Jimmy Cherizier, « The Godfather » d’Haiti!
Par Joel Leon
New York-Jimmy, sous les directives de certains de ses alliés des États-Unis, vient de franchir une autre étape dans sa vie. S’il a eu du mal à se filer le costume de révolutionnaire, en revanche, il s’est indiscutablement imposé, ce 12 novembre, comme le « godfather » du pays.
Jimmy ne peut être Charlemagne Peralte, contrairement à ce que certains « révolutionnaires » de New York veulent le faire croire, il est tout simplement un « criminel en puissance ». Il traîne derrière lui une meute de cadavres. Paradoxalement, Jimmy veut arborer le rechange de défenseur des pauvres des bidonvilles. Aujourd’hui encore, des familles entières pleurent le départ prématuré de leurs fils ou filles exécutés par Jimmy lui-même et les sbires autour de lui.
Cette dernière sortie médiatique de Jimmy relève de la pire démence. Certains parasites de Brooklyn finissent par le convaincre qu’il est l’incarnation de « Salvatore Giuliano », le héros du roman de Mario Puzo, « Le Sicilien ». Il agit ainsi. Il s’exprime de la sorte. Il se confond avec lui. Mais, en réalité il est très loin d’être ce révolutionnaire romantique !
En écoutant l’énervant monologue de Jimmy, on a l’impression d’être enfoui dans un très long cauchemar. Son arrogance et ses ennuyants bégaiements des mots donnent le sentiment d’être en face d’un mauvais élève, un crétin. C’est-à-dire quelqu’un qui donnait du fil à retordre aux professeurs de toutes les écoles primaires qu’il fréquentait. Il doit en fréquenter plusieurs pour s’assurer de cette lacune éternelle. Probablement, ces mentors doivent passer des heures au téléphone avec lui en répétant chaque mot plusieurs fois, pour qu’il arrive à délivrer cette médiocre performance.
Jimmy, à travers cette envolée souffreteuse, s’impose comme l’unique chef de la « Cosa Nostra » caraïbéenne. Après avoir empêché, pendant plus d’un mois, l’approvisionnement de la République en produits pétroliers, aujourd’hui, il autorise la distribution en écartant ses hommes armés des positions stratégiques qui rendaient impossible toute tentative d’arriver à Varreux. Jimmy a poussé son audace jusqu’à passer des ordres pour l’approvisionnement automatique des pompes à essence afin que fonctionnent les hôpitaux, les universités, les ambassades, les magasins…Institutions privées et publiques. Depuis quand il s’en foutait du fonctionnement des institutions nationales.
Cependant, des observateurs interprètent la trêve unilatérale de Jimmy de plusieurs façons. Le premier groupe pense qu’il est en rupture de stock de munitions, le mot d’ordre de trêve est une stratégie pour gagner du temps afin de pouvoir mieux se réarmer. De ce fait, le directeur de la PNH est appelé à augmenter la pression sur G-9 pour ne pas avoir à se battre contre eux dans un mois. En résumé, « Il faut battre le chinois pendant qu’il est chaud ». Un deuxième groupe croit que Jimmy a déjà perdu au moins 30 hommes à partir des attaques répétées de la police, il n’a d’autres choix que de se replier pour mieux rebondir. Le troisième groupe croit que le Premier ministre Ariel Henry a déboursé 40 millions de gourdes pour s’acheter cette accalmie éphémère. Car, personne ne croit en la bonne foi de la trêve de Jimmy. Quel que soit le cas de figure, Haïti est sortie diminuée davantage, du fait que G-9 n’a pas été vaincu militairement, au moins pour l’instant !
Jimmy vient de chanter la messe requiem de la République. Le pire, c’est que l’ANADIPP, l’organisation assurant la distribution des produits pétroliers, emboîte le pas. Ses dirigeants viennent de déclarer à qui veut l’entendre que dès ce dimanche, les activités reprendront leur cour normale au niveau de toutes les pompes. La République s’est déclarée vaincue. Le drapeau est en berne !
Ariel Henry, ce minable Premier ministre, est en train de vivre le roman de Colleen Mccullough « Les oiseaux se cachent pour mourir ». Il est brillé par son absence inaperçue. Il ne fait que capituler, partout où il passe ; tout ce qu’il touche, meurt ; il est la personnification de la catastrophe. Donc, il décide de ne plus rien faire, sinon il finira par tout casser !
Entre-temps, Jimmy continue sa chevauchée de « godfather ». Il fait quotidiennement des raquettes. Il rançonne selon le principe de « l’omerta ». Tout le monde a peur. Il filme la misère des pauvres gens des bidonvilles sans leur consentement. Il pénètre dans leurs résidences comme bon lui semble. Des scélérats de journalistes le suivent à la semelle et sans aucun scrupule. Car c’est Haïti, la République de la première épitre nègre libre du monde. C’est un spectacle à télédiffuser partout, encore et encore !
À défaut d’être un révolutionnaire attitré, Jimmy se contente d’être un vil « godfather » qui récite grossièrement un texte malappris et vide de grandeur. Il prend rendez-vous dans une semaine, maintenant c’est le moment de la trêve de réflexion pour revisiter le 18 novembre, le combat de Vertières. Jimmy fait délibérément le choix de galvauder la plus belle épopée de l’histoire de l’homme noir.
Ainsi est né le « godfather » des Caraïbes !
Joel Leon






