Haïti : les bandits, sont-ils plus honnêtes que les dirigeants politiques ?
« Tous les acteurs sont des menteurs, les plus mauvais font de la politique »

Pennsylvanie, USA, 03/13/2023 – En Haïti, les bandits admettent d’être des bandits, ils s’identifient comme tels. Ils essaient de le justifier à travers le comportement des hommes politiques haïtiens, au pouvoir et en dehors du pouvoir. En d’autres termes, si les dirigeants s’appliquent à voler en toute impunité et pourquoi pas eux aussi de kidnapper, de tuer, d’assassiner, de voler…et ceci, à visière levée. Ils réitèrent exactement ce que font les politiciens, la différence c’est qu’ils ne portent pas de cravates, ni de costumes, ils ne sont pas légitimes, ils ne portent pas de titres ronflants…cependant, ils remplissent la même mission.
Tandis que, les politiciens haïtiens, au ou en dehors du pouvoir, se définissent comme des hommes honnêtes. Cela dit, ils ne dilapident pas le trésor public, ils ne s’enrichissent pas au détriment des contribuables, ils ne planifient pas d’assassinats politiques…Ils se disent constamment innocents ! « A l’exception de l’ancien président Michel Martelly, tous les sanctionnés transforment les médias traditionnels et réseaux sociaux comme des tribunaux pour plaider leur cause. En ce sens, ils sont tous de pauvres innocents. Donc, il n’y a pas de corrompus en Haïti, de criminels, de dilapidateurs, de voleurs, de tortionnaires, de financiers de gangs…L’état actuel d’Haïti n’est pas la conséquence d’un ensemble de mauvaises décisions politiques, économiques et sociales, des détournements de fonds publics…C’est un miracle qu’Haïti soit classée parmi les dix (10) pays les plus pauvres du monde. Certainement, ils nous prennent tous pour des imbéciles ! »
En revanche, la corruption au niveau de l’État constitue la majeure raison de la pauvreté en Haïti. Les dirigeants politiques sont les premiers à rendre des comptes à la nation, c’est un problème fondamental. « Donc, ce n’est pas le seul problème d’Haïti, mais la collusion l’affecte de manière plus dramatique – elle sape les industries et la production en Haïti, fausse les prix du marché et déprécie la monnaie nationale, et limite le potentiel d’investissement étranger. La perte de revenus pour le seul gouvernement haïtien est estimée à 400 millions de dollars par an ». Ceux qui avaient occupé de hautes fonctions étatiques, qui s’étaient enrichis rapidement en détournant les fonds alloués aux programmes économiques, sociaux…de la population à leur profit personnel. La classe politique haïtienne est-elle responsable de cette corruption généralisée ?
Certainement oui. Prenons ceux qui animent la vie politique actuelle, ils sont majoritairement composés d’anciens présidents (Jean B. Aristide, Michel Martelly, Jocelerme Privert…), premier-ministres (Yvon Neptune, Laurent Lamothe, Jean Henry Céant, Claude Joseph…), secrétaires d’état, directeurs généraux, sénateurs (Youry Latortue, Joseph Lambert, Nenel Cassy…), députés, magistrats, chef de cabinets…Ils se battent pour revenir au pouvoir, directement ou par personne interposée.
Sous leur administration, des milliards de dollars ont disparu, personne n’a été mis en examen et écroué. Ils continuent de parler à la radio, à la télévision, dans les médias en ligne, tout en faisant des promesses fallacieuses et expriment leur claire intention de revenir au pouvoir. « Ils promettent de construire un pont même là où il n’y a pas de fleuve. » (Nikita Khrouchtchev). Aucun d’entre eux ne s’estime responsable, même partiellement de la mise-a-sac du pays. Ils vivent une belle vie, roulent en de luxueuses voitures, habitent des châteaux, circulent au milieu d’un grand dispositif de sécurité, possèdent plusieurs business…Entretemps, Haïti se meurt !
« Izo, Tilapli, Barbecue, lanmò 100 jou, Timakak… » admettent haut et fort qu’ils sont des bandits en armes et travaillent ou travaillaient pour des politiciens ou des hommes d’affaires. Ne sont-ils pas honnêtes en assumant leur role de criminels, même quand leurs pratiques restent terriblement malhonnêtes. Et les dirigeants politiques haïtiens, quand admetteront-ils qu’il sont eux aussi des voleurs?
Toutefois, il faut souligner la présence d’une poignée d’hommes intègres qui font partie aussi de la classe politique. L’on ne va pas jusqu’à citer des noms, mais ils se passent de présentation en Haïti comme dans la diaspora. Il faut encourager ces citoyens à conserver leur honnêteté, car le futur du pays dépend exclusivement d’eux, et eux seuls. Il est temps que le patriotisme, l’intégrité et la compétence occupent le pouvoir en Haïti, comme président, premier ministre, sénateurs, députés, ministres, directeurs généraux…Sinon, Haïti ne pourra pas sortir de l’ornière du sous-développement et de la crasse !
Joel Leon





