L’évêque Gerald Bataille, un patrimoine spirituel et social!


Boukan News, 02/10/2025 – Il existe trois étapes essentielles dans la vie d’un chrétien : le choix, l’appel et la mission. Chaque croyant en Dieu se voit attribuer une mission, dont l’accomplissement apporte bénédiction et protection. Cette mission est indépendante de l’origine sociale ou de la couleur de peau ; elle est innée et il incombe à chacun de reconnaître sa mission divine et de l’exécuter conformément au dessein de Dieu. Il est clairement écrit dans 2 Timothée 1 : 8 que Dieu « qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels ». Ainsi, il est promis de recevoir l’immortalité terrestre et l’éternité royale.
Le Bishop Gerald Bataille a accompli toutes les étapes significatives de sa vie avant son décès survenu le 11 septembre 2023, à l’âge de 69 ans. Il a suivi une vocation religieuse selon sa foi et par la conviction reçue en Jésus-Christ. Par conséquent, il nous laisse un héritage spirituel et social notable. Ce patrimoine mérite d’être analysé et compris en posant une question fondamentale d’abord : qui était cet homme ?
Gérald Bataille est né aux Cayes, chef-lieu du département du sud d’Haïti, le 9 janvier 1954. Issu d’une famille paysanne de condition modeste, il a reçu à l’âge de 16 ans une révélation spirituelle, marquant ainsi le début de son ministère. Il a commencé à prêcher dans les rues de sa ville natale, dénonçant les pratiques occultes. Les parents de Gérald, qui n’étaient pas chrétiens, commencèrent à perdre leurs biens, tels que des volailles et des denrées. Ils consultèrent un voyant pour comprendre l’origine de ces malheurs et furent informés que cela était dû au fait que Gérald rejetait les esprits diaboliques pour se tourner vers Dieu. En conséquence, son père le chassa de la maison.

Du jour au lendemain, sa vie fut transformée en un véritable calvaire. Sans domicile fixe et sans emploi, il se retrouva abandonné dans les rues. Cependant, il nourrissait une passion pour l’école. Il s’éduqua au niveau classique et supérieur tout au long de sa vie. Il devint ainsi un grand serviteur de Dieu, un intellectuel, un écrivain, un philanthrope, un agent de développement, un recteur et directeur d’école ainsi qu’un leader communautaire éminent. En témoignage de son impact, une zone entière porte désormais son nom, Gerald Bataille.
M. Gérald Bataille possédait les compétences nécessaires pour établir des églises et les confier à des pasteurs plus expérimentés. Marié à l’âge de 20 ans, il a relaté qu’un jour, au cours d’une prière, une voix lui ordonna de se rendre à Port-au-Prince, une ville où il ne connaissait personne. En réponse à cette injonction, il s’établit à « Petite Place Cazeau ». Sous une tente de fortune, il inaugura son ministère qu’il nomma « Église de Dieu des Premiers Chrétiens ». Cette zone était dépourvue d’infrastructures essentielles : elle ne disposait ni d’électricité, ni d’eau potable, et manquait d’écoles ainsi que d’hôpitaux.
En classe de rhétorique, il créa une petite école primaire en réponse aux difficultés d’apprentissage de son fils, qui obtenait une moyenne de 0,46. Il termina ses études classiques et universitaires en utilisant les services de professeurs qu’il rémunérait pour des cours supplémentaires en privé. Finalement, il devint docteur en théologie.
Au cours de son ministère, il rencontra Madame Yvonise Bataille, qui devint son épouse jusqu’à sa mort. Ensemble, ils eurent deux enfants. Madame Bataille décrivait son ancien mari comme « quelqu’un intègre et engagé ». Il fut très actif dans des activités sociales et politiques, non pas pour aspirer à la présidence d’Haïti, mais pour représenter ceux qui n’avaient pas de voix et souffraient grandement. Son objectif était d’encourager les décideurs à travailler pour le bien-être de ces personnes.

Madame Bataille est la rectrice de « l’Université Yahvé Nissi (UNYN) », qui comprend une faculté de médecine ainsi que d’autres disciplines académiques, et directrice du College Mixte Yahve Nissi. Elle siège également au comité directeur de « l’Eglise de Dieu des Premiers Chrétiens », où Joel Amilcar occupe le poste de pasteur principal. Madame Yvonise, la rectrice actuelle de l’université, possède des qualifications en administration, sciences comptables, et théologie. Elle est reconnue pour ses compétences en leadership et est respectée pour sa confiance et son intégrité. En outre, elle est une prédicatrice accomplie et manifeste une profonde crainte de Dieu.
Mme Yvonise a affirmé que Dr Gerald Bataille était un leader qui encourageait le développement des personnes autour de lui et préparait constamment l’avenir avec ses collaborateurs. Mariés pendant 12 ans jusqu’à son décès, elle a déclaré : « Nous étions de bons amis et partagions tout, ce qui a facilité la transition car j’étais informée de toutes les transactions. Cependant, la séparation était difficile car nous étions toujours ensemble ».
L’Évêque Gérald a laissé un grand héritage :
-Mission de l’Eglise de Dieu des Premiers Chrétiens
– Université Yahve Nissi ( UNYN)
– Orphelinat Emmanuel
– College Yahve Nissi ( Tabarre, Cayes)
– Ecole Supérieure des Sciences Infirmières
– College Yahve Nissi de Jerusalem à la Croix-des-Bouquets
– Radio-Tele Yahve Nissi
Gérald Bataille a été un éminent érudit, titulaire d’une licence en théologie, d’une autre en sciences de l’éducation, praticien du droit et docteur honorifique. Il a occupé plusieurs postes prestigieux, notamment président de la Ligue des pasteurs, président de la Commission de haut niveau du secteur protestant, ainsi qu’animateur d’émissions radiophoniques. En outre, il est l’auteur de sept ouvrages publiés.
L’évêque Gerald Bataille est décédé subitement alors qu’il prêchait. Après un malaise, il avait été conduit à l’hôpital et semblait s’être rétabli. Cependant, de retour chez lui, un autre malaise l’a emporté. Dans sa dernière vidéo publiée quatre mois avant sa mort, il faisait ses adieux à ses fidèles, suggérant qu’il pressentait sa fin imminente.
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