MÉLANCOLIE 

MÉLANCOLIE 

Alcin Ducasse

Ô Ayiti terre de feu et de mystère !

Quand reverrai-je ton doux visage ?

Quand donc mon sacré bout de terre

Contemplerai-je ton paysage ?

 

Dans ta mer d’azur d’une grâce inouïe,

Quand pourrai-je encore virevolter ?

Étourdi par ta majesté infinie

Je sombrerai devant tant de beauté

 

Je voudrais dans ton sein m’enfuir

Contre ta douce chaleur maternelle

Quand pourrai-je enfin me blottir ?

Quand me feras-tu danser ta ritournelle ?

 

Quand reverrai-je ton beau ciel,

S’étalant sur les petits toits en tôle,

Tes sites qui rendent démentiel ?

À quand mes ivresses folles ?

 

Qui peut te remplacer ma douce Alma ?

Tes multiples collines enchevêtrées ?

Par quoi remplacer ton panorama,

Aux haies d’hibiscus colorés ?

 

Ô chère Ayiti, écrin d’ivoire

Doux recoin où l’on aime se pelotonner,

Pour s’évader et oublier ses déboires

Quand irai-je ton suc butiner ?

 

Hélas mon pauvre cher petit pays !

Tes fils t’ont rendu inhospitalier

Ils t’ont lacéré de coups et trahi

Tes enfants sont tes propres geôliers

 

Ducasse Alcin

 

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