Le paradoxe de la politicaillerie Haïtienne

Pennsylvanie, USA, 01/14/2023 – A chaque saison, gouvernement et politique reviennent avec les mêmes bouillis dépourvus de saveurs et de vivres. Ils ne se lassent pas, au contraire ils sont plus motivés que jamais à accoucher d’autres bêtises.
La dernière en date est le fameux « Accord du 21 décembre 2022 ». On retrouve les mêmes signataires qui avaient paraphé « L’Accord du 11 septembre 2021 ». Ceux-là même, qui l’avaient déserté pour non-application après avoir à satiété dénoncé Ariel Henry comme dictateur et incompétent. Aujourd’hui en 2023, ils se recyclent de façon sans vergogne, dans la camaraderie et avec le même engouement de se tailler une place au soleil.
Trop d’appétits politiques à assouvir
Chers lecteurs et lectrices, gardez le calme ! La litanie dénonciatrice va recommencer automatiquement après la formation du nouveau gouvernement. Les perpétuels jobeurs, déçus et cocufiés, vont arpenter les studios des stations de radio pour transvaser leur venin sur Ariel Henry pour une énième fois. Car, l’exiguïté de l’appareil étatique ne peut absorber tous ces demandeurs d’emplois revêtus de costume de politicien. On aura toujours des désappointés qui ne sont pas assez patients pour attendre leur tour avant de se jeter dans les invectives coutumières contre le chef.
Le paradoxe, le premier ministre et la classe politique haïtienne, frappés de cécité intellectuelle, sont incapables d’innover et de se réinventer. C’est ainsi qu’ils débutent le nouvel an, encore avec du « bouyon rechofe », tout en entraînant dans son sillage une forte partie de l’international.
L’étranger fait feu de tout bois
Les missions diplomatiques accréditées en Haïti et parlementaires américains, de façon disparate, font des déclarations allant de l’approbation de l’Accord de Montana à celui du 21 décembre 2022. Donc, l’imbroglio se renforce, l’impasse s’élargit. Entretemps, le gaz se fait rare, les kidnappings se multiplient, l’inflation galope, les gangs s’accroissent et s’allongent…Du côté gouvernemental, les choses ne chôment pas non plus, ils sollicitent une invasion militaire pour se rétracter après, ils se complaisent dans l’immobilisme tout en jouissant les délices d’un pouvoir totalitaire. Voilà le quotidien du peuple haïtien !
Le Peuple Veut son Passeport
Quant aux vaillants peuples d’Haïti, temporairement ils abandonnent le combat national. De préférence, il prend d’assaut les parages de la « Direction Générale des Impôts-DGI » et de la « Direction de l’Immigration et de l’Emigration » pour tirer leur passeport. C’est ce qui est à la mode maintenant, la ruée vers les Etats-Unis. Le peuple veut son passeport, et ceci rapidement, sinon il mourra. Il faut vider Haïti de tous ses fils et de toutes ses filles pour les remplacer par qui, nul ne le sait. Mais volontiers, tous les habitants du pays s’enfuient. Ils veulent plus rester à l’intérieur de cet espace d’enfer où tout est manquant. Il faut aller quelque part où vivent encore des hommes et des femmes qui produisent, qui s’éduquent, qui se battent pour le futur de leur famille. Haïti a cessé d’être cette place depuis plusieurs décennies déjà.
Tour d’horizon de la pensée
La semaine dernière, j’ai dialogué avec un ami à propos de la situation d’Haïti. Après avoir attentivement écouté ma déconvenue sur le tour que prennent les choses en Haïti, il soupira longuement pour me cracher cette vérité au visage : « Pour que les choses soient aussi empirées dans un pays, il faut quelque part une certaine complicité du peuple ». Depuis lors, je ne cesse de m’interroger, comment qu’un peuple soit complice de son malheur ?
Haïti, ce coin de paradoxe, ne cesse de me surprendre à chaque fois. On n’arrivera jamais à complètement cerner le destin des peuples. Sinon, un pays qui avait si bien commencé devrait se trouver parmi les plus influents du monde. Un si grand peuple, peut-il s’enfermer dans la crasse et la complainte, qu’en est-il de son destin de faiseur d’histoire ?
L’infâme « Haut Conseil de Transition »
Pendant que toutes ces questions, naturellement sans réponse, continuent d’envahir les pensées, la politicaillerie haïtienne poursuit son petit bonhomme de chemin. Maintenant, en guise de solution durable à la crise, le gouvernement fomente un nouvel organe d’état, sarcastiquement appelé « Haut Conseil de Transition-HCT ». C’est ce qui manquait au pays, à partir de cette nouvelle création, les choses vont marcher mieux, telles que : la distribution de la gazoline dans les pompes, les prix grimpants des produits de base, la circulation des citoyens et biens dans le pays…c’est ce qui manquait, un autre office et un poignet de super citoyens. Madame Mirlande Manigat, la nouvelle « jwiferan » de la faune politique, joue à l’imbécile. Quelle ironie !
Le pire, il y a des citoyens lettrés qui prennent la défense de ces démarches stériles-mort-nées.
Pourquoi pas de vraies solutions ?
Pourquoi pas un plan économique basé sur la production nationale, en particulier des biens achetés de la République dominicaine. Considérant que cette dernière arrive à produire pour satisfaire leurs besoins et nous vendre pour des milliards de dollars annuellement. Le bon sens exige que les Haïtiens puissent produire aussi leurs citrons, œufs, légumes…Pourquoi on produit seulement des accords ?
Cette nouvelle année, comme à l’accoutumée, est mal partie. Les paradoxes se croisent et s’entrecroisent, cependant la réalité ne change pas et le décor est extrêmement déprimant. Pour répéter le groupe Zèklè, « Chimen zenglen se sa nou wè pou demen » !
Joel Leon






«Pourquoi on produit seulement des accords»? N’est-ce pas un plan macabre bien ficelé de l’establishment pour semer confusion et division, afin de perpétuer le système odieux et inhumain dans le pays? Le peuple haïtien n’est pas dupe.