Le cynisme de l’international envers Haïti, ou le déroulement d’un sinistre film d’occupation !
Par Joel Leon
Philadelphie, USA – C’est du « déjà vu », on ne peut plus berner le peuple. L’international planifie l’occupation en bonne et due forme de la république souveraine d’Haïti.
Voilà le déroulement de la pellicule.
La prise en otage du pays par les gangs lourdement armés. Le démantèlement de l’État central. L’assassinat du président Jovenel Moise…sont autant d’éléments stratégiques qui conduisent à l’application du plan macabre de l’international pour soustraire le peuple haïtien de sa souveraineté.
Les derniers événements :
1-La pompeuse publication dans les colonnes du « New York Times », le plus grand quotidien américain, d’un article fielleux qui dénonce en termes d’acides la participation de l’ancien président Michel Martelly dans l’assassinat de Jovenel moise et dans le trafique de la drogue.
2- Juste 72 heures plus tard, le « Washington Post », un autre puissant journal des Etats-Unis, a enfoncé le clou dans la plaie, en appelant ouvertement à l’arrestation de Michel Martelly par l’administration de Joe Biden.
3-Le 11 décembre dernier, au cours d’un sommet qui réunissait les pays suivants : le Panama, le Costa-Rica et la république Dominicaine…ont fait sortir une résolution qui faisait appel aux Etats-Unis, le Canada, la France, l’Union Européenne, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies…d’envoyer une force d’occupation dans le pays pour « maintenir et préserver la paix ».
4-Les Etats-Unis d’Amérique, sous le leadership du sous-secrétaire d’État hémisphérique, Mr Brian Nichols, prennent l’initiative d’organiser une rencontre virtuelle ce vendredi 17 décembre avec les partenaires d’Haïti. Au cours de cette réunion, les partenaires d’Haïti « discuteront autour de tout un ensemble de points, allant de la détérioration de la situation sécuritaire, des conditions économiques… ».
5- « Miami Herald », un autre grand magnat de l’opinion publique américaine, publie aujourd’hui un éditorial sous le titre de « Il est temps que les Casques bleus des Nations Unies retournent en Haïti-et fassent les choses correctement cette fois ».
Tous ces appels directs ou indirects pleuvent sur la presse en moins d’une semaine. Cela dit, quelque part il y a une précipitation stratégique qui coïncide avec le pourrissement profond de la crise générale qui frappe le pays. Ceux qui appellent à l’intervention militaire, suivie d’occupation, omettent de mentionner que les troupes des Nations-Unies venaient de passer plus d’une décennie dans le pays, dans le but de le stabiliser. Le résultat a été lamentable, la situation s’est empirée plus de mille fois qu’avant. Dans la honte, les casques-bleu durent partir, en laissant près de 15.000 cadavres victimes du choléra qu’ils avaient eux-mêmes introduit dans les pays.
A noter, que les 16 otages américains et le canadien viennent à peine d’être libérés dans les conditions les plus opaques. Il n’y avait jamais eu d’exclusive couverture de cette histoire par la presse américaine. La libération aussi des missionnaires se fait sans tambours ni trompettes. Toutefois, CNN a dit avoir confirmé qu’une rançon a été livrée aux kidnappeurs, sans mentionner de chiffres.
La complicité directe des élites
Haïti n’a jamais été un pays producteur d’armes. En revanche, le pays est inondé de tous les calibres d’armes de guerre qu’on pouvait imaginer. Certains bandits avaient l’habitude de brandir le drapeau américain au cours des sorties médiatiques. La représentante des Nations-Unies, Mme Lalime était allée très loin jusqu’à applaudir l’initiative des gangs de se fédérer.
Les dirigeants haïtiens, toutes tendances confondues, font le jeu de l’international. Ils se radicalisent de plus en plus dans la méchanceté et l’apatridie, sans jamais initier des pourparlers sincères et patriotiques tendant vers le résultat d’un compromis historique de peuple. Au contraire, s’ils ne sollicitent pas la présence étrangère directement dans le pays, ils le font de façon camouflée. En tout état de cause, l’histoire retiendra qu’à un moment historique donné, les élites politiques, économiques et psychologiques du pays se faisaient l’apanage de l’international pour, encore une fois humilier l’âme nationale !
Le pire, en désespoir de cause face à l’assaut permanent des bandes armées, une bonne frange de la nation ne souhaite que cela. Coincée, acculée et sans direction, la population accueillera à bras ouverts leurs propres bourreaux. Ainsi s’accentue la déchéance d’une si belle épopée, 1804!
Joel Leon






