La présidence de Donald Trump : à la fois burlesque et dangereuse.

Boukan News, 02/28/2025 – C’est dans une atmosphère aux allures de sacre—-digne de l’intronisation d’un empereur —-que Donald Trump prêta serment, le 20 janvier dernier comme 47ème président des États-Unis. Revêtant une aura presque millénariste, il a promis, dans son discours inaugural truffé d’incohérences, de redonner à l’Amérique sa grandeur d’antan.
Mais, il n’aura fallu au nouveau président que quelques heures, après sa prestation de serment, pour enfiler son costume de showman. Car Trump n’est qu’artifice, tout est cliché. Ses cheveux grossièrement colorés, sa tronche toujours enveloppée d’une touche de maquillage excessif ainsi qu’une propension maligne pour la mythomanie en disent long sur la superficialité du personnage
Car, soyons honnêtes, l’ancien présentateur de l’émission « The Apprentice » a toujours eu du mal à séparer la réalité de l’allégorie, ses illusions et ses fantasmes des vérités factuelles. Sigmund Freud décrirait cette anomalie chez monsieur Trump comme une sorte de dichotomie névrose-psychose où il se trouve dans l’incapacité à refouler son égocentrisme et ses pulsions sadiques.
Ainsi, tel un clown qui, dans un cirque, se donne du bon temps pour amuser le public entiché de bouffonnerie, le président américain a cru bon de jouer un tour d’arlequinade à ses partisans. Ces derniers le plébiscitèrent à tout rompre lorsqu’il signa le jour même de son investiture plus de 25 décrets, dont les plus absurdes étaient de rebaptiser le golfe du Mexique par « golfe de l’Amérique ».
Le caractère loufoque du début de mandat de Trump se résume parfaitement dans ce commentaire d’un blogger sur la toile. Il dit « nous sommes en train de perdre notre système de santé, notre système éducatif et les programmes d’assistance sociale pour gagner quoi en retour ? Le golfe de l’Amérique ».
L’auteur britannique, Philippe Pullman, n’y va pas par quatre chemins pour qualifier le président américain de « dérangé qui voit des choses et des problèmes inexistants » et qui n’a sa place que dans un centre psychiatrique. Le profil de Trump correspond très bien à ce caractère vilain du film Harry Potter ( Lord Voldemort), un personnage aux méthodes sadiques qui se laisse guider par le désir obsessionnel du pouvoir et l’envie d’établir une lignée de pur-sang.
Les mesures tarifaires à l’encontre du Canada et le Mexique s’inscrivent dans le schéma classique de la schizophrénie/ mégalomanie dont souffre le président. En effet, s’il ne s’agit pas d’une langueur mentale chez monsieur Trump, quoi d’autre pourrait expliquer ce déchaînement à vouloir appliquer cette politique quand tous les économistes avertis disent qu’elle produira l’effet boomerang ?
L’écrivain américain Isaac Asimov devait bien avoir raison quand il disait « Lorsque la stupidité est considérée comme du patriotisme, il est dangereux d’être intelligent »
En effet, quel dirigeant censé prendrait le risque de compromettre les relations harmonieuses entre le Canada et les États-Unis—- deux pays frontaliers dont les échanges commerciaux se chiffrent à plus de 762 milliards de dollars par an ?
Même un magazine aussi conservateur que le Wall Street Journal qualifia ces mesures financières de « guerre commerciale la plus stupide de l’histoire »
Seul un politicien taré comme Trump nourrirait la lubie de vouloir faire de son voisin septentrional (le Canada ) le 51ème État de l’Union. Et que dire de sa volonté maladive de s’approprier du Canal de Panama; ou pire encore de son désir outrageant de déposséder les Palestiniens de leurs terres pour les expatrier vers des pays étrangers ?
Même un dur à cuire de la trempe de Netanyahu s’est montré stupéfait quand Trump a accouché cette insanité.
Puis vint le phénomène du limogeage. Dans sa démangeaison de punir ses « ennemis » imaginaires, Donald Trump a déjà envoyé de nombreux employés de la fonction publique au chômage. Le travail d’un dirigeant responsable n’est pas de se livrer à la révocation massive des gens, car le marché boursier risque d’en pâtir. La finance et le remue-ménage ne font jamais bon alliage. Mais Trump s’en fiche comme de l’an quarante. Ainsi plus de 4000 employés fédéraux ont déjà fait les frais de cette politique de purge. Au nombre des victimes figurent plus de 300 personnes travaillant dans le domaine ultra-sensible du nucléaire.
