JE T’AIME FIDEL (Hommages à Fidel Castro Ruz)
Par Réginal Souffrant
Qu’on ordonne aux croque-morts
De déguerpir! Qu’on a grand tort
De croire que Fidel serait mort.
Regarde! Regarde son beau corps
Vivace, luisant et teinté d’or.
L’hermano se repose. Il dort.
« Sigue la lucha » (1), Fidel.
Tu as toujours été fidel.
Malgré une opposition de fiel,
Tu as prouvé que tu n’as pas été circonstanciel.
L’ennemi crie aux pauvres : vie démentielle!
Et toi d’insister: existence de miel !
Aux affamés, tu as donné à manger.
Tu as désaltéré les assoiffés.
Instruction gratuite ! Plus d’illétrés
Aux malades, tu as prodigué des soins de santé.
Aux bafoués, tu as révélé la vérité.
Tu as montré la route de la liberté aux opprimés.
Les prostituées ont recouvert leur dignité.
Une retraite anticipée
Pour les braceros haïtiens surexploités.
C’est toi qui as élargi Mandela
De la prison. Tes troupes se battaient là-bas
Et ont affranchi la Namibie et l’Angola.
N’est-ce pas toi qui as inspiré Sankara?
N’est-ce pas toi le père spirituel de la Sandinista?
On a tous les yeux rivés sur la Sierra Maestra.
Certains exécutent des gammes qui clignotent
Á la Perestroïka & Glasnost; mais ta note
Est restée aigue dès les premières mottes
D’étoiles jusqu’au point du jour.
Wall Street n’a pas pu te jouer un tour,
Car tu connaissais trop ses détours.
Ton éloquence resplendissante agitait les mers
Et troublait l’entendement des maîtres de la terre
Et de leurs sbires qui, de guerre lasse,
Dans leur haine et phobie de la populace,
Tremblaient à chaque : « ¡Imperialismo, nunca más!»
Ta pureté de cœur fut aussi dévorante qu’un feu vorace
Qui gardait la flamme de la lutte de classe.
¡Vamos, vamos, caballero !
Tu es notre héros.
Pour toi, chapeau !!!!
L’impérialiste t’avait dressé un échafaud,
Mais tu as résisté à tous ses assauts,
Fidel, avec phare, avec brio.
Sur sa gueule, tu as su placer un éternel museau.
L’univers d’outre-tombe ne diminue pas ton aura.
Au contraire, il te couronne roi.
Un sacré roi salué même par la loi
Du marché libre et par les oies
Sauvages qui ont voulu enterrer la foi
En la révolution dont tu demeureras le porte-voix.
Á Cuba est banni à jamais le langage
Des colonisés. Tu as tourné pour de bon la page
Du lexique hégémonique imposé par la Babylonie.
Á quand le retour d’un « guerrero » de ton acabit ?
Haïti t’adore, admirable Fidel.
L’Amérique Latine t’offre son ciel.
Pour t’accueillir, l’Océanie s’est fait belle.
L’Asie souhaite que tu diriges sa nacelle.
L’Afrique te doit une fière chandelle.
L’Amérique du Nord admet que tu es une citadelle,
Et l’Europe accepte que ton héritage est pluridimensionnel.
Quand tu verras compañero Che,
Dis-lui que sa panacée,
Modèle d’une école de pensée,
Est adoptée par tous les déshérités
De la planète. Le monde est un chantier,
Fidel. Continue d’en être le potier.
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1.- La lutte se poursuit
New York, 26 novembre 2016





