Mr. Le PM, l’exécution des bandits ne suffit pas !

Pennsylvania, USA, 08/04/2022 – Au rythme des événements sanglants qui marquent le quotidien d’Haïti, ceux qui sont directement responsables de cette réalité démentielle doivent périr. Les chefs de gangs ont atteint un point de non-retour. Il n’y a plus de rédemption pour eux. Ils sont tristement devenus célèbres à partir des crimes révoltants commis avec une fréquence régulière, ils doivent partir. Sauf, s’ils décident de se rendre à la justice haïtienne, qui de son côté ne reconnait pas la peine de mort. Cependant !
Le gangstérisme, dans sa prolifération excessive, est le résultat de plus de 200 ans de politique publique ostracisant envers la majorité nationale en faveur d’une minorité « Zwit ». Donc, des individus comme : « Izo, lanmò 100 jou, Barbecue, Tilapli… », prennent naissance à partir de l’échec des élites politiques, économiques et sociales qui a créé un vide sépulcral. Ces jeunes, qui ne savent pas mieux, tentent de le combler par la violence pécuniaire, à savoir le kidnapping, le racket, le mercenariat…pour survivre dans cette jungle.
Des informations précises laissent croire que le gouvernement attend l’arrivée complète des engins de la mort, commandés de l’extérieur pour anéantir les gangs. Et que cette décision est le résultat d’une injonction internationale imposée à Ariel Henry qui, en la circonstance, promet de résoudre le phénomène de l’insécurité. Comme quoi, le PM avait besoin d’un blanc au cul pour le convaincre de mettre fin à la barbarie des criminels. Ainsi, des armes de guerre de calibres terrifiants, des munitions, des « Ti Magalie » …arrivent incessamment pour débuter cette opération de grande envergure.
Il n’y a pas de doute que la force publique ne prendra pas trop de temps pour mettre fin au règne infestant des gangs. Cependant, faudrait-il pas adresser ce phénomène dans toute sa dimension, une fois pour toutes ?
A savoir, prendre des dispositions à long terme pour réduire considérablement la criante inégalité sociale dans le pays, à savoir qu’une dizaine de familles contrôle toutes les richesses nationales. En appliquant les grands principes de la bonne gouvernance, via de l’adoption d’une série de mesures qui modifient la culture politique et administrative nationale. Par exemple, promouvoir « La culture d’exécution et du résultat », « L’égalité de chances et la promotion de l’excellence », « L’élimination du sinécurisme », « Un système éducatif branché vers le futur » …
A court terme, la disparition précipitée des gangs va créer une vacuité, que l’État haïtien doit s’empresser de boucher. Sinon, après quelques mois d’accalmie, l’épiphénomène de l’insécurité va refaire surface et ceci avec plus de force. Ainsi, il est recommandé à l’État haïtien d’élaborer un plan de sauvetage pour les quartiers profondément touchés par cette décennie de turbulence meurtrière.
Il faut que le PM Ariel Henry mobilise d’énormes ressources financières et techniques, avec la participation d’autres secteurs de la vie nationale pour intervenir rapidement. Subséquemment, les ministères des Affaires Sociales et de l’Education Nationale doivent être au premier rang pour distribuer de l’eau potable, de la nourriture, des vêtements, des jouets, des ustensiles de cuisine, des matériels scolaires…dans ces zones marginalisées. Il faut penser à construire des écoles professionnelles et classiques afin de donner d’autres options aux jeunes que le gangstérisme, une façon de faire renaître l’espoir.
L’Ecole Nationale des Arts et Métier-ENARTS peut jouer un rôle important aussi en initiant les jeunes à la « musique, les arts plastiques, la danse et le théâtre ». La misère, aussi paradoxale que cela puisse paraître, est parfois un facteur de transfert de statut social. Car, la privation en tant que principale source du romantisme, peut aider à développer les talents cachés chez les fils et filles du peuple. Il est clair que les zones exhérédées sont peuplées de talents. Il y a des génies qui somnolent à l’intérieur de chaque personne, faut-il bien les réveiller pour embellir l’image internationale du pays tout en faisant plaisir aux âmes haïtiennes.
Les églises, elles aussi, à travers leur mission sociale et sacerdotale, doivent être présentes dans ces zones pour aider. En allégeant la vie des fils et filles de Dieu par des actes d’amour, en prodiguant des soins sanitaires, donner à manger/vêtir/éduquer…Les Organisations Gouvernementales-ONG, peuvent profiter de l’après-gang pour redorer leur blason dans le pays, en se faisant remarquer sur le terrain accompagnant les victimes de cette dernière décennie ou les gangs faisaient la loi.
Les enfants et les adultes auront besoin d’assistance psychologique et psychiatrique. Après toutes ces années vécues sous le crépitement quotidien des balles vomies par des armes automatiques. C’est normal qu’ils perdent touche avec la normalité. Les spécialistes dans ce domaine doivent se mettre au diapason pour faciliter la transition de la réalité infernale des gangs à une certaine paix sociale et intérieure. Spécifiquement, les enfants qui ont pris naissance à partir de 2010, après le tremblement de terre, puis c’était la guerre des gangs, juste après. Ils méritent d’être traités mentalement !
L’argent de la diaspora perçue à travers les $1.50 et les frais sur les appels téléphoniques depuis l’année 2010 qui, jusqu’à présent personne n’a de rapports sur son utilisation. Le gouvernement doit mettre ces millions de dollars au profit des zones fortement bouleversées par l’insécurité créée par les chefs de guerre.
Joel Leon