Lorsque l’administration s’est rendu compte du degré d’ânerie de cette chasse aux sorcières, elle a mis la queue entre ses jambes pour tenter de les chercher comme lorsqu’on cherche une aiguille dans une meule de foin. Mais trop tard : leurs fichiers électroniques ayant déjà été supprimés du logiciel du gouvernement, on n’a pas pu les joindre.
On pourrait aussi mentionner le cas de ces officiels travaillant pour le compte de la FDA qui, eux aussi, ont été virés par l’administration Trump, à un moment crucial où la grippe aviaire fait des ravages aux États-Unis. Le CDC qui jouait le rôle de sentinelle pour informer le public des dangers potentiels qui le guettent se retrouve désormais bâillonné par le régime de Donald Trump.
Rongé par l’esprit vindicatif, Trump n’a jamais pardonné aux scientifiques du CDC qui ont ridiculisé son « expertise » lorsqu’il proposa le chlore comme traitement contre le Covid. Travailler au côté du président c’est comme incorporer la redoutable mafia sicilienne où la loi d’omerta en est une loi inviolable. L’institution que dirigeait Docteur Fauci avait commis le péché impardonnable d’alerter le public du danger que représente le Covid. Cela ne plut pas du tout au chef d’État.
Mais, au-delà de la loufoquerie, la présidence de Donald Trump constitue aussi un danger. Car, le président agit comme un véritable bulldozer qui sape le substratum de la démocratie étasunienne. On était tous témoins de la destruction cataclysmique que son premier mandat a engendrée. Les experts tirent la sonnette d’alarme pour nous dire que, cette fois, les dégâts seront incommensurables. Car on n’enferme pas un éléphant dans un magasin de verre. Il finira par tout briser.
Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur les changements climatiques et de l’Organisation mondiale de la santé en sont quelques exemples parlants de l’automutilation que l’ancien baron de l’immobilier inflige au pays. À l’instar d’un enfant jaloux, Trump est en train de torpiller toutes les balises posées par la précédente administration pour sortir l’économie américaine de son marasme post-Covid.
Comme toute tragi-comédie qui fait rire, Trump devrait faire aussi pleurer. Il y a péril en la demeure lorsqu’un dirigeant se croit investi du pouvoir divin.
« Long live the king »
Pas plus tard que la semaine écoulée, Donald Trump a clairement indiqué son intention de diriger comme un roi. Dans son journal en ligne appelé « La Vérité » il a utilisé l’expression « Vive le roi ». Désormais les gens inquiets se réfèrent à Trump comme un Tyran, un despote ou un fasciste.
La présidence de Donald Trump est donc une catastrophe psychique pour les Américains. Un naufrage pire que celui du Titanic en 1912. Un embarras grotesque dont le peuple gardera les stigmates pendant des générations à venir. Comme nous l’avions souligné dans les paragraphes ci-dessus, beaucoup comparent le régime de Trump au fascisme qui enveloppait l’Europe dans les années 30. Même s’il s’est laissé influencer par le courant fasciste, le trumpisme n’est pas assez sophistiqué pour en être la copie exacte. La raison est fort simple : du mouvement ne se dégage aucune philosophie politique sérieuse. Les concepts unilatéralisme et expansionnisme que brandit Trump sont désuets. Il ne les comprend même pas. Les Nations sont plus que jamais condamnées à se juxtaposer à une époque où un clic permettait à quelqu’un vivant à l’autre bout de la terre d’être le valet de votre chambre.
Derrière le trumpisme ne se cache aucune vision claire. Ce n’est ni plus ni moins qu’un mouvement fossilisé, appartenant aux siècles médiévaux. Il s’agit d’une utopie de bien piètre qualité vendue à un pan de la population désenchantée par les partis traditionnels. Une forme de talibanisme made in America ou tout simplement du folklore politique. Rien de noble ou de positif ne peut sortir de Trump, car on ne peut être la thèse et l’antithèse à la fois. Encore moins un bâtisseur quand on agit comme un démolisseur. Comme l’a dit Cicéron « Une nation peut survivre à ses imbéciles et même à ses ambitieux. Mais elle ne peut survivre à la trahison venue de l’intérieur ».
Ducasse Alcin
Ducasse.ralcin@gmail.com





