Le discours d’Ariel Henry, entre la démission et la contradiction !

Le discours d’Ariel Henry, entre la démission et la contradiction

« Depuis la semaine dernière, quand Luis Abinader, le président Dominicain, décida unilatéralement de masser près de 15.000 soldats sur la frontière entre les deux pays, il devrait protester devant les instances internationales. En exigeant une rencontre d’urgence avec le Conseil de Sécurité des Nations-Unies et de la direction de l’OEA pour dénoncer l’agression de la République Dominicaine. Car, les intentions du leader de la République Dominicaine a été expressément claire, à savoir qu’il s’engage à stopper a tout prix la construction du canal qui est en cours sur le territoire d’Haïti. »

Joel Leon

Boukan News, 09/23/2023 – J’étais curieux d’entendre le discours du premier ministre Ariel Henry par devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies. Je voulais mesurer son degré démagogique et de la servitude, il a tenu promesse. Donc, il n’y a pas eu de surprises !

« La quasi-totalité des institutions démocratiques n’existent plus ou sont totalement dysfonctionnelles », voilà la déclaration d’Ariel Henry. Quel aveu de démission pour un chef de gouvernement d’un pays en crise ! La mission d’un chef, est-elle de constater la dégringolade des institutions nationales, plutôt de l’arrêter. Ariel Henry, sans gêne, a escaladé son incompétence par devant les leaders du monde entier. On dirait que les autres états ont pour obligation de fixer les dommages causés par lui-même contre son propre pays.

Il faut un peu d’honnêteté. Le comportement d’Ariel Henry reflète une tendance datant de 1994 qui consiste à suppléer l’inaptitude des dirigeants politiques haïtiens a des appels à l’intervention étrangère. Ainsi, fidèle à cette tendance défaitiste, Ariel Henry la reproduit in extenso et avec ténacité, allant jusqu’à pressurer la nouvelle république tutrice d’Haïti, en herbes, le Kenya, à débarquer leur armée d’occupation en Haïti le plus rapidement possible.

Ce que le PM n’a pas compris, pour que le Conseil de Sécurité vote une résolution avant de débarquer des troupes de maintien de la paix en Haïti, il faut nécessairement avoir un document signé dûment entre les parties belligérantes. Une promesse faite par Ariel Henry à la communauté internationale depuis plus de deux ans, mais qu’il n’arrive pas encore à honorer. Le docteur n’a pas ce niveau de leadership imposant et créateur pour convaincre les dirigeants politiques à signer un accord avec lui, même avec des forceps. Sans ce prérequis, monsieur le premier ministre, le maudit rêve de revoir occuper Haïti ne se matérialisera pas !

Ariel Henry est un chef qui ne fait rien, il se contente de contempler la dégringolade de son pays pour mieux s’en plaindre à l’international. Les leaders internationaux ne sont pas des imbéciles, eux qui passent des heures sans sommeil à réfléchir pour trouver les meilleures formules pour améliorer la vie de leur peuple afin de ne pas courir à l’intervention étrangère, sont tristes de contempler ce spectacle indigne d’Haïti. C’est ainsi que, lors du passage de la dernière délégation de la CARICOM en Haïti, du 4 au 10 septembre, le représentant de la Jamaïque, après avoir été un témoin répugnant du spectacle hideux que délivraient les politiciens haïtiens, déclarait et je cite : « Ces forcenés ne sont pas dignes de l’histoire glorieuse d’Haïti ». C’est la même réflexion qu’ont eu les chefs d’État étrangers à propos du comportement arrogant de l’indigent Ariel Henry !

Qu’en est-il de sa déclaration sur la crise de la Rivière Massacre ? 

Cette déclaration tardive du premier ministre Ariel Henry est dépassée. Depuis la semaine dernière, quand Luis Abinader, le président Dominicain, décida unilatéralement de masser près de 15.000 soldats sur la frontière entre les deux pays, il devrait protester devant les instances internationales. En exigeant une rencontre d’urgence avec le Conseil de Sécurité des Nations-Unies et de la direction de l’OEA pour dénoncer l’agression de la République Dominicaine. Car, les intentions belligérantes du leader de la République Dominicaine, Luis Abinader, ont été expressément claires, à savoir de stopper à tout prix la construction du canal qui est en cours sur le territoire d’Haïti. Le president dominicain a déclenché les hostilités, lorsqu’il présentait un ultimatum de 48 heures aux haïtiens pour arrêter cette construction. Ensuite, chose dite et chose faite, il a fermé les frontières terrestres, aériennes et maritimes entre les deux pays. Automatiquement, les ultra nationalistes, racistes et xénophobes du pays déclenchaient une série d’attaques contre les ressortissants haïtiens qui vivent paisiblement là-bas.

Ariel Henry, s’il était un leader effectif, devrait rendre Abinader responsable de toutes les atrocités commises à l’encontre des sujets haïtiens qui séjournent en Dominicanie. Ce que le droit international exige, c’est-à-dire d’assurer la protection des sujets étrangers qui se trouvent sur leur territoire.

Il faut souligner aussi le caractère conflictuel du discours du premier ministre Ariel Henry. D’un côté, il pressure des nations étrangères à violer l’espace territorial haïtien en débarquant des troupes, de l’autre il condamne l’ingérence de la république Dominicaine dans l’affaire de la construction du canal. Entretemps, le president du Kenya, Ruto Williams, et Luis Abinader s’associent pour humilier Haiti à travers un accord paraphé en marge de l’assemblee générale de l’ONU, Ariel vante les qualités du premier et critique le dernier. Cette ambivalence est le reflet de l’ignorance et le rejet de l’histoire d’haiti!

J’ai publié cet article il y a quelques années, « L’abandon de la Vocation Internationale et Humaniste de la Révolution Haïtienne de 1804 est la Conséquence de l’Infamie de la Diplomatie Haïtienne ! », il caractérise fidèlement le comportement du premier ministre Ariel Henry. Un autre « Minimaliste au Pouvoir ». Tout compte fait, ce sursaut national créé à partir de l’arrogance martiale de Luis Abinader, projette de l’espoir et raffermit ceux qui croient encore en une république d’Haïti prospère, forte et humaniste !

Joel Leon

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