NOTICE NÉCROLOGIQUE : Le Conseil Supérieur de l’Institution-Septentrional

Boukan news, 10/23/2023 – La mort impitoyable et aveugle frappe autour de nous à coups redoublés. Il y a seulement quelques jours, les fleurs que nous avions déposées sur le cercueil d’un(e) autre inconditionnel (le) de Septent, sont à peine fanées, qu’il nous faut aujourd’hui adresser un suprême adieu à Lunie Joseph, notre Miss Feu-Vert de 1967 et Miss 20ème de 1968.
Toute une époque au Cap-Haïtien de ces années-là où sept (7) jeunes demoiselles, les unes plus pétillantes de grâce et de beauté que les autres, postulaient le titre de Miss Vacances 1967. Tous les quartiers de la ville étaient représentés : AnbaRavi’n et ses alentours par Guylène Douyon, le Champ de Mars et ses proximités par Mimose Morency, La Petite Guinée par Lunie Joseph, La Fossette par Carole Piquion, Le Carénage par Viviane Durand et le Bas de la Ville par Marie May Sterlin et Évelyne Lecorps. Ces étoiles, brillantes et inaccessibles à la fois, illuminaient la baie du Cap-Haitien. Chacune d’elles méritait à-qui-mieux-mieux le titre de Miss Vacances que le jury circonstancié de ce grand jour attribuait à Mimose Morency … Mais aux yeux de tous, dans cette ville, ce n’était qu’un prêté pour un rendu puisque la spontanéité des acclamations allait, tout de go, à Lunie de qui l’orateur du jour, Me Claude Vixamar, disait : de son prénom, il suffit d’enlever la lettre i et on a la lune … Qu’elle était belle notre Miss Feu Vert 67, notre Reine 20ème 68 et notre Invitée d’honneur du 40ème en 1988, à la fois attirante et presque inatteignable !
Souvenirs de ces deux samedis mémorables du 2 septembre 1967 et du 27 juillet 1968 où sortaient des notes harmonieuses des trompettes de Ti Jacques piston, de Frédo et de Ti Jérar ; où les saxophones de Maestro, de Ti Jacques alto, de Chòchò et de Douz roucoulaient comme les violons et les violoncelles d’un orchestre symphonique ; où Papou tirait de sa guitare des accords parfaits ; où les doigts de Loulou Étienne tripotaient les touches de son piano acoustique ; où les baguettes de Tengué chatouillaient les batteries et les cymbales et où enfin, les Tambours d’ Arthur et la Basse de BòsRenm rythmaient la cadence de Feu de Septent ; et où tout l’orchestre Septentrional syncopait à l’unisson avec les voix de Roger Colas, de Michel Tassy et de Jean-Claude Édouard, pour saluer l’entrée sur la piste du Feu Vert de la Reine Lunie et de sa suite.
Lunie Joseph, née au Cap-Haïtien le 7 janvier 1948, des œuvres légitimes de l’artisan mécanicien bien connu de la Rue 15 I, Volvick Joseph alias Mimi et d’Yvonne St-Vil Noël, a vécu un certain temps, dans son âge adulte, aux États-Unis où elle a fort longtemps travaillé pour l’Agence de Placement Main Power… Arrivée à un tournant de sa vie, elle décida, et rien ni personne ne pouvait la détourner de cette idée, de retourner dans son pays ; on la retrouva, au cours du premier mandat du président René G. Préval, comme conseillère au Palais National ; à ce titre, ou en tant que fille de la cité capoise, elle participa, le mercredi 9 septembre 1998, à la cérémonie de remise de décoration « Ordre National – Honneur et Mérite – Grade de Grand-Croix, Plaque Argent » à l’orchestre Septentrional pour son Cinquantième (50ème) Anniversaire ; puis, elle revint définitivement au Cap-Haïtien, dans sa maison familiale de la Rue 13-N, à la Petite Guinée. C’est là, qu’elle a passé la première comme la dernière tranche de sa vie, entourée de l’affection de ses proches, jusqu’au 8 octobre 2023, où une crise d’hyperglycémie a eu raison d’elle. Ainsi s’est déroulé le passage de vie sur terre de cette belle âme.
Mme Lunie Joseph qui n’a laissé ni enfant, ni foyer conjugal, était la puînée d’une fratrie de sept (7) : Marie-Renée(dcd), Garry, Serge(dcd), Gervais, Claude(dcd) et Marjorie.
Le protocole des services funéraires était confié aux Entreprises Mme Édouard Joseph et les funérailles de la défunte, munies des sacrements de l’Église Baptiste, chantées le samedi 21 octobre 2023, dans la Nécropole du Parc du Repos à Morne-Rouge.
En cette funèbre circonstance, les Conseillers Supérieurs de l’Institution-Septentrional, s’approprièrent ces mots de l’Évêque d’Église et Membre de l’Académie Française, Jacques Bénigne Bossuet : « Ô mort, éloigne-toi de notre pensée et laisse-nous tromper, pour un peu de temps, la violence de notre douleur par le souvenir de notre joie ».
C’est imprégné de cette perspective indicible que les membres du Conseil Supérieur de l’Institution-Septentrional : Rochenel Ménélas, Pierre Paul Joachim, Dr Harry Prophète, Me Wilfrid Suprena, Louis A. Mercier, Dr Berne Paul et le septentologue Wilfrid Tony Hyppolite, qui avaient presque tous participé à ces inoubliables moments de la vie de Lunie Joseph, viennent s’incliner devant sa dépouille.
Puissent ces réminiscences, comme un mystère joyeux, se distiller dans le cœur de ses parents, amis et admirateurs pour en apaiser la douleur causée par ce départ.
Va en paix Lunie ! À la porte du Ciel t’attendent Maestro et toute son Équipe -Septent de ces années-là, comme ils t’avaient accueillie ces soirées-là au Feu-Vert Night-Club !
Pour le Conseil Supérieur,
Louis A. Mercier, Chargé des Relations Publiques





