Par Joel Leon
J’ai eu un entretien avec Mr Daniel whitman aujourd’hui. Cet homme, dont le nom ne cesse de défrayer la chronique en Haïti depuis le 7 février pour certains, depuis plus de 3 mois pour d’autres. Avant de présenter mon analyse sur l’entretien que je viens d’avoir avec lui, qui est Daniel Whitman ?
Le 8 février 2000, soit moins de deux mois avant l’assassinat crapuleux du responsable de « Radio Haïti Inter », Mr Whitman participait à l’émission « Face à l’Opinion » que Jean Dominique animait. Au cours de cette émission, le chargé de presse de l’ambassade Américaine en Haïti de l’époque, défendait avec passion et certitude les points de vue de son pays. Sans pourtant se présenter comme un extrémiste.
Daniel Whitman a un PHD en français, une langue qu’il maîtrise parfaitement bien, à côté de l’espagnol et du Danois. Il a passé plus de 20 ans à travailler pour le département d’État. Fonction qui l’a emmenée dans plusieurs pays, incluant Haïti. Il séjourna en Haïti de 1999 à 2001, comme chargé de presse de l’ambassade américaine en Haïti.
Ce qui lui a permis d’amasser assez d’information pour écrire un livre sur Haïti, sous le titre de « A Haïti Chronicle : The Undoing of a latent Democracy, 1999-2001 » (Une Chronique d’Haïti : La Défaite d’une démocratie moribonde, 1999-2001). Certainement il a eu à rencontrer beaucoup de gens, spécialement de la politique, intellectuels et journalistes haïtiens.
Parlons de l’Entretien :
Mr Whitman a répondu à ma requête d’interview aux environs de 10 :40 du matin. Un entretien qui allait durer une vingtaine de minutes, au cours duquel il a réfuté catégoriquement toute participation dans une quelconque tentative de déposer l’actuel président haïtien Jovenel Moïse. Dans un français sobre et rassurant, Mr Whitman qualifie sa participation dans une affaire pareille de « ridicule ». Coincé par des questions à propos de Mme Gauthier, il dit et je cite « Je ne connais pas ces personnes, je n’ai jamais parlé à aucun d’entre eux ». Il poursuit pour dire que c’était dimanche, c’est-à-dire le 7 février, qu’il avait pris connaissance de l’existence de ces personnes.
Au cours de l’interview, Mr Whitman était calme et émotionnellement cherchait à comprendre aussi ce qui se passe. Il dit n’avoir jamais remis les pieds en Haïti depuis qu’il l’a quitté, depuis 20 ans environ, au mois d’août 2001. Avec conviction, il a déclaré que les allégations « n’ont pas de fondement ».
Au cours de l’émission « Vision 2000 a l’écoute » du lundi 8 février, Valery Numa, directeur de la salle des nouvelles de « Radio Vision 2000 », a déclaré qu’il est en possession d’une pièce d’identification de Mr Whitman, un homme qu’il connaissait personnellement, comme un fonctionnaire du département d’état. Cette accréditation prendra fin en 2025. Interroger à ce propos, Mr Whitman a déclaré que « J’ai pris ma retraite du département d’état depuis 12 ans, soit en 2009, après avoir travaillé là-dedans pendant plus de 20 ans ».
Donc, la pièce d’identification dont parlait Mr Valery Numa, est-elle authentique ? Et pourquoi le journaliste n’avait pas pris le soin d’enquêter pour savoir si oui Mr Whitman travaillait vraiment pour le département d’État ? Via une simple investigation, je peux confirmer que monsieur Daniel ne fait plus partie du staff du département d’État, et ceci depuis 2009. Il travaille depuis lors comme professeur adjoint en communications interculturelles à l’université américaine de Washington DC.
Mr Daniel Whitman a tout rejeté au cours de notre conversation téléphonique. Qu’est-ce qui s’est passé vraiment ?
J’ai reçu une note d’un fonctionnaire senior du bureau des affaires publiques de l’ambassade américaine d’Haïti. La note dit, de façon laconique, que : « A propos de l’attribution à un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis : cette information est fausse. Les Etats-Unis sont restés clairs sur le fait que le moyen de sortir de l’impasse actuelle passe par les élections, lesquelles permettront au peuple haïtien de déterminer leur propre avenir ».
