Haïti pris dans la nasse 

Haïti pris dans la nasse 

Daniel Jean

Port-au-Prince, Haiti, 10/10/2022 – Quelques éléments peuvent bien être révélateurs des causes des malheurs haïtiens et des intérêts qui y jouent en cette 1ère moitié du XXIème Siècle. Nul besoin d’être fins politiciens ni stratèges, ni géo-politologues, il suffit d’être simples observateurs, pour voir que:

1) Les firmes américaines fournisseuses de produits gaziers et leurs dérivés ont été évincées en faveur du Venezuela (2008-2012) avec une perte sèche de plusieurs millions de dollars par an sur le marché haïtien;

2) Depuis le tremblement de terre, un plan d’une nouvelle ville de Port-au-Prince avait été conçu par un des Princes de Galles. Tandis que des gisements y sont repérés au cœur de la vieille ville au moment où un Magistrat élu chercha à en négocier ses infrastructures urbaines avec la Chine continentale.

3) Le sud d’Haïti s’installait aux premières loges pour des investissements de grandes infrastructures d’import-export et des sites balnéaires devenant ainsi premier compétiteur du pôle Nord d’Haïti. Ce dernier, en dépit de sa longue tradition de loisirs et de juteux investissements bénéficiés, perdait du terrain en raison de deux tares majeures : le camp de Canaan, devenu une plaie béante rendant de plus en plus peu fréquentable la zone et les structures de rentes familiales du littoral Cariès-Montrouis peu ouvertes aux investissements publics et étrangers ;

4) Le riz de l’Artibonite, en voie de rebondissement avec une relance de l’ODVA, menaçait le marché américain au risque d’une baisse de commande de la part d’Haïti, le plus grand consommateur de riz dans la Caraïbe ; tout de suite débarque, comme par enchantement, une armée de rats importés; mais malgré tout, les planteurs tenaient le coup et restaient optimistes jusqu’au siège des zones de production avec des gens armées.

5) Le reste des Caraïbes grand compétiteur touristique d’Haïti se trouve représenté dans le core group, en la personne d’une Trinidadienne, Mme Sandra Honoré, tout puissant à décider du sort d’Haïti, remplacée maintenant par Mme La Lime une Américaine.

6) Les politiciens haïtiens, subventionnés et poussés à attaquer le comptoir syro-libanais, peut-être à dessein ou sans s’en rendre compte, jouent sur fond de révolution le jeu des grandes puissances en précipitant le peuple haïtien dans l’abîme du malin projet de transformer Haïti en vastes galeries minières. Un piège longtemps tendu par Oncle Sam qui serait déjà bien résolu à changer son comptoir Syro-libanais d’adresse vers Santo Domingo avec appareillages et capitaux pour de bien meilleures affaires. La preuve, pour les rassurer un des leurs, Luis Abinader, est élu de l’autre côté de la frontière et attend d’accueillir les siens « pourchassés d’Haïti ». Ils y seront installés avec effets et bagages sereinement en laissant Haïti dénudé et exsangue. C’est ce grand coup de pouce que leur donnent nos politiciens et dirigeants à grand renfort de slogans démagogiques anti-mulâtres, anti-banques.

7) Les banques haïtiennes – depuis les grands vents et petites pluies de René Préval sur fond de combattre la corruption en brandissant ULCC, CONALD, UCREF, BAF, des structures imposées par les conditionnalités de l’aide internationale – subissent une évasion de fonds. Aucun nanti, riche investisseur, ni commerçant haïtien ou étranger ne dépose depuis lors de fonds dans les banques haïtiennes.

A telles enseignes que, lors du crash bancaire dominicain, le secteur privé haïtien était la plus grande victime de ce séisme financier. Il fut le plus grand perdant en déplaçant ses capitaux et épargnes de Haïti vers la Caraïbe en grande partie et en une infirme partie vers les grandes banques américaines. Les fonds dans les banques haïtiennes actuellement ne viennent que des petits déposants et des éléments de la classe moyenne qui y sont obligés pour des raisons professionnelles ou de garantie d’un visas-touriste des grands mégapoles nord-américains ou européens ou une garantie de micro-crédits. Donc, les riches investisseurs ou commerçants ne se servent des banques que pour bénéficier d’une ligne de crédit avec des comptes à l’approche des découverts qui seront renfloués de temps en temps.

Aujourd’hui, même les ONGs internationales n’hébergent plus dans les banques haïtiennes les fonds votés, reçus et gérés pour Haïti, sauf qu’une infirme partie servant pour le payroll en gourde du personnel haïtien.

Alors, rien qu’en soupesant ces quelques éléments exposés sans grands détails, posons-nous les questions suivantes : pourquoi le siège de Port-au-Prince avec des hommes armées ? Pourquoi Port-au-Prince est asphyxié ? Qui y a intérêt ? Les leaders qui agitent ces slogans à la mode (aba boujwa, aba bank) sont-ils des défenseurs du peuple haïtien réellement ou bien font-ils, sciemment ou inconsciemment le jeu de leurs sponsors de l’ombre aux élections ? A quelle fin ?

Un simple regard peut nous confirmer la mise à exécution d’un projet global, d’un piège tendu à Haïti pour l’engouffrer dans les labyrinthes d’une colonie d’exploitation telle qu’il fut avant 1804, sauf que les méthodes entretemps sont affinées, modernisées et plus subtiles au grand dam des Haïtiens devenus la risée de leurs voisins qui jouent le bon rôle de colonies d’habitations et d’investissements internationaux et qui s’y complaisent bien.

Mes amis l’heure est au grand réveil et comme dirait l’autre louvri je nou  paske nap pran anpil gòl ak men.

Daniel JEAN, Avocat

 

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