Jose Mujica est décédé, mais il demeure une source constante d’inspiration.

Jose Mujica est décédé, mais il demeure une source constante d’inspiration.

Joel Leon

 

Boukan News, 05/17/2025 – Jose Mujica a exercé la fonction de président de l’Uruguay de 2010 à 2015. Il n’a pas accumulé de richesse durant son mandat. Après sa présidence, il est retourné dans sa modeste résidence avec son épouse, Mme Lucia Topolansky, au lieu de construire une nouvelle luxueuse maison. Il a renoncé aux gardes du corps et à tous les avantages et privilèges associés à son statut d’ancien président. Jose Mujica a quitté ses fonctions de manière discrète, en restant fidèle à ses principes de désintéressement, de dignité et de conviction humaniste.

Pourtant, Jose Mujica fut un guérillero engagé qui avait pris les armes pour défendre ses convictions à une époque où la dictature étouffait toutes les libertés publiques en Uruguay. Sa compagne de toujours, Lucia, était également membre du « Mouvement de Libération Nationale-Tupamaros ». Cela étant, elle a occupé des postes politiques significatifs, notamment sénatrice et vice-présidente intérimaire de l’Uruguay. Aujourd’hui, elle continue de mener une vie sobre et de soutenir les causes des groupes les plus vulnérables de la société uruguayenne.

En grandissant en Haïti dans les années 1970, tout mon entourage de l’époque aspirait à devenir médecins, avocats, agronomes, etc., car ces prestigieuses professions sont associées à de décentes rémunérations et commandent le respect. Pour ma part, j’avais l’ambition de devenir écrivain et de publier des ouvrages intéressants pouvant inspirer les lecteurs et les lectrices à rêver. La profession d’écriture ne garantit pas nécessairement des revenus élevés, quoiqu’elle marche avec déférence. J’ai été toujours fasciné par l’histoire du président Mujica, son vœu de citoyen humble et modeste. En quelque sorte, je me retrouve dans ses choix de citoyen ordinaire même au sommet de la république.

Il est probable que l’idéologie de gauche n’ait pas été le seul facteur ayant influencé la vie de Mujica. Une sensibilité intrinsèque pourrait également avoir façonné son existence de manière significative. Ayant adhéré au marxisme pendant de nombreuses années, j’ai développé une conscience de classe et un sentiment d’appartenance dès mon jeune âge. Les événements de 1986, culminant avec le départ précipité de Jean Claude Duvalier, m’ont propulsé vers une vie socio-politique active. Cependant, l’expérience adulte m’a révélé des perspectives dépassant le cadre du marxisme-léninisme ; notamment l’humanisme.

L’humanisme est une philosophie qui valorise l’homme dans toutes ses dimensions, indépendamment de sa classe sociale, sa race, ses capacités physiques et intellectuelles, en mettant en avant sa dignité et sa valeur. Les expériences de la vie nous montrent que les personnes riches peuvent également développer des sentiments humanistes profonds, comme le démontrent Jacques Roumain, Charlier et d’autres figures notables en Haïti provenant de familles aisées mais ayant développé des sentiments humains très forts. De même, il existe des milliardaires qui contribuent significativement aux œuvres de charité. Par conséquent, il n’est pas pertinent de catégoriser les individus en « bons » ou « mauvais » selon leur statut socio-économique.

J’aime l’humanité. Cet humanisme transcende la lutte des classes marquée par la haine et prédispose à la violence. Il dépasse les difformités sociales liés aux préjugés de toutes sortes et permet d’apercevoir l’être humain sous une dimension élevée en tant que créature de Dieu. Il semble que Mujica ait atteint cette sagesse qui lui permet de ne pas se considérer comme supérieur aux autres ni de se laisser dominer par le sentiment de supériorité que les biens matériels peuvent instaurer pour affirmer son existence.

En Haïti, la nécessité de voir émerger un dirigeant similaire à Mujica devient de plus en plus impérative. Un président entièrement dévoué au service du peuple, désintéressé par l’accumulation de richesse et ayant une véritable affection pour ses concitoyens. En effet, il est essentiel d’aimer et de prendre soin des enfants, des femmes, des personnes âgées, des marginalisés et des analphabètes pour pouvoir aimer le pays dans son ensemble. Sans patriotisme, intégrité et compétence, transformer Haïti reste impossible.

Joel Leon

2 Comments

  1. Transformer Haïti n’est pas une mission impossible; il suffit de trouver un leader inspiré, à l’instar de Mujica. Viva Mujica! Il n’est pas mort, il restera vivant dans le cœur de tous ceux et toutes celles qui combattent pour les personnes marginalisées

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