Haïti : QUAND LE JOURNALISME EST MORT !

Haïti : QUAND LE JOURNALISME EST MORT !

Kathleen Desravines

Connecticut, USA, 11/29/2022 – Je ne maudirai pas le jour où l’excellent Jean Robert Antoine a instillé en moi le désir d’être journaliste. Cela m’a permis d’élargir mon horizon, de penser en dehors de la boîte que l’école enferme et d’éprouver cette sensation de contribuer à quelque chose de plus grand que moi, de me défier constamment en écoutant les opinions divergentes et contraires aux miennes et d’essayer d’en dresser une tangente.

Mais, aujourd’hui au train où vont les choses, entre « té vèvenn » et individus dont l’indécence n’égalise que la médiocrité, entre grassement payés pour faire apologie de la corruption au sein des médias. Entre « têtes de pioche » et « cervelles de bois », je ne m’y retrouve plus.

J’ai eu envie de fredonner Manno Charlemagne et son « plot krache » en entendant ce déferlement d’insanités sur les ondes.

Le journalisme ne se pratique plus que dans l’indécence, l’indifférence à son milieu et n’a plus que pour base, la convoitise.

C’est à qui fera les délices d’Izo, de Barbecue ou d’autres chefs de gangs

Une profession gangstérisée !

Kathleen Desravines

Il n’y a plus de journalisme, encore moins de journalistes en Haïti.

Il n’y a plus que les corrompus et quelques exceptions qui tentent tant bien que mal de ne pas pourrir sur pied.

L’émergence des réseaux sociaux où tout le monde se retrouve journaliste du jour au lendemain avec des « zens » comme informations et analyses ont mis le dernier clou au cercueil.

Médiocrité, vulgarité, sont un nouveau genre incorporé à un ensemble que certaines rétentions tentent encore d’y voir la pratique d’un certain métier de journalisme.

Mais le journalisme est mort ! Il n’y a que des cendres !

Sur les ondes, il n’y a que des grossistes, des marchands de micros, comme la population se plaît à les surnommer, qui étalent quotidiennement leurs marchandises.

Vente aux enchères, vente au rabais, que des maître-chanteurs excellent.

Le journalisme en Haïti n’est que l’auxiliaire de la corruption.

Il n’y a plus cette notion de contribution au développement.

Le journalisme est gangstérisé et n’est plus qu’au service de gangs gouvernementaux et ceux répartis dans les différents cartels et bases criminelles du pays qui sèment la terreur.

De 2010 à date sous le régime des « gangs roses » il y a plus de journalistes assassinés qu’en trente années de dictature duvaliérienne. Ils sont nombreux , tels que: Tayson Latigue, Frantzen Charle, Néhémie Joseph, Vladjimir Legagneur, Rospide Pétion, Wliguens Louissaint, Antoinette Duclair…

Mais, ces assassinats deviennent faits divers.

Dans ladite « Presse », ce sont les corrompus qui mènent la danse.

Martelly, Président !

Jacques Kawly « qui s’est fait arrêter pour possession d’armes de guerre », trafics de stupéfiants dans les coulisses, est « haïtien de sang et de Culture » que certains journalistes flagorneurs faisaient le portrait.

Les journalistes ne sont plus qu’à la solde de gangs. Les plus rusés tentent de dissimuler leur jeu ou leur affiliation sous la façade d’analyses tordues se faisant monnayer par des ministres du gouvernement pour faire de la propagande et chanter leurs louanges.

Il faut le dire, le crier haut et fort, ce spectacle de « médiocrités » à l’antenne auquel on a eu droit ne s’inscrit plus dans le cadre de dérives, Il s’agit d’un choix délibéré et pervers en faveur de la corruption et de la médiocrité

Un choix contre l’école, contre l’instruction, contre l’éducation et finalement un choix contre l’intelligence !

Il y a mille et mille façons de soutenir ses préférences politiques ou idéologiques en tant que journalistes en faisant preuve « d’intelligence et d’intégrité » !

Ceci n’empêche pas cela et vice versa

À l’exception de quelques journalistes qui ont su garder leur « composure » et une certaine velléité à s’accrocher aux règles régissant la profession, les médiocrates étaient en ondes !

Mièvreries, séances de lèche culs jusqu’aux bottes arrosées de « te vèvenn » m’ont vite donné la nausée !

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Les temps sont durs, répète-t-on !

Il faut survivre.

Kathleen Desravines, journaliste

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