Lettre ouverte du citoyen Patrick Moise au President dominicain, Mr Luis Abinader

 

Madrid -Espagne 14 novembre 2021

Son Excellence Monsieur Luis Rodolfo Abinader Corona

Président de la République dominicaine :

 

De notre plus grand respect et considération pour la patrie de Duarte, Sánchez et Mella, ce pays où j’ai fait mes études et aussi la terre de ma fille:

Le peuple dominicain et ses dirigeants ont pleinement le droit de défendre leur souveraineté nationale, c’est aussi leur droit et devoir de faire de leur pays un territoire digne d’une grande république. Je n’ai rien contre un tel état d’esprit et ni de votre pratique migratoire. Toutefois, j’ai une demande en tant que citoyen haïtien intégral, celle d’appliquer une immigration humanitaire et une diplomatie d’urgence face à l’inquiétante situation d’Haïti.

Sachant, que la république d’Haïti a subi plusieurs tremblements de terre en une courte période. Celui de 2010 qui avait dévasté la capitale, Port-au-Prince, et le dernier en date qui a eu lieu le 14 août 2021, soit 3 mois de cela. Chacun fait de massives destructions qui ont dévasté presque toutes les infrastructures: Routes, Ponts, aménagement terrestre…sans oublier de mentionner la démolition de plusieurs milliers de maisons. Jusqu’à présent, l’aide internationale ne reconstruit presque rien ou réparer les dommages causés par ces catastrophes naturelles. Quand des séismes de cette grande envergure frappe un pays, il faut s’attendre à des effets sociaux, économiques de grande importance.

A côté de l’effet nocif des catastrophes naturelles, il y a aussi la perpétuation d’une crise politique et institutionnelle sans précédent qui complique davantage le quotidien de chaque citoyen haïtien, en particulier les plus vulnérables de la société haïtienne.

De telles réalités ne pouvaient pas créer de graves impondérables, c’est ce qui arrive aujourd’hui ou des ressortissants haïtiens en situations d’extrêmes difficultés économiques et sociales Ils n’ont pas beaucoup d’options sinon de s’aventurer illégalement en traversant les postes des frontières dominicaines pour être à l’abri des criminels qui font la pluie et le beau temps en Haïti.

L’avalanche du pont de Texas, la croisade des Haïtiens dans les rues des pays d’Amérique du Sud, du Mexique, d’Amérique centrale et ailleurs…sont corollaires à la situation générale du pays.

Pour toutes ces raisons, M. le président Luis Abinader, je demande au gouvernement dominicain et autres dirigeants du pays de considérer le cas d’Haïti non pas comme un fardeau, mais comme une exception humanitaire.

En fait, ma demande est la suivante :

1-Ne pas expulser massivement les citoyens haïtiens qui sont déjà en République Dominicaine, au contraire ils doivent être traités et reconnus comme des réfugiés humanitaires.

2-Faire une Déclaration d’état d’urgence en ce sens et faire appel aux Nations-Unies et l’Organisation des Etats Américains (OEA-ONU) pour qu’elles prennent leurs responsabilités relatives aux dépenses pour chaque Haïtien qui se trouve en République Dominicaine. Exiger de ces deux organisations la prise en charge de ces réfugiés sur le plan de la sécurité sociale, sanitaire, logistique, emplois rémunérés…

3-Que le gouvernement dominicain déclare le gouvernement de facto Haïtien comme persona non grata et cesse toutes formes d’échanges avec eux, jusqu’au retour de la démocratie institutionnelle dans le pays. Tout doit suivre le cours normal d’un processus inclusif à travers des élections libres, honnêtes et démocratiques. Donc, Mr le président Abinader, votre pays doit se comporter en catalyseur d’un grand mouvement régional pour la promotion de la légitimité en Haïti.

4- Que l’ONU-ANUR-OIM assume la responsabilité de la situation haïtienne en République Dominicaine.

5- Que le gouvernement de l’actuel Président de la République Dominicaine suit les démarches avec une équipe de politiciens, diplomates, hommes d’affaires et industriels pour résoudre cette crise aiguë de déportation de femmes dans les hôpitaux, d’enfants, de jeunes, de personnes âgées handicapées déplacées d’Haïti.

6-Enfin, nous vous demandons, Mr le président Luis Abinader, de créer un comité d’urgence conjoint avec les Églises pour gérer la crise des citoyens haïtiens déplacés qui se réfugient en République dominicaine. Car, la déportation massive n’est pas la solution à long terme et définitive au profit des intérêts vitaux deux républiques qui partagent l’ile. Mr. Le président, une nation d’Haïti stable représente la plus grande garantie liée à la sécurité nationale de votre pays. Travaillons ensemble pour aider à la sortir de cette grave crise!

Conclusion: Il n’est pas humain d’expulser massivement des personnes qui font face à des problèmes humanitaires et sécuritaires dans les bras des groupes criminels qui commettent : enlèvements, vols à main armée, viols des filles et fillettes. Je lance aussi un appel aux universités dominicaines, a l’intelligentsia du pays, aux journalistes, hommes d’affaires…pour qu’ils portent un regard humain sur la situation des réfugiés Haïtiens. Comme le Pape François avait déclaré, « il faut prier et aider Haïti ».

Recevez Mr le président, Luis Abinader, notre salutation distinguée !

 

Patrick Moise

Citoyen haïtien

Madrid le 11 novembre 2021.

+34 612561241

CC a :

-Son Eminence : Révérend Mr  Nicolás de Jesús López Rodríguez

Cardinal de l’église catholique

-Prof. Fidel Ernesto Santana Mejía

Ancien député de l’Assemblée législative

-Dr. Ramón Martínez Portoreal

Ancien conseiller de l’OEA pour la République dominicaine

-Dr. Marino Vinicio (Vincho) Castillo

Président de la Force nationale de progrès FNP

– Dra. Emma Polanco Melo

Recteur de l’Université autonome de Saint-Domingue (UASD)

– Lic. Aurelio Henríquez

Président du Collège dominicain des journalistes (CDP)

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