La Presse Haïtienne, entre le Pouvoir Dictatorial et Certains Journalistes de Patrick Moussignac !
« Vouloir faire taire la liberté d’expression c’est vouloir repasser de l’humanité à la bestialité. » (Christian Granger)
« Notre liberté dépend de la liberté de la presse, et elle ne saurait être limitée sans être perdue. » (Thomas Jefferson)
Par Joel Leon
Les années du PHTK au pouvoir ne sont pas favorables au journalisme en Haïti. D’un côté, il y a le pouvoir politique qui ne digère plus les opinions indépendantes, ils sont carrément hostiles à un groupe de travailleurs de presse. Le bilan est lourd, il y a des journalistes qui sont froidement exécutés : Vladjimir Legagneur, est porté disparu depuis le 14 mai 2018 sans laisser aucune trace ; Pétion Rospide, un commentateur politique très actif de la Radio Sans Fin-RSF, fut assassiné le 10 juin 2019 ; Néhémie Joseph, ce jeune journaliste a été exécuté à Mirebalais, dans l’après-midi du 10 Octobre 2019. Ce sont juste quelques cas, mais la liste est beaucoup plus longue.
Aujourd’hui, il semblerait que le pouvoir a passé des instructions de persécution à l’endroit des journalistes qui exercent cette dangereuse profession en Haïti. Sur les réseaux sociaux, les partisans du président Jovenel Moïse agissent sans pitié à l’égard des reporters. Ils arrivent même à citer des noms, Amélie Baron est la cible la plus convoitée actuellement.
Amélie Baron est une journaliste française qui travaille en Haïti depuis 2009. Elle représente 3 médias en Haïti, Radio France Internationale-RFI, Agence France Presse-AFP et l’agence de presse Reuters. Cette situation est très inquiétante, parce que depuis le début du mois de février, les policiers haïtiens prennent les journalistes comme leurs cibles privilégiées. Le 8 février dernier, 2 journalistes furent blessés et emmenés d’urgence à l’hôpital. Le 10 février, soit deux jours après, le journaliste Dieu-Nalio Chery était sévèrement blessé par des projectiles lancés par la PNH. Les journalistes de Zénith FM et RCH-2000 reçoivent des menaces de mort tous les jours. Parfois ils font des appels anonymes pour annoncer aux directeurs de ces 2 médias, Rony Colin et Morin Apillard, qu’ils vont incendier leurs locaux. Sans oublier que la semaine dernière, des agents de la force publique nationale ont lancé une bombe de gaz lacrymogène à l’arrière d’un pick-up truck dans lequel se trouvait un groupe de travailleurs de presse.
Cet énervement remarqué chez les hommes au pouvoir correspond à la couverture médiatique internationale que jouissent les événements haïtiens ces jours-ci. Depuis plusieurs années, la presse internationale ne s’intéressait plus à Haïti. Ce que le gouvernement a beaucoup exploité pour multiplier des attaques arbitraires contre toutes les institutions nationales, toute forme de dissidence et les médias indépendants. Avec des fréquents reportages sur Haïti, que produit la presse internationale, le gouvernement est tenu responsable et est décrié par devant l’opinion publique mondiale. Désormais, les gouvernements et partenaires internationaux exercent des pressions directes sur les autorités de facto d’Haïti pour que les libertés publiques soient totalement respectées. Ainsi, Amelie Baron et Jacqueline Charles du Miami Herald , sont prises pour deux cibles à abattre.

Ces deux femmes-journalistes, elles écrivent constamment sur Haïti, et ceci sans relâche depuis plusieurs années. Boukannews, comme organe de presse en ligne, ayant des collaborateurs sur le terrain en Haïti, manifeste sa solidarité avec tous les journalistes, haïtiens et étrangers, qui exercent leur profession. Que le directeur général de la police nationale, Mr Leon Charles, passe des instructions formelles aux forces de l’ordre de cesser de cibler les travailleurs de presse, au contraire ils méritent de la protection policière.
De l’autre côté, il y a les journalistes de Patrick Moussignac, les journalistes du pouvoir. Ils seraient grassement payés pour semer la confusion dans les esprits de l’opinion publique. Au cours des émissions d’analyse, ils intoxiquent quotidiennement la population à travers des mensonges et des demi-vérités. Sans aucun scrupule, on prétend que certains d’entre eux se trouvent à longueur de journée dans différents ministères pour amasser des chèques.

Patrick Moussignac, selon des informations persistantes, est propriétaire de près d’une vingtaine de fréquences radiophoniques en Haïti. Beaucoup de stations de radios qui opèrent dans le pays font partie de son patrimoine, mais dirigées par d’autres individus. Moussignac est un zélé partisan du régime au pouvoir. Il est un faiseur de gouvernement. Il choisit ses poulains pour qu’ils soient députés et sénateurs ; il nomme des ministres et directeurs généraux dans l’administration publique et politique. Mr Patrick Moussignac est l’un des hommes les plus puissants d’Haïti, cependant, ils ne croient pas aux grands principes démocratiques. Ainsi, il permet ou ordonne à ses employés de faire de la propagande systématique à l’endroit d’un régime qui pense pouvoir bâillonner la presse.
Il n’y a pas de démocratie sans une presse totalement libre !
Joel Leon





