-au-Prince et certaines localités du département de l’Artibonite. La PNH devrait être dotée d’un plus pouvoir beaucoup plus étendu pendant un laps de temps afin de légalement s’étoffer pour faire face à l’imminence du danger. La ville de Port-au-Prince requiert une période de couvre-feu interdisant la circulation des civils dans la ville afin de s’attaquer aux gangs tout en minimisant les dommages collatéraux. Comme je le disais, il y a pénurie d’initiatives. Ce qui invite à s’interroger sur l’existence de la volonté politique réelle du premier ministre à porter le combat contre l’insécurité comme l’unique priorité temporaire du gouvernement.
Rien n’est possible sans l’implication d’un leadership compétent. Ce que, jusqu’à présent et malheureusement, Mr Frantz Elbé ne garantit pas, en dépit de son salaire faramineux.
Joel Leon





