Le Secrétaire-Général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), M. Luis Almagro, reçoit-il des pots de vin de Jovenel Moise ?

Le Secrétaire-Général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), M. Luis Almagro, reçoit-il des pots de vin de Jovenel Moise ?

Par Joël Léon

En 1992, l’Organisation des Etats Américains (OEA) mettait fin brusquement au service de M. Ramirez Ocampo, l’ancien ministre des Affaires étrangères de la Colombie. A côté des raisons officielles, il était aussi question que M. Ocampo nageait dans un bassin de corruption en Haïti. Il était question que le diplomate colombien recevait de l’argent des autorités de facto haïtiennes, de l’époque, pour produire des rapports qui ne reflétaient pas la réalité brutale dans laquelle évoluait la dissidence. De fortes pressions, venues des puissantes missions diplomatiques accréditées en Haïti, exigeaient le renvoi immédiat de ce diplomate corrompu.

L’organisation régionale, qui n’a jamais réalisé rien de grand et de bon dans l’hémisphère, avait reconnu sa nullité pour faire place à l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le 11 décembre 1992, M. Perez de Cuellar, secrétaire-général de cette dernière institution internationale, faisait choix de l’ancien ministre des Affaires Étrangères de l’Argentine, M. Dante Caputo, pour remplacer le diplomate déchu. L’ambassadeur Ocampo, un homme d’une très grande intégrité, que nous avions le privilège de conférer avec, en plusieurs occasions, sur la crise haïtienne de l’époque. Cette nouvelle nomination avait tout changé de l’interminable et improductive négociation qui n’en finissait pas.

Donc, la dernière sortie éhontée du président de facto Jovenel Moïse, qui réclamait sans aucune gêne de Luis Almagro, l’envoi des troupes étrangères pour le maintenir au pouvoir et du coup s’assurer d’une nouvelle occupation de son pays nous ramène aux évènements découlant du coup d’État du 30 septembre 1991. Oui, les déclarations de Moïse nous ravivent la mémoire, les pires souvenirs du temps de Ramirez Ocampo, quand les militaires au pouvoir réprimaient dans le sang toutes voix discordantes.

Les relations de l’actuel secrétaire-général de l’OEA, M. Luis Almagro, avec Jovenel Moïse sont questionnables. Sous la présidence du Monsieur, l’OEA se transforme en instrument diplomatique du PHTK. M. Almagro répète, comme un perroquet, les narratives liberticides du gouvernement de facto. L’OEA n’a jamais pris le temps nécessaire d’analyser la position de la dissidence regroupée au sein du “secteur démocratique et populaire”. Quelle que soit la situation et au sujet de toute discussion sur Haïti, il y a toujours une solution passe-partout : les élections. C’est un peu idiot aussi, lorsqu’on considère les élections de 1987, quant à la ruelle Vaillant, plusieurs citoyens furent exécutés par les sbires du régime militaire avec leurs bulletins de vote en mains. Et l’ancienne ambassadrice américaine en Haïti, Mme Pamela White, n’a-t-elle pas déclaré, en substance, tout récemment ( par devant le Congrès américain) que l’organisation des élections n’ont pas changé les choses en Haïti ?

Les leaders et intellectuels latino-américains ont presque toujours eu ce problème avec Haïti. Ils prennent à l’occasion fait et cause contre Haïti… ces ingrats. Aux congres de Panama de 1826, Simon Bolivar ne jugeait pas bon d’inviter Haïti, le « premier épitre nègre libre du monde ». Eux, qu’on venait juste d’aider à sortir du joug du colonialisme espagnol.

Heureusement pour notre pays, il existe des Eduardo Galeano, l’auteur du classique « Les veines Ouvertes de l’Amérique Latine », Gabriel Garcia Marquez, Adolfo Perez Esquivel, Pablo Neruda, Hugo Chavez, Ricardo Seitenfus, Candido Mendez…sans oublier, l’immortel Fidel Castro. Tous furent / sont des fidèles amis d’Haïti. Ils prenaient notre défense partout où ils se trouvaient. La cause haïtienne était un sacerdoce pour eux.

Luis Almagro se comporte comme un proconsul qui dicte sa vision sur Haïti. Son association avec le régime PHTK est ignoble. Certains diplomates sud-américains et caribéens critiquent en coulisses son obsession à supporter toutes les balivernes de Jovenel Moïse. Quand nous avons échangé avec un diplomate accrédité en Haïti, grand ami de notre pays, sur la possibilité que le secrétaire général de l’OEA perçoive des pots de vin du gouvernement de facto haïtien, il nous a répondu « Joël, tout est possible ». Cela dit beaucoup quand c’est l’expression d’un diplomate de carrière de sa trempe.

Almagro est un diplomate corrompu. Il a été expulsé de son propre parti, en Uruguay, pour acte anti-démocratique. Il n’est pas un démocrate convaincu, ce qui le disqualifie pour être le porteur de tout projet démocratique dans l’hémisphère. D’ailleurs, quoique la requête faite à l’OEA par le régime dictatorial de Jovenel Moïse soit endossée par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, les dirigeants de l’opposition peuvent contester sa crédibilité. Car, le comportement antérieur du diplomate uruguayen n’a rien de diffèrent d’un membre du PHTK, le parti au pouvoir en Haïti. Donc, il faut exiger son remplacement par un autre facilitateur crédible et sans parti-pris pour mener les négociations. Luis Almagro est juge et parti à la fois.

Parlant des diplomates corrompus, les gouvernements haïtiens ont une longue expérience avec ces types d’individus. François Duvalier prenait un malin plaisir à les acheter comme de petits pains, même certains agents de la CIA n’ont pas été épargnés. Donc, à chaque fois qu’un diplomate cesse de se comporter en tant que tel pour épouser publiquement une cause malsaine, très souvent il y a anguilles sous la roche.

Il faut toujours avoir en tête qu’Haïti, de 1804 à nos jours, est toujours sous un complot permanent !

Joël Léon

One comment

  1. Les Haitiens doivent faire de leur mieux pour barrer la route a l’OEA. A quelque prix que ce soit, l’OEA doit rester hors des affaires d’Haiti. Advienne que pourra, cette fois-ci, ce sont les Haitiens eux-memes qui trouveront des solutions ou le pays doit disparaitre comme il l’est deja

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