Dans cette note, les Etats-Unis réitèrent leur position de toujours, ils sont contre tout projet de gouvernement de transition en Haïti. En temps normal, le régime en place devrait se contenter de jouir de l’appui infaillible du gouvernement américain. Non, les responsables du parti au pouvoir veulent le conserver indéfiniment. Ce n’est pas la question de mandat de Jovenel Moïse qui les concerne vraiment, c’est la possibilité de parachuter quelqu’un d’autre au palais national, à travers des élections frauduleuses, pour perpétuer la mainmise.
Pendant ce temps, le président Jovenel Moïse déclarait le 7 février dernier qu’il faisait l’objet d’une tentative d’assassinat, dont l’objectif était d’accaparer illégalement le pouvoir. Le juge de la cour de Cassation, Me Yvickel Dabresil a été arrêté et malmené ainsi que d’autres citoyens dont l’inspectrice générale de l’institution policière, Mme Marie Louise Gauthier.
D’après un autre entretien que j’ai eu avec une personne bien connectée, l’ambassade américaine n’a rien à voir dans cette affaire. Et que personne n’était au courant d’un pareil scandale. Il est presqu’impossible pour que des complots soient manigancés en Haïti pour renverser un pouvoir soutenu par Washington, pour que l’ambassade ne soit pas au courant. C’est parce qu’il n’y avait jamais eu véritablement aucune tentative de renverser Jovenel moise du pouvoir.
Voilà mon interprétation de cette affaire sordide de coup d’État.
Cette version est le résultat de collecte d’un ensemble d’informations venues d’horizons divers non-connectés entre eux. La tentative d’assassinat est un montage qui provient du laboratoire politique de Jovenel Moise. Mr Whitman Daniel, son nom a été abusivement utilisé pour convaincre certaines personnes de l’arène politique d’y prendre part dans cette mascarade de coup d’État.
Mme Louise Gauthier, a qui les ténors du pouvoir reprochent une certaine appartenance populaire, pour ne pas dire « lavalas », a été ciblée comme un maillon faible. Elle a été prise dans le piège. Cette personne, prétendue fonctionnaire du département d’état, peut être n’importe qui, grassement payé par le gouvernement haïtien pour jouer cette farce politique. L’objectif fondamental était de se débarrasser de l’opposition politique et de tout autre citoyen ou citoyenne qui ose objecter face à la dérive totalitaire du régime en place. Cependant, les responsables de l’opposition n’avaient pas marché dans cette logique. Sinon, tous se trouveraient en prison actuellement.
Il n’y avait jamais eu de complots armés pour assassiner le président Jovenel Moïse. Chers lecteurs et lectrices, il faut s’attendre à ce que les sbires du pouvoir essaient d’impliquer une autre force politique dans cette sale affaire, jusqu’ici non identifiée. Je me garde de faire des révélations là-dessus, jusqu’à ce qu’il commence eux-mêmes par persécuter ce groupe politique.
En conclusion, le pouvoir politique en Haïti est pris en otage par un groupe d’hommes et de femmes qui ne croient guère aux grands principes démocratiques, ni à l’organisation institutionnelle de l’État. Leur conception de la chose publique est réduite à profiter au maximum des ressources nationales. Rester au pouvoir aussi longtemps que possible, ainsi les dirigeants doivent créer des événements et ourdir des complots…l’ultime but de toutes ces manutentions est d’intérioriser la peur dans le cœur du peuple, pendant que les gangs font couler du sang dans les rues. La terreur, la seule condition machiavélique pour confisquer le pouvoir. Donc, l’affaire Daniel Whitman est un « Hoax » !
Joel Leon






Penses tu que le gouvernement de Jovenel est de cette sophistication?
Si c’est vrai on est pris?
Mon analyse est basee sur des faits. Tu ne connais pas les hommes qui tournent autour de Jovenel Moise, plusieurs d’entre eux sont des acquaintances. Des hommes extremement intelligents mais decident de l’appliquer contre le pays.
Regardez l’émission “BET CAR” dans les chaines de Télé américaine, et vous comprendrez ce qui s’est passé le 7 février.
Dans le dossier, qui blâmer? Ceux qui ont tendu le piège? Ou ceux qui se sont laissés prendre dans le piège?
Allez disserter là-desdus!
En tout cas, dans l’émission en question, on n’a jamais incriminer les “piégeurs” mais les “piégés”.