Jocelerme Privert, est-il innocent ?
“Donc, il n’y a pas de corrompus en Haïti, de criminels, de dilapidateurs, de voleurs, de tortionnaires, de financiers de gangs…L’état actuel d’Haïti n’est pas la conséquence d’un ensemble de mauvaises décisions politiques, économiques et sociales, des détournements de fonds publics…C’est un miracle qu’Haïti soit classée parmi les dix (10) pays les plus pauvres du monde. Certainement, ils nous prennent tous pour des imbéciles !”

Pennsylvania, USA, 02/21/2023 – Le Canada ne cesse de hanter les corrompus de la classe politique et économique d’Haïti. La dernière sortie du premier ministre Justin Trudeau, à l’occasion du 44e sommet des États de la caraïbe, jette de la gazoline sur un feu qui était déjà incinérant. Avec le nom du géronte Jocelerme Privert, un ancien président, la toile a éclaté !
Qui est Jocelerme Privert ?

Jocelerme Privert est né le 1er février 1953 dans le département des Nippes, il venait de fêter ses soixante-dix (70) ans. Il est reconnu dans le pays comme un spécialiste des questions liées aux finances publiques, ainsi il était toujours à la radio pour commenter l’état financier de l’État. Cette réputation a été atteinte après avoir bouclé ses études en comptabilité à l’INAGHEI. Ce qui lui avait facilité, sans parrainage, son entrée au ministère des finances et un peu plus tard à la « Direction Générale des Impôts -DGI » en 1979. Dans cette boite, il a fait carrière jusqu’à devenir directeur général de cette institution en 1995.
Jean Marie Chérestal, le premier ministre, fit choix de lui en 2001 pour diriger le secrétariat des finances sous la garde de Mr Faubert Gustave qui fut le ministre de l’Économie et des finances. Personne ne portait attention aux ambitions politiques disproportionnées de Mr Privert, jusqu’à ce qu’il soit nommé ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales en 2002. C’était au sein de l’administration de Mr Yvon Neptune sous l’injonction directe de chef-d ’État lui-même, Mr Jean Bertrand Aristide.
Après le kidnapping du président Jean Bertrand Aristide par l’armée américaine au mois de février 2004, la chasse aux sorcières commençaient. Ainsi, Jocelerme Privert, tombé en disgrâce, fut accusé de participer au massacre de la Scierie et jeté en prison dans le département de l’Artibonite, dans la ville de Saint-Marc. Il passa plus de deux ans en taule jusqu’à sa libération. D’après une source contactée afin d’écrire cet article, ce passage au pénitencier a beaucoup marqué sa vie. C’est là qu’il arrivait à mettre un plan politique en marche pour devenir président de la république « by any means necessary ».
Cinq (5) ans après sa libération de la prison, soit en 2011, il fut élu premier sénateur de son département natal, les Nippes, pour une période de six (6) ans. En 2016, après l’échec des élections organisées sous la présidence de Michel Martelly, ce qui a donné lieu à la mise en place inévitable d’un gouvernement de transition. Jocelerme Privert qui était président du Sénat de la république et de l’Assemblée nationale avait tout fait pour se positionner comme l’acteur incontournable pour diriger le pays comme président provisoire. Ainsi, avec l’aide de beaucoup d’alliés politiques, dont l’ancien président Jean Bertrand Aristide, il est installé chef-d ‘État le 14 février 2016. Il a passé environ un an au pouvoir, au cours duquel il organisait des élections plus ou moins acceptables qui avaient donné lieu à la prestation de serment de son successeur, Mr Jovenel Moïse, le sept (7) février 2017.
D’après un interlocuteur témoin des va-et-vient de l’époque, un ancien sénateur de la même législature que Privert, il était abasourdi par les manœuvres politiciennes de ce dernier pour surmonter les obstacles politiques qui jonchaient son ascendance à la première magistrature de l’État. Ce fut la surprise de sa vie quand il observait les talents obscurs de Privert à se forger des alliances et mésalliances tant sur le plan national qu’international pour sécuriser la présidence. Cette même source m’a juré que la carrière politique de Mr Privert n’a pas encore terminé. Avant de prendre congé, il m’a fait des confidences sur l’orientation sexuelle de l’ancien président provisoire !
Définitivement, ma source croit qu’il y a de fortes chances pour que Mr Priver soit homosexuel. Les rumeurs à propos du goût sexuel singulier de l’ancien président ne datent pas d’hier. Au moment des tractations politiques pour parvenir au pouvoir, une source m’avait confié qu’il entretenait des relations sexuelles pendant des années avec un directeur de média et journaliste-vedette d’une station de radio à Port-au-Prince. Sans oublier une multitude de confidences par-ci par-là allant dans le sens de l’orientation érotique de Mr Privert qui, à l’heure actuelle sont devenues des faits divers. Comme dit l’américain, « Who cares ? »

