Le retour de Donald Trump et le futur de l’empire américain

Boukan News, 01/18/2025 – Les nouvelles ambitions expansionnistes des États-Unis au 21e siècle ont surpris de nombreux experts. Historiquement, ce pays a acquis des territoires comme la Louisiane de la France (1848), l’Alaska de la Russie (1867), Hawaï annexé via un coup d’état (1898) et par la guerre américano-mexicaine (1846-1848). Donald Trump, malgré sa réticence passée envers la guerre, souhaite annexer ou acheter le Canada et le Groenland, et prendre le contrôle du Canal de Panama. Il propose de renommer le Golfe du Mexique en « Golfe de l’Amérique » et envisage une taxe de 100 % sur les produits chinois. Son retour aux affaires est suivi de près par les pays européens. Il avait aussi suggéré qu’un investisseur achète Haïti.
Depuis la fin de la guerre mondiale, les conquêtes territoriales se font rares dans le monde. Après que les conquêtes d’Adolf Hitler ne durèrent que sept ans, de 1938 à 1945 ; celle de l’empereur Japonais, Hirohito, régna sur une grande partie de la Chine et de la région du Pacifique pendant seulement 13 ans, de 1932 à 1945 ; les rêves de Benito Mussolini de répéter les prouesses d’un empire romain en Afrique, dans les Balkans et au Moyen-Orient disparurent assez rapidement, soit 3 ans plus tard, de 1940 à 1943. L’influence soviétique en Europe de l’Est, sous Staline, s’est étendue de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la dissolution de l’URSS en 1991. En comparaison, les tentatives expansionnistes de Saddam Hussein ont mené à une guerre de huit ans avec l’Iran (1980-1988) et à une invasion ratée du Koweït en 1990, déjouée en sept mois par une coalition internationale.
Les institutions de Bretton Woods (1944), le Congrès de Yalta (1945) qui a divisé le monde en blocs, et la création des Nations Unies (1945) ont favorisé une période de paix relative et un système socio-économique capitaliste gérable malgré ses inégalités. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche pourrait mettre fin à cette paix durable, avec des conflits majeurs à prévoir.
Si les États-Unis adoptaient une position menaçante, cela pourrait entraîner la formation d’une alliance internationale pour les affronter. Les pays européens, asiatiques et autres pourraient s’unir dans une coalition militaire et diplomatique, incluant des alliés traditionnels de l’OTAN ainsi que des puissances émergentes comme la Chine et l’Inde, afin de préserver la souveraineté et la paix mondiale.
Les leçons du passé rappellent que des ambitions excessives et des actions unilatérales peuvent provoquer des réactions en chaîne qui mènent à des conflits dévastateurs. La montée en puissance d’alliances contrebalançantes pourrait non seulement isoler les États-Unis sur la scène internationale mais également affaiblir leur pouvoir économique par des sanctions coordonnées et des mesures commerciales restrictives. Ainsi, la question reste de savoir si une telle escalade vers la confrontation peut être évitée par des moyens diplomatiques et des initiatives multilatérales de désescalade.
Les stratèges internationaux se demandent pourquoi Donald Trump adopte des positions interventionnistes. Est-ce le début de la fin pour l’empire américain ?
L’histoire révèle que les empires émergent et disparaissent, exposant ainsi les limites inhérentes à toute domination humaine. Au fil des siècles, certains de ces empires ont contrôlé d’immenses territoires pendant de longues périodes. On pense notamment aux légions romaines, aux vastes frontières et aux grandes campagnes militaires. Toutefois, il est essentiel de se rappeler que toute forme de pouvoir demeure temporaire. Cet article examine le passé des cinq plus grands empires du monde, en mettant en lumière leurs influences et la portée de leur héritage.
L’Empire Pandya en Inde a duré de 500 avant J.C. à 1350 après J.C. Bien qu’il ait atteint son apogée à plusieurs reprises, il s’est terminé avec l’avènement de la dynastie Kalabhra, demeurant l’un des empires les plus durables de l’histoire.
L’Empire romain a duré environ 1 500 ans, de 27 av. J.-C. à 1453 apr. J.-C. L’Empire romain d’Occident a existé jusqu’en 476 apr. J.-C., tandis que l’Empire byzantin d’Orient a survécu jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. Cet empire influent a laissé une empreinte durable sur la culture européenne.
Le Saint-Empire romain germanique, bien qu’allemand, a existé de 962 à 1806. Charlemagne, le premier empereur, l’a associé à la papauté. Cet empire a eu une influence majeure en Europe jusqu’à sa dissolution par Napoléon.
La dynastie Zhou régna en Chine de 1046 à 256 avant notre ère, couvrant près de 800 ans. Durant cette période, elle développa l’équitation, les charrues à bœuf, l’irrigation et les arbalètes. Sa durée est attribuée au féodalisme, qui décentralisa le pouvoir vers les seigneurs et propriétaires fonciers.
L’empire éthiopien, actif de 1270 à 1974, a résisté aux invasions et s’est transformé en république. Aussi appelé empire abyssin, il était d’origine chrétienne.
En énumérant ces empires, j’ai voulu montrer que rien n’est permanent. Même les structures les plus imposantes finissent par s’effondrer à cause de changements internes plutôt qu’externes.
Les États-Unis connaissent une grande prospérité. CNN rapporte qu’avec 8,5 millions d’offres d’emploi et 6,5 millions de chômeurs, il y a actuellement plus d’emplois que de demandeurs d’emploi. Avant la pandémie, le ratio était de 0,6, signifiant plus de demandeurs que de postes disponibles.
Trump a promis de « rendre à l’Amérique sa grandeur », une déclaration qui suggère que le pays n’était pas dans une position aussi favorable auparavant. Il a également promis de lutter contre l’inflation qui affecte la classe moyenne, tout en augmentant les tarifs sur les principaux producteurs mondiaux qui ne se conforment pas à ses politiques. Le public a réagi avec enthousiasme. Cependant, il y a un internaute avisé qui a lancé une mise en garde : « Il oublie que les tarifs sont payés par les consommateurs, pas par les fournisseurs. Les prix sont fixés par l’OPEP et les sociétés gazières, pas par le gouvernement. Trump est lié aux entreprises. Le vote était motivé par la haine, l’ignorance et la peur, non par des questions comme les œufs ou le gaz. Leurs objectifs sont de rendre la vie de ceux qu’ils détestent plus difficile ou plus misérable. Ils veulent voir des déportations massives, des dénaturalisations, la fin du parcours vers la citoyenneté… Ils ne croient pas que la situation est mauvaise sous Biden, mais ils veulent boire le sang des migrants de couleur d’Afrique, des Caraïbes…Ils en ont assez de ce qu’on appelle le déplacement du lobe frontal…L’économie américaine affiche de solides performances avec un faible taux de chômage, des prix réduits sur les médicaments, un PIB atteignant des niveaux records, un marché boursier stable et une industrie manufacturière en croissance. »
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche crée du suspense, y compris parmi les alliés traditionnels des États-Unis et même certains de ses électeurs du 5 novembre 2024.
Joel Leon





