Petite Note à Monsieur Léon Charles, Directeur Général de la Police Nationale!

Par Wilfrid Suprena

Petite Note à Monsieur Léon Charles
Directeur Général de la Police Nationale

Monsieur le Directeur,

Ce n’était pas nécessaire d’offrir ce spectacle désolant et morbide après les échauffourées du vendredi 5 février 2021 qui ont occasionné la mort de cinq de vos subalternes ( 4 policiers administratifs et 1 autre de l’unité Swat) selon vos dires..

Monsieur, pourquoi le casque militaire? Pourquoi revêtir l’uniforme du guerrier en campagne militaire? Pourquoi le haut commandement de la police était il obligé de se ranger derrière vous dans un point de presse pour éclairer et informer la population sur une situation volatile de police urbaine..? Pourquoi?

J’espère que ce n’était pas dans le but d’intimider une fois de plus cette population aux abois qui crie au Chômage, au vol ( Petro caribe), aux invasions des gangs armés et aux séquestrations pour rançon. Des dizaines au quotidien…

Tiens, Tiens! Je revois la photo d’un dirigeant politique Haitien en l’année de grâce 1967 au mois de Juin au Fort Dimanche, casqué comme vous le fûtes ce vendredi, le haut commandement de l’armée Haïtienne derrière lui, son enfant de 15 ans à côté de lui, passant des ordres à des frères d’armes pour exécuter leurs pairs…Mémoire, archives. Cauchemar..
53 ans plus tard. On en est encore là. Au service de la bêtise et l’ignominie!

Même état d’esprit, monsieur, avec le dictateur d’alors le fait par vous d’ établir, en pareilles cisconstances, un distinguo entre le Swat tombé en éxécutant des ordres et ses frères d’armes dans les rues pour protester contre une situation générale de crise tous azimuts affectant tout le corps social, dont la police nationale..

Dussé-je vous rappeler, Monsieur, que le Membre de L’unité Swat et les quatre policiers, selon vous, membres du groupe des policiers revendicatifs de Fantoms 509, victimes de cette instabilité socio politique pour assouvir les intérêts de clans mafieux soudés et avides du pouvoir, sont issus de la matrice populaire…Ils ont décidé d’intégrer le métier des armes pour en faire une profession dans l’objectif d’aider et servir leur pays

Ce sont des fils de paysans et paysannes, d’ouvriers et ouvrières, de marchands et marchandes. De part et d’autre ce sont des parents, pères et mères, épouses et enfants qui vont subir le poids de ces disparitions soudaines..

Vos regrets et lamentations devaient se se répandre à tous et non à un groupe spécifique. C’est l’état haitien qui a perdu des cadres qu’il a financièrement et techniquement formés. Et c’est la société haïtienne qui a perdu des enfants et des citoyens..

Le directeur général d’une institution qui se respecte se devait de rechercher les vraies causes des anomalies de fonctionnement ayant émergé en son sein et en apporter des solutions viables et durables à la satisfaction de la société en général et la police elle même..

Votre prestation, monsieur le directeur, dans la soirée du vendredi a endommagé les relations déjà ténues entre la hiérarchie et la base de l’institution. Pis entre les différentes unités du Corps.

La confiance entre elles pour travailler ensemble pour la protection et la sécurité de la population est gravement hypothéquée…

On aurait bien aimé, monsieur le directeur, que vous affichiez la même fougue, le même enthousiasme, la même énergie, la même célérité, le même acharnement dans vos visées- si vous êtes sincère- à combattre les crimes organisés dans notre pays, les vols des cols bleus ( Petro caribe) Les séquestres, les viols. Etccc…

Que les dirigeants de nos institutions exhibent un tantinet de commisération pour leurs subalternes et le peuple qu’ils ont juré de servir et qu’ils se montrent à la hauteur des tâches à accomplir à eux dévolues!

Que les dieux tutélaires protègent notre nation!

Salutations Haïtiennes.

Wilfrid Supréna..

One comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *