Le gouvernement haïtien face à la crise humanitaire dans les camps de déplacés
BOUKAN NEWS, 08/11/2025 – Les conditions sanitaires déplorables dans les camps de personnes déplacées internes d’Haïti ne représentent rien de moins qu’une faillite morale de la part du gouvernement haïtien. Avec plus d’un million d’Haïtiens maintenant déplacés à l’intérieur du pays et 6 millions de personnes nécessitant une assistance humanitaire en 2025, la réponse du gouvernement a été caractérisée par une indifférence stupéfiante et une négligence criminelle envers ses citoyens les plus vulnérables.
Un gouvernement qui a abandonné son peuple
Les statistiques dressent un portrait accablant de l’échec gouvernemental. Les épidémies incluant la gale et l’impétigo chez les enfants, ainsi que la diarrhée endémique, les infections respiratoires et la tuberculose, ravagent les camps. Près de 277 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont 125 000 sévèrement malnutris, tandis que 5,4 millions de personnes font face à des conditions de crise alimentaire, avec 6 000 personnes à risque de famine catastrophique.
Le mépris calleux du gouvernement haïtien pour la dignité humaine est le plus évident dans son échec systématique à fournir les nécessités de base. Seulement 27% des hôpitaux restent pleinement opérationnels à l’échelle nationale, avec 42% des établissements de santé de la capitale fermés. Cet abandon délibéré de l’infrastructure sanitaire pendant que les gens souffrent de maladies évitables révèle un gouvernement qui a perdu toute autorité morale pour gouverner.
Ce qui rend cette crise particulièrement inadmissible, c’est le modèle de négligence volontaire du gouvernement. Plutôt que de mobiliser des ressources pour faire face à cette catastrophe humanitaire, les responsables ont démontré un niveau stupéfiant d’incompétence et d’apathie. Les camps sont devenus des entrepôts humains où les droits humains fondamentaux sont systématiquement violés par l’inaction gouvernementale.
La relation toxique du gouvernement avec ses citoyens
L’attitude du gouvernement haïtien envers sa population déplacée reflète un mépris profondément enraciné pour les pauvres et les marginalisés. En permettant aux camps de se détériorer en établissements infestés de maladies, dépourvus d’assainissement de base, d’eau potable et d’abris adéquats, le gouvernement a essentiellement rayé des centaines de milliers de ses propres citoyens comme étant dispensables.
Il ne s’agit pas de simple incompétence—c’est une déshumanisation systématique. L’échec du gouvernement à établir des installations médicales appropriées, à mettre en œuvre des protocoles de prévention des maladies ou à assurer la sécurité alimentaire dans les camps représente un abandon calculé de ses obligations constitutionnelles. Avec les déplacements triplant dans des régions comme l’Artibonite en 2024, atteignant plus de 84 000 personnes, le gouvernement a eu amplement d’avertissements et d’opportunités d’agir, mais a choisi la passivité plutôt que la responsabilité.
L’indifférence toxique du gouvernement est davantage mise en évidence par son incapacité à coordonner efficacement avec les organisations humanitaires internationales. Tandis que des agences comme l’UNICEF, l’OMS et le PAM se démènent pour combler le vide, le gouvernement haïtien reste ostensiblement absent d’un leadership significatif pour faire face à la crise affectant son propre peuple.
La voie à suivre : Responsabilité gouvernementale immédiate
La résolution de ce désastre humanitaire ne nécessite rien de moins qu’une transformation complète de l’approche et de l’attitude du gouvernement envers ses citoyens déplacés. Le leadership actuel doit être tenu responsable de ses échecs et forcé à mettre en œuvre des réformes immédiates et complètes.
Le gouvernement doit établir des installations médicales d’urgence dans tous les camps de déplacés, avec du personnel formé capable de traiter les niveaux épidémiques de gale, d’infections respiratoires et de malnutrition qui affligent la population. L’infrastructure d’eau et d’assainissement doit être installée immédiatement, non pas comme un objectif à long terme mais comme une mesure d’urgence pour prévenir de nouvelles épidémies.
Les systèmes de distribution alimentaire doivent être mis en œuvre avec des mécanismes de transparence et de responsabilité pour assurer un accès équitable pour toutes les personnes déplacées, particulièrement les enfants et les femmes enceintes qui font face aux plus hauts risques. Le gouvernement doit également établir un logement temporaire sécurisé et digne qui répond aux normes humanitaires internationales, remplaçant les conditions sordides actuelles qui violent la dignité humaine fondamentale.
Les services de soutien psychologique doivent être intégrés dans les opérations des camps, reconnaissant que le trauma amplifie la souffrance physique du déplacement. Le gouvernement doit également développer et mettre en œuvre des plans concrets pour une réinstallation durable qui fournit des voies réalistes de sortie des camps plutôt qu’un entreposage indéfini d’êtres humains.
Un règlement de comptes moral
La crise humanitaire dans les camps de déplacés d’Haïti n’est pas une catastrophe naturelle—c’est une catastrophe causée par l’homme née de la négligence gouvernementale, de l’indifférence et de la lâcheté morale. L’échec du gouvernement haïtien à protéger ses citoyens les plus vulnérables représente une violation fondamentale du contrat social et exige une action immédiate et globale.
La communauté internationale doit également reconnaître que fournir de l’aide tout en permettant l’inaction gouvernementale n’est pas une solution durable. La pression doit être appliquée pour forcer le gouvernement haïtien à remplir ses obligations fondamentales envers ses citoyens plutôt que de lui permettre de continuer à fuir ses responsabilités tandis que d’autres portent le fardeau de la réponse humanitaire.
La souffrance dans ces camps est évitable, ce qui la rend inadmissible. Chaque jour que le gouvernement retarde une action significative, plus d’enfants contractent des maladies évitables, plus de familles font face à la famine, et plus de dignité humaine est arrachée. Il ne s’agit pas seulement d’une crise humanitaire—c’est une urgence morale qui exige une responsabilité et une action gouvernementales immédiates.
Sources : Organisation panaméricaine de la santé (OPS), Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), Organisation internationale pour les migrations (OIM), UNICEF, Programme alimentaire mondial (PAM), Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH)
Pierre Richard Raymond






