La communauté internationale, est-elle en train de lâcher Ariel Henry ?

La communauté internationale, est-elle en train de lâcher Ariel Henry ?

Michaud Joanier

Paris, France, 02/20/2023 – « Si on veut vraiment résoudre la crise haïtienne, il faut qu’on arrive coûte que coûte à écarter le premier ministre haïtien, Ariel Henry, car il est obstacle principal à toutes pistes de solution ». C’est la déclaration d’un haut responsable Nord-américain qui requiert l’anonymat.

En effet, rien n’est plus décevant que des nuages annonciateurs de la pluie mais qui vont être par la suite dissipés par le vent !

Pourquoi Ariel Henry est-il devenu si encombrant pour ses patrons internationaux ?

Ariel et Mirlande

Le premier ministre haïtien de facto, Ariel Henry, et son fameux Haut Comité de Transition ou de Trahison, à la tête duquel se trouve la gérontocrate Mirlande Manigat, misaient beaucoup sur le sommet de la CARICOM. Ils entendaient d’en profiter amplement pour réitérer l’appel de l’année dernière qui exigeait clairement une intervention militaire étrangère en Haïti.  Ce sommet, organisé les 15 et 16 février 2023, aux Bahamas, auquel Ariel dans le but exclusif de précipiter le débarquement des blancs. A rappeler, qu’en dépit de la demande d’intervention internationale, Haïti reste jusqu’à cette minute non-occupée. Ce qui affaiblit beaucoup le gouvernement et le présente comme un repère de Conzés.

Le pays sombre dans l’anarchie totale, les cas de kidnapping sont quotidiens, on dirait la seule industrie qui fonctionne dans le pays, les institutions démocratiques n’existent plus, la corruption bat son plein, le taux de l’inflation grimpe à 47 %. Voilà un pays exsangue qui ne sait plus à quel saint s’adresser, se trouvant à la croisée des chemins, avec une économie placée sous perfusion internationale …

Au sommet de la CARICOM, la montagne n’a accouché qu’une frêle petite souris. C’était en bonne et due forme, une fin de non- recevoir pour Ariel Henry et son équipe qui doivent maintenant revoir leurs stratégies et copies, car le compte n’y est pas !

Le sommet de la CARICOM est la traditionnelle rencontre des chefs d’État et de gouvernement de la région des Caraïbes. Cette année, elle avait un invité de marque, Mr Justin Trudeau, le premier ministre du Canada. De mon point de vue, ce dernier joue le rôle de porte-parole de Mr Ariel Henry, quand il annonçait que des bateaux de guerre de la marine royale canadienne vont patrouiller les côtes maritimes haïtiennes. L’objectif de cette patrouille est d’empêcher, vu le pourrissement de cette crise, qu’elle n’envahisse pas les pays voisins d’Haïti. Cette approche constitue la principale préoccupation de la CARICOM. Nous croyons que si la participation d’Ariel Henry à cette 44e rencontre ne l’a pas permis de garantir son « intervention militaire » tant voulue, il n’est pas un interlocuteur crédible.

Et voilà qui occupe notre espace maritime après avoir occupé l’espace aérien. Bientôt, peut-être l’espace terrestre. Mais à quel prix ?

Philip E. Davis

Cependant, le premier ministre des Bahamas, Philip Edward Brave Davis avait été on ne peut plus clair en pointant du doigt le gouvernement américain : « Les Etats-Unis doivent prendre leurs responsabilités car la majeure partie des armes qui terrorisent la population haïtienne vient directement de là-bas ». Rien de plus !

Décidément, la communauté ne sait plus quoi faire avec Ariel Henry, si tellement encombrant. L’accord du 21 décembre 2022 n’a pas permis à ce dernier de s’entourer d’une vraie majorité pour sortir le pays de la crise, les principaux partis n’y sont pas représentés. Entre-temps, chaque jour Haïti s’enfonce dans l’abîme sans aucune solution en perspective. Le vrai sujet de discorde vient actuellement du « Haut Comité de Transition-HCT », sur fond de division à l’interne relative à la séparation de postes de direction générale dans la fonction publique. Le kidnapping du docteur Louis Gérald Gilles est l’une des conséquences de cette contradiction. Il est pressenti pour un poste de direction générale, d’autres ne veulent pas de lui. Si l’on croit de multiples réactions des militants des organisations populaires et politiques signataires de l’Accord du 21 décembre !

En tout cas, l’équipe d’Ariel Henry doit poursuivre son chemin de croix politique mais surtout diplomatique car la situation n’est plus tenable !

44e sommet CARICOM

Chemin de croix : Après la participation haïtienne au 7e sommet de la Communauté des Etats latino-américains et Caraïbéens ( CELAC ),en Argentines, aux Buenos-Aires, le 24 janvier 2023, les revoilà au 44e Sommet de la CARICOM. Pour quels résultats ? Rien. Si oui, des promesses fallacieuses. Ariel Henry s’est fait rouler dans la farine un peu partout ! Hélas !

Soulignons qu’Ariel Henry, premier ministre de facto, était accompagné de son ministre des Affaires Étrangères, Jean Victor Généus, de sa ministre de la Justice, de la communication, Emmelie Prophète Milcé. En Haïti, c’était Patrick Michel Boisvert qui assurait l’intérim !

Un dossier à suivre…

Michaud Joanier, journaliste

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