Michel Martelly, l’ancien président de la République d’Haïti, un pestiféré international !
Par Joel Leon
J’hésitais avant d’adopter ce titre pour l’article. Car, je ne voulais faire du mal à quiconque. La peste, cette maladie dangereuse, tua pendant une période de 5 à 6 ans, soit de 1347 à 1352, entre 30 et 50% d’Européens. Donc, traiter quelqu’un de pestiféré relève d’une certaine implication morale. Parce que beaucoup de personnes peuvent l’interpréter comme un acte inhumain. Si c’est le cas, j’implore déjà le pardon !
Toutefois, j’ai beau chercher, dans ma tête et ailleurs, pour trouver une expression convenable, un autre qualificatif, je n’ai pas pu trouver mieux. Ainsi, je me suis dit : « What the heck ?»
Larousse définit un pestiféré comme quelqu’un « Avec qui on évite toute relation à cause de son caractère nuisible, réel ou supposé ». Les villes de New York, Miami, Ottawa…et, en dernier lieu, Santo Domingo_ évitant la réputation de boite à ordures _ ont interdit à Martelly de souiller leur sol à cause de sa renommée de « bull dog ». Finalement, c’est devenu une « mauvaise habitude ». Cela doit avoir en soi une certaine vérité. Le complot ne peut être international, bon sang !

Les Dominicains parlent de « Persona Non Grata » ; mais, c’est une façon décorée qu’inventent les politiciens pour amadouer les déconvenues en diplomatie. En fait, c’est un droit dont jouissent les Dominicains, d’ailleurs, selon l’article 9 de la convention de Genève stipulant qu’un État peut l’appliquer contre quiconque, « à tout moment et sans avoir à expliquer sa décision ».
Le cas de l’ancien président de la première épître nègre libre du monde est différent. Il n’avait pas été déclaré « persona non grata » en République Dominicaine du fait de sa participation dans des activités d’espionnage, d’immixtion dans les affaires internes d’une autre nation…Il a été mis à la porte parce qu’il ne peut pas arrêter de prononcer des mots orduriers, de dénigrer le sexe opposé, de promouvoir l’inceste. Et ceci, en dépit des avertissements répétés !

Si Michel Martelly fait face à une opposition de plus en plus croissante à l’étranger à cause de ses prestations inciviles, en Haïti, en revanche, on le demande encore et encore. C’est un cas qui mérite d’être étudié par les spécialistes en psychologie, sociologie…que sais-je encore !
Le problème dans toute cette histoire, c’est que Martelly fut président d’Haïti. C’est une fonction, je dirais mieux, un privilège qui reste avec soi jusqu’à la mort. Parfois, même après la mort! Cela dépend de l’héritage laissé. Être président, fait d’un citoyen une abstraction publique : Il ne s’appartient plus, même des décennies après n’être plus au pouvoir. Les actions posées auront toujours une réflexivité sur la population qui l’avait gratifié de cet ultime privilège de diriger son destin. Le sens de l’histoire, c’est ce qui fait défaut au bonhomme !
Chaque fois que Joseph Martelly est expulsé quelque part, cela constitue un affront au peuple haïtien. Peu importe sa chapelle politique. Il refuse de le comprendre. Car, il n’arrive pas à cerner la dimension unique de sa nouvelle posture d’ancien chef d’État. L’un de ses amis, que j’ai contacté avant de rédiger ce papier, me confia qu’il n’avait jamais cessé de rappeler à l’ancien président de soigner son image, spécialement quand il évoluait à l’étranger.
Le choc : On n’aurait pas dû traiter l’ancien président de mon pays de cette façon. Je veux me fâcher, mais j’ai perdu ce droit, cette faculté de rougir de honte. Martelly a passé 5 ans à banaliser la nation haïtienne, en dilapidant, diminuant, marginalisant citoyens et institutions pour nous laisser finalement un pays totalement en faillite. Pire, il revendique encore le pouvoir. Définitivement, Il y a quelque chose de sordide ici !
Après avoir essuyé cet échec en République Dominicaine, on s’attend à le revoir expulser d’un autre pays, et ceci pour les mêmes raisons. Il est frappé d’une luxure verbale qui l’empêche de s’incruster à travers le fonctionnement de tout animal doué de raison. Ainsi poursuivra la honte d’Haïti !
Joel Leon