Aujourd’hui, il y a un saga autour des dernières sanctions canadiennes à l’encontre de Mr Privert. Les réseaux sociaux sont transformés en un champ de bataille entre ceux qui soutiennent et qui rejettent les accusations. Cependant, en dehors de toute position partisane, il faut dire que tous ceux frappés des sanctions internationales se défendent comme des bénitiers pour rétablir leur innocence. Mais, où sont les coupables ?
A l’exception de l’ancien président Michel Martelly, tous les sanctionnés transforment les médias traditionnels et reseaux sociaux comme des tribunaux pour plaider leur cause. En ce sens, ils sont tous de pauvres innocents. Donc, il n’y a pas de corrompus en Haïti, de criminels, de dilapidateurs, de voleurs, de tortionnaires, de financiers de gangs…L’état actuel d’Haïti n’est pas la conséquence d’un ensemble de mauvaises décisions politiques, économiques et sociales, des détournements de fonds publics…C’est un miracle qu’Haïti soit classée parmi les dix (10) pays les plus pauvres du monde. Certainement, ils nous prennent tous pour des imbéciles !

La réalité est que nous avons deux anciens présidents (Jocelerme Privert et Michel Martelly), deux anciens premier-ministres (Laurent Lamothe et Jean Henry Céant) et une multitude de ministres et hommes d’affaires impliqués dans des activités louches, telles que : drogue, corruption, criminalité, gangs…Tous ces individus ont une chose en commun, ils sont majoritairement ” filthy riches” et en un temps record. Prenons le cas de Jocelerme Privert !
Cet ancien président, d’après plusieurs sources non-officielles, est classé parmi les dix (10) plus riches personnes d’Haïti, derrière les Bigio, Boulos…Il y a de persistantes rumeurs aussi qui classifient Jean Henry Céant et Jocelerme Privert parmi les principaux propriétaires terriens du pays. Donc, tous ces individus font partie de la classe la plus aisée de la nation et majoritairement ils accumulent leur richesse après avoir occupé de hautes fonctions d’etat. Scrutons le cas de Michel Martelly !

L’ancien président Martelly venait de perdre 3 propriétés dans l’État de la Floride pour non-paiement au cours d’une période d’un (1) an, entre 2007-2008. Peu de temps après s’être fait parachuter président par les Clinton, il s’est offert une maison de 9 millions de dollars. Sans omettre de mentionner les 4.8 milliards du fonds Petrocaribe, les 28 millions annuels des transferts de la diaspora…Son nom est sur la liste, pour beaucoup c’est l’aboutissement logique des détournements de fonds effectués sous son administration.
Si Jocelerme Privert croit qu’il est effectivement un honnête homme, qu’il justifie ses énormes richesses amassées dans le pays. Qu’il s’en prend à la justice canadienne et américaine pour clamer son innocence à partir de « verfiable data », mais pas par des notes de presse ou d’une campagne payée sur le net pour clamer son innocence. D’ailleurs, c’est une honte pour tous les citoyens haïtiens de voir ses présidents, premier-ministres, ministres…épinglés comme des corrompus par l’international.
Joel Leon
Photo: Lapresse





