Malgré la banqueroute politique et économique d’Haïti, aucun haut fonctionnaire n’a démissionné.
Boukan News, 05/12/2025 – Autrefois, il était courant que des hauts responsables gouvernementaux d’Haïti démissionnent de leur poste pour permettre la sortie d’une impasse politique ou économique. À cette époque, le sens de la responsabilité était fortement présent dans le pays. Depuis l’année 2011, cette pratique semble s’être raréfiée, laissant place à d’autres rives où des valeurs telles que la honte et la dignité demeurent encore prédominantes.
Il est pertinent de se demander pourquoi aucun responsable haïtien n’a démissionné, sauf sous la menace des armes des bandits, comme cela a été le cas pour Ariel Henry, ou sous la pression internationale. Bien que la situation soit extrêmement grave et que des dérives soient observées à tous les niveaux du pouvoir, ils ne choisissent pas de démissionner, même pour préserver leur propre honneur.
Il y a une forme de solidarité coquine dans le mal qui bat son plein au plus haut niveau de l’état. La police ne cesse d’abandonner des territoires que les bandits récupèrent rapidement, aucun chef de la PNH n’a démissionné en tirant les conclusions de son incapacité et se dégagent. Le secrétaire à la sécurité publique, Mr Mario Andresol, investie au poste à coups de trompettes et de tambours, n’est plus visible audible.
Le Premier ministre, Monsieur Didier Fils-Aimé, annonce chaque semaine des mesures contre les gangs, tandis que les groupes criminels continuent de s’étendre sur davantage de territoires. Il est toujours en fonction à la Primature. Le Commissaire du Gouvernement, Monsieur Jean Muscadin, utilise certaines méthodes controversées mais a tenu ses promesses ces dernières années. Il a établi une barricade que les gangs n’ont pas tenté de franchir, malgré les invitations répétées pour tester sa défense. Les gangs se regroupent à Gressier, mais restent éloignés de son département où il s’efforce d’empêcher toute tentative d’établissement de criminels dans la zone.
Les trois conseillers présidentiels impliqués dans le scandale de la Banque Nationale de Crédit occupent toujours leurs postes. Le conseil présidentiel, dans son ensemble, n’a pas réussi à rétablir la sécurité dans le pays pour permettre l’organisation des élections générales. Tous les neuf membres conservent leurs fonctions malgré des preuves montrant leur inefficacité dans la lutte contre les gangs. Ils restent en fonction et continuent d’exercer leurs responsabilités dans un espace réduit à une plate main. « Gang yo ba CPT a Bout Teren ».
Le Premier ministre et ses ministres parcourent le pays en hélicoptère pour présenter des promesses fallacieuses, mais ils évitent de traverser la route nationale #2 en direction du sud du territoire. En effet, cette zone est sous l’influence de chefs de gangs puissants qui contrôlent la partie sud de la capitale. Par conséquent, la sécurité de ces déplacements pourrait être compromise. En un langage simple, les membres du CPT, du gouvernement, de la Police nationale et des Forces Armées d’Haïti plient leurs queues sous leur ventre !
Des compatriotes Haïtiens se demandent pourquoi les autorités de facto de l’état ne démissionnent pas en bloc en constatant leur incompétence à sortir le pays sous l’emprise des gangs. Non, ils ne partiront probablement pas. La situation de détresse des personnes vivant sous des abris de fortune dans plusieurs quartiers de la capitale leur est économiquement avantageuse. Ils accumulent des fonds importants au sein de leurs ministères respectifs. En conséquence, ils n’ont pas de raison de quitter leurs postes, surtout « dans un pays où l’on perd le droit d’avoir honte ».
La notion de démission semble devenue obsolète parmi les dirigeants haïtiens. Ils semblent moins motivés par le désir d’obtenir des résultats positifs pour la population que par l’intérêt personnel. Face à une telle situation, il devient difficile de considérer ces individus qui dirigent l’appareil étatique comme des citoyens pleinement responsables. Ce sont des énergumènes qui saisissent les institutions de la république par la ruse et s’en servent à des fins personnelles et groupusculaires. De ce fait, ils sont des apatrides !
Boukan News







Haïti est une vache à lait famélique que l’on succe jusqu’au sang. Même à sec, elle attire encore les parasites du pouvoir, qui préfèrent la voir crever que de lâcher le pis. Le pays est en ruine — preuve que la mangeoire, même vide, suffit à nourrir les appétits.