LES VRAIES RAISONS DERRIÈRE L’ATTITUDE DE VA-T-EN-GUERRE DE POUTINE
Par Ducasse Alcin, journaliste/analyste
Pennsylvanai, USA – En dépit d’un branle-bas diplomatique sans précédent conduit par les États-Unis et ses alliés européens et malgré les nombreuses menaces brandies par les États membres de L’O.T.A.N, Poutine reste immuable comme une mule rétive. Il met le cap tout droit vers les préparatifs d’une éventuelle guerre avec l’Ukraine.
À moins qu’il soit un cinglé, on comprendrait mal que le président russe veuille plonger son pays, déjà estropié par des sanctions économiques sévères —subséquentes à l’annexion de la Crimée en 2014—–dans une telle aventure, s’il ne mesurait pas le pour et le contre. Aussi doit-on chercher à comprendre les vraies raisons derrière l’attitude belliciste de Vladimir Poutine.
Si je parle de vraies raisons, c’est qu’il peut y en avoir d’autres. Parmi elles, la plus répandue est le fait que l’Ukraine soit une ancienne République de L’U.R.S. S, sortie de la fédération en 1991, et que, par voie de conséquence, la Russie, digne héritière de l’empire communiste, déciderait de maintenir son influence tentaculaire sur elle.
Cette théorie quoique plausible n’est pas le seul élément du puzzle. Car l’Ukraine ne fait pas figure de singleton dans ce schéma. Il y a, en effet, une quinzaine d’anciennes Républiques à avoir été sous la coupe de L’U.R.S.S. À l’exception de la Géorgie contre laquelle la Russie s’est engagée dans un conflit en 2008, avec les autres elle maintient pourtant une certaine relation de détente. Il doit forcément y avoir d’autres causes explicatives.
L’enjeu économique.
Comme c’est d’ailleurs le cas pour la plupart d’autres guerres, le conflit russo-ukrainien a des motifs économiques sous-jacents. En effet, la Russie, en dépit de son vaste territoire s’étendant sur plus de 17 millions de kilomètres carrés, fait face à des obstacles géographiques majeurs. Cette énorme superficie constitue aussi son talon d’Achille, dans la mesure où le plus clair de ce territoire baigne dans des mers inhospitalières. En conséquence, pour pallier au problème, chaque année, la Russie déploie des moyens dispendieux pour briser les calottes de glace qui bloquent ses débouchées maritimes s’étalant plus vers les zones polaires.
L’unique solution pour les Russes serait la mer Baltique, plus chaude et donc plus accessible. Or, l’Ukraine leur fait écran. Étant le deuxième producteur de gaz naturel mondial, pour écouler ses produits gaziers, la Russie a été tout le temps obligé de négocier avec son voisin. Ainsi la construction d’un gazoduc important reliant les deux pays a été entreprise pour aboutir à l’Allemagne, le plus grand consommateur du gaz naturel russe.
Mais, jouant à la surenchère, l’Ukraine exigeait une taxe que la Russie jugeait trop exorbitante. Pour résoudre le problème, les Russes ont dû investir près 5 milliards de dollars dans la construction d’un pipeline souterrain couvrant une distance dépassant 1200 kilomètres, faisant la jonction entre son territoire à celui de l’Allemagne en 2005. Cela représente la première pomme de discorde dans les relations des deux pays.
La position géostratégique de l’Ukraine.
Il ne faut pas perdre de vue que l’Ukraine partage une frontière commune avec la Russie. Cet état de fait géographique fait que cette dernière veille toujours à ce que les dirigeants ukrainiens soient toujours des pro-russes. Or en 2014, un soulèvement populaire avait chassé du pouvoir Viktor Yanukovych, un président si dévoué à la Russie qu’il se comportait comme son vassal.
Son remplaçant n’est autre que ce jeune ancien comédien pro-occidental, en la personne de Volodymyr Zelensky. Sous les encouragements de l’Occident, dès qu’il accède au timon des affaires, président Zelensky a fait l’intégration de son pays dans L’O.T.A. N son cheval de bataille. Son objectif ? Prémunir l’Ukraine de l’influence écrasante de son grand voisin.
Le problème est que la Russie ne l’entend pas de cette oreille. On peut comprendre sa position, car cette organisation a été créée dans le but de combattre idéologiquement L’U.R.S.S. Et qui dit U.R.S.S dit nécessairement la Russie qui en est le dernier vestige de l’antagonisme EST/OUEST. Donc, pour Poutine, il est hors de question de laisser l’Ukraine avec laquelle son pays partage une bonne partie de ses frontières de rejoindre les rangs d’une organisation qui lui est hostile.
Voyant que les Ukrainiens ne souhaitent pas faire marche arrière, Poutine décide d’employer la dialectique de la guerre. Ainsi, selon les services d’intelligence américaine, la Russie aurait massé près 190 000 à 250 000 mille troupes sur les lisières de sa frontière avec l’Ukraine, prêtes à en faire une bouchée avec son armée—–Une guerre qui, si elle venait à être vraiment déclenchée, coûterait la vie à plus de 50 mille civils ukrainiens dans les mois qui suivent, selon les estimations de certains experts.
Dans une intervention faite à sa nation, le leader russe explique que si son pays s’engageait dans une guerre contre l’Ukraine, ce serait pour éviter une plus grande hécatombe à l’humanité : la troisième guerre mondiale. Car, d’après lui, l’O.T.A.N. ne nourrit qu’un objectif : déstabiliser la Russie et lui, Poutine, il ne compte guère se laisser faire.
Cela dit, la guerre serait-elle la meilleure formule pour désamorcer la crise? Non.
Mais, en même temps, il faut comprendre le jeu politique qui est en train de se développer devant nos yeux. Il s’agit d’un jeu d’influence macabre entre les deux superpuissances qui se sont partagées l’échiquier politique du monde : les États-Unis et la Russie. Tel que font les Russes, ainsi feraient les Américains placés dans les mêmes circonstances.
Certes, la Russie n’a aucune raison de vouloir s’en prendre à un petit pays qui n’a guère commis de provocation. Mais il faut reconnaître que ses détracteurs qui fustigent son comportement aujourd’hui ont, en maintes occasions, agi de la même manière dans leur rapport nord/sud avec le reste du monde. L’aura de sainteté que les États-Unis essayent de se créer dans cette crise n’est qu’une image d’Épinal. En effet, que de dirigeants de petits pays ont été soit assassinés soit renversés du pouvoir parce qu’ils ne voulaient tout simplement pas se plier aux exigences de l’Oncle Sam ! Et que de pays ont dû subir les affres de la guerre que les États-Unis leur ont imposée parce qu’ils souhaitaient garder leur droit à l’autodétermination !
Malheureusement, la position géographique de l’Ukraine fait qu’elle soit condamnée à subir les frondes de la Russie constamment. Mais, en réalité, à quelque autre endroit de la planète qu’elle pouvait se situer, elle subirait immanquablement l’influence d’une autre puissance, qu’elles aient été la France, l’Angleterre, l’Amérique ou autre. Le monde est ainsi fait.
Ducasse Alcin.






