MÉLANCOLIE

Ô Ayiti terre de feu et de mystère !
Quand reverrai-je ton doux visage ?
Quand donc mon sacré bout de terre
Contemplerai-je ton paysage ?
Dans ta mer d’azur d’une grâce inouïe,
Quand pourrai-je encore virevolter ?
Étourdi par ta majesté infinie
Je sombrerai devant tant de beauté
Je voudrais dans ton sein m’enfuir
Contre ta douce chaleur maternelle
Quand pourrai-je enfin me blottir ?
Quand me feras-tu danser ta ritournelle ?
Quand reverrai-je ton beau ciel,
S’étalant sur les petits toits en tôle,
Tes sites qui rendent démentiel ?
À quand mes ivresses folles ?
Qui peut te remplacer ma douce Alma ?
Tes multiples collines enchevêtrées ?
Par quoi remplacer ton panorama,
Aux haies d’hibiscus colorés ?
Ô chère Ayiti, écrin d’ivoire
Doux recoin où l’on aime se pelotonner,
Pour s’évader et oublier ses déboires
Quand irai-je ton suc butiner ?
Hélas mon pauvre cher petit pays !
Tes fils t’ont rendu inhospitalier
Ils t’ont lacéré de coups et trahi
Tes enfants sont tes propres geôliers
Ducasse Alcin





