Le revers d’Ariel Henry aux Gonaïves, un événement qui révèle les limites systémiques de la Police Nationale d’Haïti-PNH !

Le revers d’Ariel Henry aux Gonaïves, une expérience qui dévoile les limites systémiques de la Police Nationale d’Haïti-PNH !

Par Joel Leon

Pennsylvania, USA – Le 1er janvier de chaque année, en dépit de toutes les convulsions irréconciliables, reste et demeure un jour sacré d’unité nationale. Un moment historique qui mérite d’être placé au-dessus de toute partisanerie ou mesquinerie. C’est un jour national de trêve. Quiconque s’engage dans des activités de division, devrait être passible de lourdes condamnations. Pour ainsi dire, toutes activités politiques, de nature à désunir la nation haïtienne, sont prohibées en ce jour.

Ainsi, le parlement haïtien, dans toute sa pleine et entière souveraineté, est appelé à légiférer en ce sens. Voter une loi qui interdit toutes sortes de manifestations à caractère politique et partisan sur toute l’étendue du territoire national aux dates suivantes, 1er et 2 janvier, 18 mai, 17 octobre et 18 novembre. Aussi, nous avons besoin d’une autre loi qui interdit à tout groupe, parti…politique d’utiliser le nom du fondateur de la nation, Jean-Jacques Dessalines. Car il est le symbole vivant et permanent de l’unité nationale qui ne rime pas à des activités politiques, dont la partisanerie est inévitable. Et pourquoi pas une nouvelle loi qui punit sévèrement tout appel a l’étranger de s’immiscer dans les affaires de la république d’Haïti. Il est temps que l’homme haïtien reprenne sa destinée entre ses propres mains.

En ce sens, le boycottage des activités du 1er janvier 2004 est un acte abominable qui ne doit jamais et au grand jamais se répéter une nouvelle fois pendant toute notre existence de peuple. Un jour pour Haïti. Un jour aux ancêtres ! Est-ce trop demander ?

Winter Etienne

L’appel de Winter Etienne de déclarer Ariel Henry « persona non grata » aux Gonaïves, le 1er janvier 2022, en dépit de tout ce qu’on peut reprocher au premier ministre de facto, est inacceptable. Toutefois, il faut ajouter aussi que le Dr. Ariel Henry, dans son inutile obsession et provocation a permis de découvrir la faiblesse grave des forces de la sécurité nationale du pays.

Pour décrire cette bévue sécuritaire, j’ai fait appel à un spécialiste en la matière qui, malheureusement, ne peut dévoiler son identité. Il est un ancien soldat des forces spéciales, qui après son départ de l’armée active, se spécialise en sécurité globale et rapprochée. Je lui ai envoyé les vidéos qu’étaient en ma possession, relatives à la débâcle du premier ministre Ariel Henry aux Gonaïves.

Après avoir visionné les vidéos, il m’appelait. La première question c’était au sujet de Winter Etienne, à savoir s’il n’est pas déjà en prison. A ma réponse, il s’était vivement indigné. Car, aux Etats-Unis, toute atteinte à la vie du président de la République est une offense fédérale, cela dit que la peine est énorme.

D’après son point de vue, il n’y avait pas un plan d’évacuation en place, et ceci en dépit des menaces directes de Winter Etienne contre la présence du premier ministre aux Gonaïves. Il m’a dit, tout en riant, « Joel, je n’ai jamais vu une chose pareille. Au cours de la retraite, le chef était devenu une cible extrêmement facile à tout ennemi rapproché se trouvant dans les parages. Sans mentionner la présence de snipers sur les lieux ». Pour lui, c’est un scandale. Selon son expertise, dans ce cas spécifique, le public serait demandé de rester au moins à mille mètres du centre des activités.

Au moment de l’évacuation, il m’a fait remarquer que les policiers ont tiré plus de cartouches que l’ennemi. Ils pourraient facilement s’entretuer, s’il y avait poursuite de la part des hommes de Winter Etienne. A un certain moment, les officiels et policiers s’étaient entre-mêlés dans une cacophonie, ce qui exprime un signe d’effroi généralisé. Ce qui constitue une grave erreur, car personne n’était vraiment en charge.

Pendant tout le retrait, totalement désorganisé, des civils circulaient presqu’au milieu du convoi d’évacuation. Il poursuit pour dire, que « les forces de sécurité ne pouvaient véritablement défendre Ariel Henry en cas d’attaques adverses ». Ils étaient tous armés d’armes longues qui sont très difficiles à manier effectivement, parce qu’ils étaient trop proches du premier ministre. En gros, les forces de sécurité étaient très loin d’assurer la sécurité du chef !

Cela aide à comprendre le comportement des policiers qui s’assuraient de la sécurité du président Jovenel Moïse, le juillet 2021. Ce dernier n’avait pas une seule chance de survie, en fonction de ce que le spécialiste m’a finalement aidé à comprendre. Donc, tout le système des forces de sécurité mérite d’être revu et totalement repensé. Dans le cas contraire, les gangs armés, qui se fourmillent à Port-au-Prince, atteindront un niveau de force si élevé, le plus audacieux d’entre eux saisira le pouvoir un jour.

Donc, chers lecteurs et lectrices, sans vouloir vous alarmer davantage, si les forces de sécurité ne peuvent pas protéger un poignet d’officiels, comment parviendront-elles à assurer la sécurité de toute une nation. SI rien n’est fait, et ceci dans un temps très court, l’expérience somalienne des années 1980, ne représentera rien devant la débandade qui va s’installer en Haïti.

Joel Leon

Photo/credit: www.analyseht.com

 

 

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