Pas si vite en besogne, messieurs les Cagoulards!
«Kò Gaya Chache Maladi” (Pwovèb Peyzan)»
“ Mwen soti lavil Jakmèl, Mwen pwale Lavale”
“Annarivan m kalfou Bainet, Panama m Tonbe”
“ Panama m Tonbe, Panama m Tonbe”
“ Sa ki dèyè, Ranmase l pou mwen” ( Mereng Tradisyonèl Aysyen).

Pour le bonheur de Daniel Santos…
Soyons sérieux, Messieurs en un tournemain, comme ça, on s’autoproclame et on veut se faire passer comme un «révolutionnaire» et ses amis et associés alliés dans le crime, le vol, les viols, les rapines, les séquestrations pour rançon, les incendies de pâtés de maisons habitées par des ouvriers, des démunis, des déplacés et des estropiés, financés, habillés, armés et blanchis aux frais de l’état comme une «force révolutionnaire»!
Tiens! Tiens! C’est assez intéressant! Des “Révolutionnaires” encagoulés dans un pays dépendant? De qui ou de quoi ont-ils peur, ces justiciers dans un pays totalement délabré, absolument méconnaissable? Pourquoi cachez-vous les visages? Un problème d’identification se pose…Qui se cache derrière les cagoules?
Des cagoules en noir, on en a connu dans le pays? Des cagoulards, on les appelait après 1957. C’était des troupes de choc, des escadrons de la mort diligentés par un pouvoir qui se disait “ Révolutionnaire” et commandé par un satrape qui se prenait très au sérieux et qui se croyait lui aussi un «Révolutionnaire». Clément Barbot. Tous au service de ce médecin de campagne qui jurait de toutes ses forces qu’il “ était un leader révolutionnaire” au même titre que Lénine, Mao, Kemal. Qui encore? N’avait-il pas cru bon de citer les noms de Hitler et Mussolini?
Mais ces “ révolutionnaires ” d’un autre âge ont parlé d’un «Himalaya de cadavres» dans ce territoire conquis au prix du sang de commerçants qu’ils ont ruinés, d’opposants politiques qu’ils ont pourchassés et fusillés, d’étudiants qu’ils ont emprisonnés et réduits au silence, des professionnels et syndicalistes á qui ils ont indiqué Manu militari la porte de sortie de leur pays pour ne plus y revenir…
Pour ce médecin devenu président et qui se faisait passer pour le champion des «Classes moyennes» , la Révolution c’était ça…
⁃ La mise à mort des mulâtres et des militaires avec un peu de sens de l’honneur qui n’entendaient pas courber l’échine,
⁃ La refonte des lois cardinales du pays autant de fois qu’il le voulait pour assouvir ses phantasmes absolutistes du pouvoir politique,
⁃ La récréation d’un nouveau symbole d’identité et de représentation nationales à l’instar de deux vrais héros d’antan (Dessalines et Christophe) qu’il voulait dans sa mégalomanie émuler…
⁃ La distillation de cette psychose de peur qui a empoisonné l’âme haïtienne et détruit le tissu social unitaire très fragile dès le début et qui a renvoyé aux calendes grecques toute velléité de bâtir un projet national inclusif…
Et c’était ça qu’on a affublé pendant 29 longues années de propagande inlassable et démoniaque de Révolution Politique ( 1957-1971) d’une part et de Révolution Économique ( 1976-1986) d’autre part..
Et en termes d’accomplissements de ces deux Révolutions on a eu droit à quoi? La réparation de quelques routes principales et secondaires, quelques lycées ( trois, pas plus) secondaires aux environs de Port-au-Prince, quelques hôpitaux ici et là, un aéroport de quatrième classe, la destruction du cheptel porcin Haïtien, un libéralisme économique débridé et mortifère… mais et á la fin d’un règne politique sans partage la promotion du “ Créole” comme l’une des langues nationales..de notre pays. Ouffff.
Ah, Karl Marx, ce sacré juif allemand qui a parlé de “ tragédie” quand certains faits socio historiques se produisent pour la première fois et de “ Comédie” quand ils se répètent une seconde fois ou ad nauseam…sur le même lieu avec les mêmes individus de générations différentes mais avec les mêmes intérêts et les mêmes motivations. On serait tenté de dire qu’il a parfaitement raison en visionnant ces derniers jours ce spectacle de “ révolutionnaires” forts en gueule et prêts à partir en guerre contre leurs ombres, leurs sosies, les mêmes victimes bi séculaires de rapports sociaux d’exploitation et d’un certain ordre économique marginalisant et appauvrissant.
Comble de malheur! Je dirais de bonheur pour l’humanité, Karl Marx, encore lui, a fait cette assertion qui s’est révélée prémonitoire dans nombre de formations sociales transversales, entrelacées avec des modes de production juxtaposés, s’entrechoquant: “ Les Révolutions sont les locomotives de l’histoire”…
Dans le cas de notre pays… Une locomotive est prête à partir ayant comme destination le bonheur et le progrès du peuple tout entier.
Mais elle ne portera pas dans ses wagons les prétendants révolutionnaires, les kidnappeurs, les criminels, les tueurs à gage au service d’intérêts anti populaires et anti nationaux, les spécialistes des coups bas politiques, les caudillos à la Jeannis Mérizier en mode de reniement et de vente de leur conviction bancale aux plus offrants…
Haïti survivra sans les cagoules, les cagoulards, les cagoulés et les charognards…
Wilfrid Supréna




