Myrlande Manigat, quelle Déception
New York, USA, 04/24/2023 – Depuis l’échec électoral de 2010 et la mort de son mari en 2014, la veuve était toujours en réserve de la République. Une République dirigée par des coquins.
Toujours en style de réserviste pour un poste dans un État en mauvais état, certaines fois elle faisait des interventions dans des stations de radio de la capitale. Question de mieux se positionner face à des jeunes loups qui sont toujours dans l’opposition pour des positions politiques et des privilèges économiques.
Entre-temps, héritière du parti politique de son mari, en tant que secrétaire générale, occasionnellement, elle entreprenait des activités sur un terrain miné par des emmerdeurs politiques qui sont maîtres dans l’art de déstabilisation.
Très avancée en âge, et pour bien d’autres raisons, tout en étant en réserve de la République, elle avait, en douceur, fait la passation de son poste de secrétaire général à quelqu’un qui, définitivement, n’était pas un héritier de la grande famille qui a pour mission de rassembler des gens.
Puis, le temps passe. Et rien ne passe pour la réserviste. Sinon que son âge qui augmente et son énergie qui diminue pour finalement ne plus se considérer comme la plus robuste des réservistes dans un environnement politique très piégé.
Dans l’intervalle, beaucoup d’eau a coulé sur le pont du grand pont de « pon gongon » de la politique. Au point que le chef d’État du régime de bandits légaux était assassiné en sa résidence privée par d’autres bandits, définitivement plus bandits que les légaux et illégaux combinés.
Avec cette disparition inattendue et tragique du chef de l’État, nombreux sont ceux qui pensaient que c’était l’occasion, définitivement, la dernière, pour quelqu’un qui, patiemment, attendait depuis longtemps ?
Mais dans le panorama politique haïtien, les choses se font tout autrement. Donc, de tractations en tractations politiques pour remplacer le président assassiné, la vieille professeure ne faisait pas partie de la liste de soumis de la communauté internationale.
Mais pourquoi pas celle qu’on avait volé les résultats des élections de novembre 2010 et de mars 2011 ? N’était-elle pas l’occasion de se faire récompenser pour leur présidence volée en faveur du chanteur dévergondé.
Mais, ce n’était pas aussi simple. Par leur ingérence, celui qui finançait concevoir les choses autrement. Question pour dire que selon le Core Group, le médecin était un meilleur candidat pour continuer le projet macabre de déstabilisation.
Ce dernier, comme lors du coup de force de 1991 où un ancien candidat malheureux aux élections 1990 était, par la force des choses, devenu un premier ministre sans un président à leur tête en tant que chef du pouvoir exécutif, cette fois, c’était au tour du médecin d’en avoir le même type de plein pouvoir pour pouvoir ne rien réaliser de concret pour le pays sinon que de signer des accords.
Mais, de juillet 2021 date à laquelle il rentrait à la Primature à fin décembre 2022, plus de dix-huit mois après, comme un grand incapable, le vieux tournait en rond autour des problèmes du pays. Même le quotidien, il était incapable de le gérer. Mais pour gagner du temps, bien entendu avec l’aide de l’international dans son plan de gouverner par le chaos, le chef de la Primature essayait tout, sauf un projet sérieux pour le pays.
Il signait des accords qui désaccordent beaucoup plus la République. Il demandait l’intervention des bottes étrangères dans le pays. Et avec des cas de kidnapping, des viols, des tueries spectaculaires, en un mot, du problème d’insécurité généralisée, le vieux se révélait vraiment incapable. En un mot, il est dépassé par les événements.
Entre-temps, l’autre, étant toujours sur le blanc de touche, elle attend. L’appel viendra inévitablement, pensait-elle. Elle se mettait à l’idée que le vieux ne peut pas gouverner sans ses conseils, sans ses suggestions. Effectivement, le vieux avait besoin de la vieille, mais pas pour régler quoique ce soit pour le pays.
Mais, mieux vaut tard que jamais. Car du rêve rêvé d’un rêveur-réserviste, finalement l’heure avait sonné pour celle qui était en réserve de la République depuis plus de dix ans.
Pour pérenniser son pouvoir politique en mauvais état, dans une percée qui n’est pas du tout Louverturienne, mais de préférence un rassemblement de gens qui ne sont pas des démocrates, voire des nationaux, le vieux a opté pour une vieille. Une vieille de la vieille école politique. « Finalman, papa rive ba nou manman ».
Ainsi, la réserviste avait retrouvé l’équipe des hommes de main dans leur haine de l’âme méchante pour continuer dans des sentiers obscurs et ténébreux du crime, à savoir : faire couler du sang dans les quartiers populaires. En se faisant c’est, définitivement, approuvé un accord qui est mal accordé dans l’accordéon d’un dictateur qui tente de jouer un rôle de démocrate dans une démocratie sans des démocrates et des institutions.
De toute façon, elle n’est pas la première. Et, elle ne sera pas non plus la toute dernière. Il y en a d’autres qui sont encore en réserve. Et c’est ça le politicien traditionnel haïtien, un primitif spécimen à humaniser et illuminer.
Cette espèce de Conzés, dans leur besoin urgent d’arriver au pouvoir à tout prix, ne se fait pas une idée des risques et des conséquences négatives qui peuvent, malheureusement, en découler pour le pays.
En fin de compte, négocie son honneur familial et idéologie politique à tout prix, dans un pays où les gangs armés imposent leurs propres lois de gouvernance machiavélique à toute une population, c’est danser politiquement dans une ambiance de tête-à-tête une longue musique de boléro avec des récalcitrants de mauvaises odeurs, des criminels notoires qui sont prêts à tout, y compris répéter de multiple d’autres massacres dans tout le pays.
Car, « il vaut mieux être spectateur du cirque, que d’en faire partie. Quand un clown ou un bouffon entre dans un Palais, il ne devient pas Roi : Le Palais devient un cirque », disait l’autre.
Prof. Esau Jean-Baptiste





