Message aux frères et sœurs de la diaspora: du courage!

Pennsylvanie, USA, 12/03/2022 – D’abord, les sœurs et frères haïtiens qui vivent à l’étranger sont des héros à leur propre façon. Ils maintiennent le flambeau de la culture haïtienne présente en terre étrangère avec tant de consistance, que cela étonne tout le monde. Les Américains n’arrivent pas à comprendre cet attachement à un pays si pauvre. Le transfert annuel de près de 5 milliards de dollars vers Haïti est la manifestation d’un amour patriotique et familial inestimable. Les visites touristiques fréquentes en terre natale, en dépit du crépitement permanent des balles et le risque de se faire kidnapper témoignent d’une affection profonde. Être haïtien dépasse les limites d’un passeport étranger. C’est l’irréversible sentiment qui est en soi qu’aucun chagrin ne peut isoler, voire tuer. On est haïtien seulement une fois !
Ce patriotisme profond qui fait rêver d’un pays extraordinaire, conformément à la grandeur de son histoire parfois, fait perdre du contact avec la réalité. Les réactions de nos frères et sœurs évoluant en dehors du terroir, par rapport aux événements politiques qui se déroulent en Haïti, le démontrent clairement.
La construction d’une nation fière et qui inspire prend du temps à compléter. Rome n’a pas été construite en une nuit, les États-Unis non plus. Cet engouement de voir changer le pays confond beaucoup de compatriotes en diaspora. Chaque processus de changement a toujours eu un coût, spécialement humain, parfois très lourd.
Le jour le plus sanglant dans l’histoire des États-Unis arriva un jour de 17 septembre 1862, soit 160 ans de cela. Ce fut une bataille pas comme toutes les autres, elle fut sanglante et terrifiante. Au cours de laquelle 23.000 personnes furent victimes : 3.650 tuées, 17.300 blessées et 1770 portées disparues ou capturées. Tout ce dégât humain avait eu lieu en un seul jour, à Antietam, dans l’État de Maryland, durant la grande guerre civile américaine de 4 ans, 1861-1865.
J’ai évoqué cet épisode historique triste pour dire que le processus de « Nation Building » fut, est et sera toujours un couronnement et une mémoire douloureuse. Haïti n’a pas échappé à cette logique téméraire. Aujourd’hui encore, le combat se poursuit !
Haïti vit actuellement l’un des plus grands moments de son histoire post assassinat de l’empereur Jean Jacques Dessalines en 1806. Cette date marque le rejet du projet dessalinien « Tout homme est un homme », et le début du système ostracisant (en cours dans le pays depuis lors) que les jeunes du pays combattent aujourd’hui avec un rare courage.
Sœurs et frères de la diaspora, le pays dont vous rêvez quotidiennement de voir ne va pas naître sans « kase lezo ». Il y aura de grandes turbulences, des morts gratuites, des casses non nécessaires, des envolées inutiles…mais tout cela fait partie de la logique de l’établissement d’une nouvelle Haïti pour tous, c’est-à-dire le retour forcé à l’idéal dessalinien.
Je comprends vos gémissements et impatiences face à la perpétuation du sous-développement et de la gangstérisation du pays. Entretemps, il y a des groupuscules illégitimes et impopulaires qui bénéficient de la précarité du peuple et qui contrôlent les institutions de la république. Ces personnes qui appartiennent à cette catégorie ne vont pas abandonner leurs abondants privilèges ; ils vont résister et tenter jusqu’au dernier souffle de maintenir le système d’ostracisme. Donc, les victimes du système n’ont plus d’autres choix que de se battre.
De nos jours, le combat est pacifique ; il est ponctué de manifestations populaires, d’émeutes et de poches de révolte. À l’avenir, si les tenants du système ne se résonnent pas, ce sera la guerre totale. Désormais, en constatant le degré de putréfaction de l’existence en Haïti, nous ne sommes plus loin !
Ce que vous voyez à travers les réseaux sociaux qui sont le quotidien des habitants du pays, aussi intimidants et affreux qu’ils soient, ne représentent rien de ce qui peut arriver demain ou après. Parce qu’aucun peuple ne mérite de vivre dans cet état misérable et sous la menace assassine des groupes armés. C’est ce qui explique cette instabilité chronique où qu’aucun président ne soit en mesure de terminer un mandat constitutionnel.
Comme je ne cesse de le signaler depuis des années, les chefs d’État haïtiens s’engagent dans une compétition malsaine, laquelle consiste à causer beaucoup plus de torts au pays, tout en favorisant l’enrichissement d’un petit groupe.
Les jeunes et les adultes, ils en ont marre. Ils veulent d’un autre pays. Et rien ne peut les arrêter d’avoir le modèle d’Haïti qu’ils souhaitent. Ils représentent l’avenir. Haïti est à eux ; et, ils sont conscients de cette mission historique qu’ils n’abandonnent jamais. Cela prendra le temps qu’il faut. Ils finiront par gagner !
Joel Leon
Photo: PRESSENZA






Hayti étonnera le monde à nouveau sous peu.
VIV GOUVÈNMAN DEPATMANTAL!
Mesi pou bel atik sa mwen rete kwe nap tounen fe pale de nou pozitif anko✅✅✅
Le salut est pour bientot. Nous sommes descendus dans la cale. Nous ne pouvons que remonter.
En nou Sove Lone Haiti!