Maître Joseph Mécène Jean Louis, est-il le bon choix ?
Par Joel Leon
J’hésitais un peu à intervenir sur ce sujet, mais le souci de dire la vérité m’empêche de garder le silence. La conception derrière le choix et l’installation d’un président provisoire issu de la Cour de Cassation était de renforcer le combat contre la dictature en donnant un visage au mouvement. Il semble que le choix de l’honorable juge, Joseph Mécène, n’a pas répondu à l’attente de l’ensemble des acteurs engagés de l’opposition, de la société civile et de la population en général.
D’abord, les conditions du choix du juge Joseph Mécène Jean Louis
Dans la nuit du 7 au 8 février 2021, un coup de force a eu lieu en Haïti. D’après des informations concordantes, André Michel et Youri Latortue, furent les deux fers de lance de cette action. Me Joseph Mécène a vu un groupe d’hommes débarqués à son domicile à une heure tardive du matin. Ils le firent comprendre qu’il a été choisi pour diriger le gouvernement provisoire. Puis, on a procédé à sa prestation de serment.
Cet acte a révolté plusieurs dirigeants politiques et sociaux, mais pour sauver le climat unitaire précaire qui existe au sein de l’opposition, ils se taisent !
Il y avait un consensus autour de Mme Wendell Coq. Des informations venues de diverses sources font croire que plus de 80% des personnes impliquées se mettaient d’accord autour de la seule femme-juge de la Cour de Cassation. La rectitude et l’ honnêteté étaient les deux critères à la base du choix de la Juge.
Madame Coq jouit d’un antécédent historique daté de l’année 1990. Il s’agit Madame Ertha Pascal Trouillot. Elle fut aussi juge de la Cour de Cassation. Elle accéda au pouvoir après la fin de la ribambelle soldatesque du général Prosper Avril. Ertha Trouillot a réussi le risqué pari de réaliser la seule série d’élections qui furent unanimement acceptées comme honnêtes et crédibles dans toute l’histoire d’Haïti. De ce fait, cela a permis, en 2021, de dégager un large consensus autour de Mme Coq.
Joseph Mécène Jean Louis est malade
Le plus gros handicap de l’honorable juge Mécène, c’est qu’il est souffrant. Il ne jouit plus d’une bonne santé, et ceci depuis des années. Il oublie trop facilement. Bref, il souffre d’Alzheimer.
On rapporte que jusqu’à présent, il se plaint du fait que Me Dorval Montferrier n’est plus venu le voir.Tout cela, en dépit du fait qu’il avait entendu la nouvelle à la radio et était mis au courant de l’assassinat crapuleux de l’avocat, de façon plus formelle, par ses collègues de la Cour de Cassation et ses amis de la basoche.
Définitivement, Joseph Mécène, en dépit de son passé honorable de juge et de professeur, n’est pas capable d’assumer cette haute fonction. D’ailleurs les deux prestations (via les médias) du maître n’ont convaincu personne. En raison de son âge frisant la démence sénile, il n’est pas à la hauteur de cette grande espérance populaire.
Ceux qui ont fait le choix de Me Joseph Mécène Jean Louis, n’étaient-ils pas au courant de cette situation? Cette question ne cesse de revenir. Oui, ils étaient en connaissance de l’état sanitaire du juge. Tout simplement, l’égoïsme politique avait primé sur le bon sens. Des rumeurs font état du rôle joué par un important homme d’affaires/politique aussi dans cette histoire, malheureusement nous n’arrivons pas à collecter des informations concordantes à ce sujet.
Revenons à Me Coq, celle que la majorité avait accepté. Comme souligné plus haut, elle semble être une femme verticale. Elle n’est pas facilement manipulable, une qualité que tout politicien redoute. Et facteur qui avait forcé certains grands acteurs de l’opposition à outrepasser ce qu’exige la décence pour imposer, d’une main forte, Me Mécène à la présidence de la transition. Stratégie politique qui coûte cher à la poursuite du combat contre la dictature de Jovenel Moise.
L’idée de nommer quelqu’un pour mener la transition, le 7 février 2021, était de donner un visage humain et politique au mouvement démocratique et populaire. Automatiquement après avoir rendu le choix public, la personne devrait agir comme le président intégral et légitime du pays. En posant des actes appropriés dignes d’un chef d’État en situation de crise, en attendant sa prestation officielle et constitutionnelle.
Et comme accessoires, un nouveau gouvernement devrait être établi et commencer par agir diplomatiquement pour obtenir une certaine reconnaissance sur le plan international. Un mandat d’emmener devrait être décerné à l’encontre du président illégitime, Jovenel Moïse, pour usurpation abusive de titres officiels émanant de la sécurité nationale.
Me Mécène brille par son absence. On ne sent pas le poids d’un président provisoire nouvellement élu. Le président est en mode silence. Il n’exerce aucun leadership sur la population, à défaut du pouvoir politique. On se demande où est passé le président? Il n’est plus visible ni à la radio ni à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Il n’est nulle part.
D’ailleurs, les deux chétives prestations de Me Mécène ne comportent en soi rien de présidentiel. Le coup de force a fait plus de mal et de tort à la lutte que de bien. Heureusement, le secteur protestant a pris le relais.
Même ceux qui concoctaient le coup de force n’ont jamais parlé de Mécène. Ce pion a été déplacé juste pour empêcher à Mme Coq de prendre fonction comme président provisoire. La motivation était purement politicienne. Le secteur protestant, qui est lui aussi victime des cas de kidnapping, de la brutalité policière, du pillage des ressources de l’État, etc. a décidé, accompagné de la société civile, de reprendre le combat pour sauver la démocratie chancelante d’Haïti.
Maintenant, que faire ?
Ceux qui, par mégarde, avaient parachuté Le Juge Mécène Jean Louis à la présidence provisoire dans les conditions douteuses que nous savons tous, doivent admettre leur infraction, et remettre la pendule à l’heure. Qu’ils demandent officiellement au maître de désister de l’appel de l’opposition. Ainsi, la juge Wendell Coq, conformément au consensus politique trouvé, assumera les rênes du pouvoir, en attendant sa prestation officielle. On n’a plus de temps à perdre. Le pays se meurt. Le peuple ne peut plus attendre!






“Tout simplement, l’égoïsme politique avait primé sur le bon sens”.
C’est bien la racine de tous les problèmes que le peuple Haïtien confrontent depuis des années!!!
BRAVO Mr Léon.
On peut prendre l’odeur mauséabonde de cette soit-disant opposition et le pouvoir en place. Quelle honte!